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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 




ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME QUARANTE UN. — 1908 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, EUE R0MIGU1ÈRES 2. 

1908 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 








SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME QUARANTE-UN. — 1908 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 1 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR UOMIGU1ÈHES 2. 

1908 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Elirait du règlement de la Société d'Histoire \<iinreiie de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour luit de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, botanique et Zoologie; Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et «le faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. I.a Société s'efforcera d'augmenter les collections;, t Musé" d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : île Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants, 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est volée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Arl. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
recule montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le, but (le la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice- présidents ; Secrétaire-général; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An 31. Le'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Présidentes! nommé pour deux années», les autres 
memares pour une année. L°s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
ré'lus immé lialemenl dans les mômes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi «à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei menredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les I er et 3t 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 a mercredi dejuiliet inclusivement. 

\»t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. il. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientili jues. Tout Mémoire imprimé levra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art 42. Celui-ci conserve toujour* la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, dis réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. i8. Les membres de la Société sont tous invités à lui adrrsser 1* • 
xo h:i ni il Ions qu'ils pourront réunir. 

Ail. 53. lîn en de dissolution, ien diverse» propriétés d» la #iél\ *efi#a 
Wrtm d« droit à » t lie de Tu*îo%«4. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE 



TOME XLI. — 1908 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE & SEBILLE 

it UB aoiaiGuiÈ a es . 2. 

1908 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
POUR L'ANNÉE 1908 



Président M. Jammes. 

Vice-présidents MM. Laromiguière, Dop. 

Secrétaire-général M. Ribaut. 

Secrétaire- adjoint M. Gabelle. 

Trésorier M, de Montlezun. 

Bibliothécaire-archiviste. , M. de Lastic. 

Conseil d'administration. 

MM. Caralp et de Rey-Pailhade. 

Comité de publication. 

MM. Abelous, Garrigou, Lamic, Roule. 




LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er JUILLET 1908 



MEMBRES-NÉS 



M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

MEMBRES HONORAIRES 

1866. D r Clos, ^, || I, correspondant de l'Institut, directeur 

du Jardin des Plantes, allée des Zéphirs, 2, 

Toulouse. 
1878. D r Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1866. Giard (Alfred), ^, professeur à la Sorbonne, 14, rue 

Stanislas, Paris. 
1873. De Rouville, ^, doyen de la Faculté des Sciences, 

Montpellier. 
1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 
1904. Trutat, f , p I, à Foix. 

MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

1900. D r Abelous, Il I, professeur à la Faculté de médecine, 
allée des Demoiselles, 4 bis, Toulouse. 

1903. D r Aloy, H I, chargé de cours à la Faculté de médecine, 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 

1904. Audigé, chef de travaux à la Faculté des sciences, rue 

Saint-Michel, 138, Toulouse. 
1880. Azam (Henri), canal de Brienne, 24, Toulouse. 



8 LISTE DES MEMBRES 

1900. D r Baylag, Il A, professeur agrégé à la Faculté de Mé- 
decine, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1906. Berniés, avocat, rue Tolosane, 16, Toulouse. 

1885. D r Br/EMEr. p 1, professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Récollets, 105, Toulouse. 

1907. M. Brôlemann, à Pau. 

1866. De Calmels (Henri), prop. à Carbonne (Hte-Garonne). 

1900. Gapéran, pharmacien, rue Alsace- Lorraine, 6, Toulouse. 

1883. Garalp, 1^ I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Gartailhac (Emile), &, P I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse,' (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), rue des Paradoux, 28, Toulouse. 
1882. Comère, O A, quai de Tounis 60, Toulouse. 
1878. Cossaune (Gustave), rue de Rémusat, 25, Toulouse. 

1903. D r Cuguillères, boulevard Matabiau, 6, Toulouse. 
1902. Dedieu, pharmacien, à Gastillon (Ariège). 

1907. Despax, avenue de Muret, 30, Toulouse. 

1908. M. Durand, préparateur à la Faculté des Sciences de 

Toulouse. 

1904. Dop, Il 1, chargé de cours à la Faculté des sciences, 

allée des Zéphyrs, 13, Toulouse. 
1900. Dore, p A, pharmacien, boulevard Garnot, 2, Toulouse. 
1885. Duffaut, $, ancien vétérinaire-inspecteur à l'abattoir, 

Toulouse. 
1907. Dufaut (Paul-Marius), à la Roque-Neuve, Miremont, 

(Haute-Garonne). 

1875. Farre (Charles), U I, professeur à la Faculté des' 

sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga (Paul), Il A, boulevard d'Arcole,- 5, Toulouse. 

1905. Garelle, chef de travaux à la Faculté de médecine de 

Toulouse, rue Saint-Erembert, 19, Toulouse. 
D r Garrigou, Il I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 38 Toulouse (membre fon- 
dateur). 
1900. D r Gendre, p A, rue Périgord, 10, Toulouse 
1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 



LISTE DES MEMBRES V 

1889. Jammes, II I, professeur adjoint à la Faculté des sciences, 

rue des Paradoux, 32, Toulouse. 
1908. D r Jeànnel (René), rue de Sèvres, 47, Paris. 
1900 Juppont, Il A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 
1900. D r Laborde, Il A, pharmacien des hospices civils, 

Toulouse. 
1900. Lacaze (Marius), place des Carmes, 9, Toulouse. 
1900. Hagarde, imprimeur, boulevard de l'Embouchure, 1. 
1907. Lambert, rue Neuve-des-Chaiets, Toulouse. 
1895. D r Lamic, il I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 
1897. De Lastic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse. 
1907. Lazerges, rue Gros, 3, Toulouse. 
1904. Levadoux, allée Saint-Michel, 25, Toulouse. 
1907. Levrat, rue du Sénéchal, 9, Toulouse. 
1904. Loup, préparateur à la Faculté des sciences, rue d'Au- 

buisson, 23, Toulouse. 
1899. Manadé (Joseph), pharmacien, à Cazères (Hte-Garonne). 
1875. Martel, à Castelmaurou, près Toulouse (Hte-Garonne). 

1888. D r Maurel, 0^,0 1, professeur à la Faculté de mé- 

decine, boulevard Carnot, 10, Toulouse. 

1885. Moquin-Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allées Saint-Etienne, 2, Toulouse. 
De Montlezun, Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

1904. Paquier, Il I, professeur à la Faculté des sciences, 9, 
rue Bida, Toulouse. 

1889. Prunet, *fr, Il I, $, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 
1879. D r de Rey-Pailhade, Il A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. Dr Ribaut, || A, chargé de cours à la Faculté de mé- 

decine, rue Philippe-Féral, 1, Toulouse. 
1904. Roques, rue Ghevreul, 10, Toulouse. 

1900. D r Roule, Il I, proiesseur à la Faculté des sciences, rue 

Saint-Etienne, 19, Toulouse. 



10 LISTE DES MEMBRES 

1900. Salignag-Fénelon (Vicomte de), allée Alphonse-Peyrat, 

1 bis, Toulouse. 
1900. SALOZE, chimiste, rue Croix-Baragnon, 9, Toulouse. 
1899. UffÉrte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 

Montplaisir, 9, Toulouse. 
1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, rue Pé- 

rigord, 7, Toulouse. 



MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 
1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1873. L'abbé Boissonnade, professeur au petit séminaire de 

Mende (Lozère). 
1833. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. D' Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers(Hte-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1871 . De Chapel u'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 
•1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Clos, 11, rue Jacob, Paris. 

1905. Daguin, professeur au Lycée de Bayonne. 
1884. Néry Delgado, 113, rua de Arco B, Lisbonne. 
1881. Galliéni, général., commandant de corps d'armée. 

1901. Gavoy, Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gênes (Italie). 

1874. Jougla, conducteur des ponts et chaussées à Foix(Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 

1875. De Maïnof (W.), secrétaire de la Société de Géographie, 

Saint-Pétersbourg. 

1886. Marcaillou d'Aymeric (H.), pharmacien à Ax (Ariège). 

1867. Massenat, manufacturier, à Brive (Corrèze). 

1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot- 
et-Garonne). 

1902. NoÉ, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 
1871. Piette (E ), juge au Tribunal (Angers). 



LISTE DES MEMBRES 11 

1873. D r Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 
1867. Marquis de Saporta, correspondant de l'Institut, à Aix 
(Bouches-du-Rhône) . 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint- Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 
1906. Verhoeff, à Dresden (Allemagne). 



INFLUENCE 
DES 

COURANTS CONTINUS 

SUR la gb:rmi^atioî\ 

Par M. Elie Lazerges. 



HISTORIQUE 



Comment les plantes se conduisent-elles dans un milieu 
où passe un courant électrique et, plus précisément, com- 
ment les graines germent-elles dans ces conditions ? Voilà 
une question assez obscure encore aujourd'hui. 

Et pourtant, le sujet n'est pas neuf ; depuis longtemps, 
en effet, il s'est présenté à l'esprit des expérimentateurs. 

Dès le milieu du dix-huitième siècle, alors qu'en élec- 
tricité on ne vivait guère encore que sur les idées du philo- 
sophe Thalès et sur les récentes études du médecin Gil- 
bert, on a cherché à utiliser l'électricité, statique au pro- 
fit de la végétation. En 1746, Membray, d'Edimbourg, 
soumit avec succès deux myrtes à l'influence de l'électri- 
cité. A la même époque, Nollet en France, Menou à 
Stuttgard, Bose à Wittemberg, Jallabert à Genève et Gar- 
dini à Turin, font d'autres expériences. Et, en 1783, Ber- 
tholon, de Saint-Lazare, publie un ouvrage dans lequel il 
traite de l'influence de l'électricité statique sur les plantes. 



14 ELÏE LAZERGES 

Mais déjà, à mesure que les expérimentateurs deve- 
naient plus nombreux, des contradictions dans les résul- 
tais de Leurs recherches apparaissaient : en 1787, le bota- 
niste Ingenhoi ss nie toute influence bienfaisante de l'élec- 
tricité sur les végétaux; Rouland défend la môme opinion, 
tandis que von Carnoy et d'OuNOY soutiennent que le 
fluide a une action stimulatrice. Au commencement du 
dix-neuvième siècle, Humbolt et Sennebibr ne tirent au- 
cune eonclusion de leurs expériences. 

Cependant, les progrès aecomplis en électricité ne pa- 
raissaient pas aider à faire prévaloir l'une ou l'autre des 
thèses en présence et, vers 1840, tour à tour, Rbuter, 
Hisciioff, Solly, Sheppard, Forster, HuBECK, obtien- 
nent des résultats contradictoires. 

Les travaux précédents avaient surtout pour but l'étude 
de la culture électrique ; et, comme l'électricité dynamique 
était inconnue des premiers expérimentateurs et de décou- 
verte trop récente pour être utilisée avec fruit par les der- 
niers, c'est l'influence de l'électricité statique qu'on étudia. 

Mais depuis, la nature des expériences s'est considéra- 
blement diversifiée : tandis que les uns étudiaient plus 
spécialement l'électrisation de la terre, d'autres s'atta- 
chaient à l'électrisation des plantes, d'autres enfin à l'élec- 
trisation des semences. De plus, ce n'étaient plus des 
expériences électro-statiques que l'on faisait, c'était sur- 
tout l'influence de l'électricité dynamique que l'on étu- 
diait. 

I "est surtout dans ces dernières années que ces recher- 
ches sont devenues plus fréquentes et qu'a travers la di- 
versité des méthodes expérimentales et des hypothèses 
proposées, des résultais importants se sont fait jour. 

Wollny, Solvay, Chodat, Leod, de 1888 à 1893 font 
sur ce sujet des expériences nombreuses et, en 1 sot), 
E. Stone expose le résultai de ses études ; les expériences 
avaient porté sur 20.000 piaules et l'auteur; qui employait 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 15 

des courants de diverses natures montrait l'effet produit 
par chacun d'eux sur la germination et la croissance. Les 
résultats auquel il arrivait peuvent être résumés de la 
façon suivante : 

1° L'électricité exerce une influence appréciable sur les 
plantes ; 

2° Pour certaines intensités, l'action du courant pendant 
un temps très court (1 minute au moins), est suffisante 
pour agir comme stimulus ; 

3° La germination et la croissance sont toutes deux ac- 
célérées par l'électricité ; 

4° Les plantes ainsi stimulées électriquement, ne répon- 
dent pas immédiatement à l'excitation, mais possèdent une 
période d'excitation latente d'environ 25 minutes, c'est- 
à-dire d'une durée à peu près égale à celle du stimulus 
héliotropique et géotropique ; 

5° La réaction à l'excitation électrique est comprise 
entre d'étroites limites pour l'intensité du courant ; 

6° Il y a, pour le stimulus, un minimum, un optimum, 
un maximum et un point où toute action stimulante cesse ; 

7° L'excitation produite par des courants alternatifs est 
plus marquée que celle produite par les courants directs ; 

8° L'augmentation de stimulus nécessaire pour pro- 
duire une différence notablement perceptible, est dans un 
rapport constant avec l'intensité stimulante totale ; le rap- 
port existant entre la perception et le stimulus peut être 
exprimé par la fraction \ ; c'est, en somme, la loi de 
Weber qui se retrouve ici. 

Dans une série d'expériences faites au Jardin de Bota- 
nique de Harvard, Amon B. Plowman observa, en 1902, 
quelques phénomènes intéressants, concernant l'influence 
de l'ionisation du sol sur la croissance des plantes. Ces 
expériences furent de nature extrêmement variée et l'on 
mit en jeu soit des charges statiques, soit des charges dy- 
namiques avec un potentiel de v. 5 à 500 volts. On utili- 



16 EUE LAZERGES 

saii comme électrodes, soit du platine, soil du charbon 
(cl plus habituellement ce dernier) et des soins spéciaux 
étaient pris pour opérer dans des condiitons normales de 
température, de lumière el d'humidité. Les plantes étaient 
tantôt cultivées dans des pots disposés dans une serre 
bien éclairée, et tantôt la culture se faisait dans l'eau : l'au- 
teur constate d'ailleurs que la culture dans l'eau présente 
des garanties plus sérieuses, car les causes d'erreur sont 
plus réduites. 

I >aus ces conditions, des graines placées . à l'anode 
étaient toujours tuées par un courant de 3 milliampères 
ou plus s'il durait pendant 20 heures ou davantage, tan- 
dis que des graines placées près de la cathode furent, 
dans la plupart des cas, à peine affectées et, dans certai- 
nes conditions, sensiblement stimulées par de tels cou- 
lants. Et, lorsque les graines avaient germé dans l'eau, 
cette différence entre l'état des graines aux deux pôles, 
après qu'un courant relativement faible avait traversé le 
liquide seulement pendant un temps très court, était beau- 
coup plus sensible ; mais, si le courant passait dînant 
20 heures ou plus, les graines étaient tuées en tous les 
points de l'espace compris entre les deux électrodes. On 
observait les mêmes résultats quand les graines étaient se- 
mées dans un sol sableux ; mais, il fallait un temps 
plus long pour que la mort des graines situées dans la 
région cathodique survint. — En somme, d'après Fauteur, 
il y a un accroissement considérable du taux de la crois- 
sance des plantes près de la cathode, tant que l'intensité 
du courant ne dépasse pas ampère 08. 

El il proposait, pour l'explication de ces phénomènes, 
la théorie suivante : toutes les fois que, dans un électro- 
Lyte quelconque, deux points sont à des potentiels diffé- 
rents, le mouvemenl des ions libres s'effectue dans une 
direction définie et, si la différence de potentiel est snlli- 
sante, une dissociation pins avqncée (h 1 i'électrolyte s'en- 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 17 

suit ; les anions, avec leurs électrons négatifs, se dirigent 
vers l'anode et les cathions, avec leurs charges positives, 
vont vers la cathode. Puisque les mouvements d'ions dans 
les solutions sont relativement lents, il est raisonnable de 
supposer que, dans la région de l'anode, il y aurait un 
léger excès d'ions positifs, dû à la neutralisation rapide 
des ions négatifs par l'électrode chargée positivement. 
De la même manière, la cathode supprime les ions posi- 
tifs clans son voisinage immédiat et est, par conséquent, 
entourée d'un léger excès d'ions négatifs. Plus les ions se 
mouvront lentement à travers l'électrolyte et plus la dif- 
férence des conditions réalisées autour des deux électro- 
des sera accentuée. 

Comment les plantes répondront-elles à ces différences 
de condition ? Plowman, s'appuyant sur le résultat de ses 
expériences, montre que le protoplasma végétal est para- 
lysé et quasi tué par les conditions existant autour de 
l'anode, tandis que, en deçà de certaines limites assez 
grandes, il est stimulé par les conditions existant autour 
de la cathode. Cependant, si la dissociation des atomes et 
la séparation électrique des ions peut causer de légères 
différences de nature purement chimique dans la région 
des électrodes, ces simples différences chimiques peuvent 
difficilement rendre compte des effets produits sur les 
plantes, même près des électrodes et certainement pas 
pour des points situés à mi-chemin entre les électrodes. 
L'auteur défend cette conclusion par les faits suivants: 
1° Quand les graines ont germé dans l'eau distillée à 
travers laquelle passe un faible courant, les ions sont 
en excès dans cette partie de la solution où la croissance 
est stimulée, et les ions h sont en excès là où les plantes 
sont tuées. Or, on peut montrer que de faibles quantités 
d'hydrogène ne sont pas sensiblement nuisibles aux plan- 
tes ; et, d'autre part, la quantité d'oxygène mise en liberté 
dans les conditions précédentes n'est certainement pas 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLI). 2 



18 EUE LA2ERGËS 

plus grande que celle qui se trouve normalement dans 
l'eau du robinet qu'on employait pour les expériences té- 
moins. C'est donc que les effets sont produits par les char- 
ges électriques des ions plutôt que par quelque simple 
activité chimique des atomes ; 

2° Quand les graines sont placées dans des solutions de 
divers acides, bases ou sels, d'un degré de concentration 
éloigné du point de concentration mortel, elles germent 
aussi bien que dans l'eau ordinaire. Mais, quand un cou- 
rant électrique d'intensité suffisante pour mettre les ions 
en mouvement est passé dans la solution, les graines si- 
tuées près de l'anode meurent. 

Et l'auteur conclut que les charges négatives stimulent 
et les charges positives paralysent le protoplasma em- 
bryonnaire de ces plantes ; ce qui lui paraît d'ailleurs en 
accord avec les résultats obtenus par Matthews clans ses 
expériences sur la nature de la stimulation nerveuse. 

A l'appui de cette théorie, il citait plusieurs faits, dont 
le plus concluant paraît être celui-ci : quand un pot de 
fleurs contenant plusieurs lupins d'à peu près quatre se- 
maines de croissance, est chargé à un potentiel de 
500 volts d'électricité positive, les plantes cessent de croî- 
tre et finalement meurent ; mais, si on emploie une charge 
négative, non seulement ces effets ne se produisent pas, 
mais encore les plantes sont très nettement stimulées. 

Le travail de Plowman présente donc, tant au point de 
vue de la précision des expériences, que de la netteté des 
résultats obtenus, une sérieuse importance. Mais l'auteur 
semble s'être seulement attaché à montrer, d'une part, 
l'action excitatrice des charges négatives et, d'autre pari, . 
faction retardatrice des charges positives, que certaines 
expériences lui avaient révélée, sans tenir un compte exact 
de L'intensité du courant employé. D'ailleurs, les résultats 
qu'il expose se rapportent à des expériences pour les- 
quelles l'intensité du courant est relativement élevée, et, 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 19 

dans ce cas, en effet, ses conclusions paraissent justes ; 
mais, nous verrons par la suite que, clans le cas où le cou- 
rant est faible, les phénomènes sont tout différents, clc 
sorte que c'est seulement un côté de la question qui paraît 
avoir été étudié. 

La même année (1902), Candioto et Buccolini étu- 
diaient l'action de l'électricité voltaïque sur des graines 
de tabac germant dans un terrain : ils constataient alors 
que, tandis qu'en culture ordinaire la proportion des grai- 
nes germées était seulement de 9 p. 100, sous l'influence 
de l'électricité la proportion des germinations était de 
35 p. 100 ; en outre, dans ces conditions, les plantes pre- 
naient un grand développement, étaient pourvues d'un 
très fort système de racines et les feuilles étaient d'un 
beau vert foncé. Enfin, sous l'influence de l'électricité at- 
mosphérique, la proportion des germinations était de 
19 p.. 100. D'après ces auteurs, l'électricité avait donc sur 
la germination une influence nettement favorable. 

Et, en 1905,, G. Polacci concluait d'études analogues 
qu'un courant continu favorise la photo-synthèse en ce 
qui concerne les plantes aquatiques ; il y aurait même 
pour l'intensité un optimum que l'auteur n'a pas déter- 
miné. 

A la même date, Micheels et de Heen communiquaient 
le résultat de leurs études sur « le mode d'action excita- 
trice exercée par les courants sur la germination». Ils 
prenaient comme matériaux d'études des graines de blé 
disposées sur un tamis formé d'un tissu à larges mailles : 
celui-ci, maintenu rigide au moyen d'un cadre en fîl d'alu- 
minium, était accroché au bord supérieur du cristallisoir 
destiné au liquide de culture. Ce dernier affleurait au ta- 
mis et ne recouvrait jamais les graines. On employait, 
comme liquide de culture, la solution de Sachs, dans la- 
quelle le phosphate calcique était remplacé par du phos- 
phate ferreux. D'ailleurs, dans l'esprit des auteurs, le mé- 



20 ELIE LAZERGES 

Lange snlin employé servaiï plutôl à rendre l'eau conduc- 
trice qu'à nourrir 1rs graines, car les expériences du- 
raient peu de temps. 

Dans ces conditions, deux séries d'expériences furent 
faites : dans l'une, les vases de culture étaient disposés en 
série : dans l'autre, ils étaienl disposés en batterie. 

Dans le moulage en série, les vases de culture em- 
ployés dans une même expérience contenaient chacun 
des liquides de composition différente et on s'arrangeait 
de façon à ce que la concentration du liquide des divers 
vases soit en progression géométrique. Le courant amené 
par les électrodes d'aluminium et fourni par trois élé- 
ments Daniell s'élevait à quelques milliampères. On cons- 
tatait alors que le poids moyen clés germinations décrois- 
sait suivant une progression arithmétique dont les auteurs 
avaient déterminé la raison. Dans celle première série 
d'expériences, on arrivait donc au résultat suivant : dans 
le montage en tension, lorsque la concentration du liquide 
croît en progression géométrique, le poids moyen des ger- 
minations décroît suivant une progression arithmétique. 

On faisait usage du même dispositif pour étudier les 
effets produits dans le cas où les vases étaient associés en 
quantité : ici, les électrodes d'aluminium étaient soudées 
à des fils d'aluminium de même longueur et de même sec- 
lion, réunis par trois à l'anode et à la cathode d'une bat- 
terie de trois éléments Daniell. Les cuves contenaient les 
liquides dont la concentration était respectivement j, £ 
et 1. Et, dans ce cas, le poids moyen des germinations 
croissait en progression arithmétique. 

Cette deuxième série d'expériences fournissait donc le 
résultai suivant : dans le montage en batterie, lorsque la 
concentration du liquide croît en progression géométri- 
que, le poids moyen des germinations croît aussi en pro- 
gression arithmétique. Et ces résultats évoquent tout de 
suite la loi psycho-physique de Weber, suivant laquelle 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 21 

la sensation croît en progression arithmétique lorsque 
l'intensité de l'excitant croît en progression géométrique. 

Et les auteurs expliquent le résultat de la façon sui- 
vante : dans le montage en tension, l'intensité est la même 
clans tous les vases ; mais la résistance varie avec chacun 
d'eux et elle est inversement proportionnelle au nombre de 
molécules, puisque l'augmentation du nombre de celles-ci 
a pour effet de rendre le liquide meilleur conducteur ; si 
donc, la concentration des divers liquides est {, -£- et 1, la 
résistance de chacun d'eux sera respectivement R, 5, et j. 
Et le travail électrique variera suivant la progression 1, 
j et j. Dans le montage en quantité, si la concentration 
des divers milieux de culture est | et J- -et' 1, l'intensité 
du courant, dans chacun des vases, sera respectivement 
i, 2 i et 4 i. Et ici, le travail électrique ira en augmentant 
suivant la progression 1, 2 et 4. On voit clone que, clans le 
montage en tension, le travail, électrique va en diminuant, 
suivant une progression géométrique, alors que dans le 
montage en quantité ce même travail va en augmentant 
suivant une progression géométrique. Dans le premier 
cas, le rendement en poids va en diminuant suivant une 
progression arithmétique, tandis que, clans le second cas, 
il va en augmentant suivant une progression arithmétique. 

Mais les auteurs admettent qu'il se forme clans le liquide 
de culture une solution colloïdale du métal des électrodes 
et c'est à elle qu'ils attribuent, clans le cas précédent, le 
rôle favorisant ; d'ailleurs, le rôle favorable ou défavora- 
ble joué par une solution colloïdale dépendrait nécessai- 
rement de sa nature spécifique. 

Dans d'autres travaux, MM. Micheels et de Heen ont 
étudié l'action de certaines solutions colloïdales et de la 
nature des électrodes sur les graines en germination ; les 
résultats obtenus ont confirmé l'hypothèse précédente. Et 
dans le cas où les électrodes sont en aluminium, ils con- 
cluent de la façon suivante : 



22 EUE LAZERGES 

Indépendamment de toute hypothèse, on peut dire : 

1° Qu'il se dégage, dos électrodes en aluminium avec la 
solution nutritive employée, une excitation favorable à la 
plantule ; 

2° Que celte action, quand elle est déterminée par le 
courant, esl une l'onction de l'énergie qu'il développe ; 

3° Que cette l'onction se conforme à la loi de Weber. 

("est là, on le voit, une façon nouvelle d'envisager les 
choses et ces explications sont tout à fait différentes de 
celles proposées par Plowman. Mais, ici encore, les au- 
tours n'ont pas mesuré exactement, dans chaque cas, l'in- 
tensité des courants employés et jamais, en effet, ils n'en 
donnent la valeur. Et leurs conclusions tendraient à subs- 
tituer l'étude de l'action des solutions colloïdales à celle 
de l'action du courant. Or, si l'on peut admettre que les 
colloïdes ont sur la germination une certaine influence, il 
n'en est pas moins vrai que, si l'on utilise toujours des 
électrodes de même nature, on obtient, en faisant varier 
l'intensité, des variations dans le poids des germinations 
qui ne sont pas toujours dans le même sens : il y a donc 
là une cause autre que la présence d'une substance colloï- 
dale qui agit. 

Quoiqu'il en soit, un fait commun se dégage de toutes 
ers expériences : c'est que, dans certains cas, un courant 
électrique favorise la germination et la croissance. 

Depuis lors, le professeur F. Holfrung, passant en 
revue les divers moyens excitants, propres à augmenter 
les récoltes, obtint avec l'électricité des résultats très im- 
portants. C'est ainsi que les betteraves ayant subi l'in- 
fluence du courant, montrèrent une supériorité appré- 
ciable en ce qui concerne leur qualité (13,44 p. 100 de su- 
civ au lieu de 12,84 p. 100). Et, lorsque ces expériences 
étaient combinées avec l'arrosage, les résultats obtenus 
étaient encore plus favorables ; en outre, grâce à l'emploi 
de l'électricité, les mauvais effets produits. par l'iodurc de 






INFLUENCE DÉS COURANTS CONTINUS 23 

potassium ou le fluorure de sodium étaient supprimés. 
Mais, le meilleur résultat obtenu fut celui que donna l'em- 
ploi de l'électricité combiné avec l'irrigation artificielle, 
en juillet et août : le poids des racines de betterave ainsi 
obtenues, fut de 832 gr. 13, donnant environ 15 p. 100 de 
sucre, alors que les essais avaient été faits sur un sol 
très pauvre. 

L'auteur enregistre ces faits, mais n'en donne aucune 
interprétation ; il croit voir cependant, dans l'électricité, 
un excitant remarquable propre à augmenter considéra- 
blement les récoltes. 

Tels sont les résultats obtenus jusqu'à ce jour dans 
l'étude de cette question : on a pu constater une certaine 
diversité dans les faits mis en lumière par les différents 
expérimentateurs et surtout la grande variété des hypo- 
thèses émises pour expliquer les phénomènes enregistrés. 
De telle sorte qu'aujourd'hui encore, un certain vague 
plane autour de ces phénomènes. 

Aussi, nous a-t-il paru intéressant de reprendre cette 
étude et de refaire certaines expériences de Stone, Plow- 
man, Micheels et de Heen, en y apportant toute la préci- 
sion désirable. De plus, nous avons cru devoir limiter ce 
sujet, assez vaste, à la seule étude de « l'influence des cou- 
rants continus sur la germination ». 

DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL 

Il fallait, pour obtenir avec certitude des résultats pré- 
cis et pour n'enregistrer que des phénomènes dus à la 
seule influence du courant électrique, se placer, pour ef- 
fectuer les diverses expériences, dans des conditions tou- 
jours identiques et adopter, pour une même série d'expé- 
riences, le même dispositif. Il fallait enfin que, seul, 
l'agent physique dont on voulait connaître l'action .variât, 
les autres conditions restant les mêmes. A cette condition, 



'21 EUE la2krc.es 

seulement, on pouvail espérer obtenir des résultais com- 
parables et enregistrer des variations ducs uniquement à 
Pinfluence du couranl électrique^ 

Mous avons d'abord utilisé, comme liquide de culture, 
l'eau de la Garonne, qui constituait, en somme, un élec- 
trolyte très dilué; puis, dans une deuxième série d'expé- 
riences, nous prenions, comme milieu de culture, un élec- 
trolyte concentré constitué par une solution nutritive de 
composition déterminée. Et, dans chaque cas, nous mesu- 
rions exactement l'intensité du courant employé et nous 
pesions ensuite les germinations qui s'étaient effectuées 
dans ces conditions. 

Nos expériences portèrent sur l'orge (Hordeum vul- 
gare). Nous placions les graines sur un fin tamis disposé 
sur un léger cadre en verre et ce tamis, supportant les 
graines, affleurait à la surface libre du liquide contenu 
dans un cristallisoir en verre. Le courant électrique était 
fourni par des pile du type Daniell, dont la force électro- 
motrice est sensiblement constante. Ces piles présentent 
l'inconvénient d'offrir, à cause du vase poreux intérieur, 
une résistance considérable ; mais, comme la résistance 
extérieure était très grande, la résistance intérieure des 
piles était négligeable. De plus, dans nos expériences, 
ces piles étaient montées en série. L'intensité était exac- 
tement mesurée au moyen d'un galvanomètre Dcsprez- 
d'Arsonval apériodique. 

Dans chaque expérience, on disposait sur le tamis un 
poids connu de graines et, toujours, à côté du cristalli- 
soir contenant les graines soumises au courant, on dispo- 
sait un cristallisoir témoin, placé dans des conditions ab- 
solument identiques. Le courant était amené dans le li- 
quide par deux électrodes en charbon placées chacune à 
une extrémité du tamis. Enfin, pour opérer (fans des cou 
ditions toujours semblables de température et d'humidité, 
les expériences se faisaient à L'étuve d'Arsonval à régula- 



I. MAK22 ) 






SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES.SCIEKÇES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 11, rue de Rémusat, 

les i ar et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m,> mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Composition du Bureau de la Société pour l'année 1908. ... 5 

Liste des membres au i cr juillet 1908 7 

EKe Lazkrges. — Influence des courants continus sur la 

germination i3 






SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 



DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-UN. — 1908 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 2 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK U0MIGU1ÈKES 2. 

1908 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




tura.il du règlement de la Sodélé d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. I er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles lés 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches é. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Sou but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la tlore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les:' collections, u Musë° d'His- 
toire Naturelle «le Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est volée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 1-2 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire-général; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An 31. Le'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux années, les autres 
membres pour une année. L a s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réMus immé tiatemont dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société lient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrenlle premiei mercredi après le 15 novembre, elonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

AM.39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa .publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scieniili pies. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art 12 Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, das réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser le 1 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En en de dissolution, ies diverse» propriétés d» la fi&K* % '■«?*♦• 
»*rw»t d->. droit à » Tille de Toàuotu. 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 25 

teur métallique, à l'obscurité totale et à une température 
constante de 27° C. Leur durée, toujours la même pour une 
même série d'expériences et déterminée par tâtonnements, 
était d'environ 72 heures. Au bout de ce temps, la germi- 
nation était, en effet, assez avancée et l'influence du cou- 
rant s'était fait sentir durant une période assez longue 
pour que les effets de son action soient nettement appré- 
ciables. 

DESCRIPTION DES EXPÉRIENCES 

Dans une première série d'expériences effectuées dans 
les conditions que nous venons de décrire, nous avons uti- 
lisé, comme électrolyte, l'eau de la Garonne telle que 
nous la prenions au robinet du Laboratoire. La composi- 
tion de cette eau est la suivante : 

SiO 2 10,0 

SO«Ca 23,1 

C03Ca 121,1 

CCWVÎg 21,0 

NaCl.... 9,2 

ces nombres étant exprimés en milligrammes et par litre. 

Notre but, dans ces recherches préliminaires, était de 
chercher les conditions les plus favorables pour nos ex- 
périences et d'étudier en gros la marche des phénomènes. 

1° Dans une première expérience, nous placions dans 
chacun des deux cristallisoirs (celui où passait le courant 
et le témoin), un poids égal à 2 grammes de graines 
d'orge ; le courant était fourni par 4 éléments Daniell 
montés en série. Dès le deuxième jour, des phénomènes 
assez nets pouvaient être observés : dans le cristallisoir où 
passait le courant, les racines étaient très sensiblement 
plus longues que clans le témoin ; en effet, tandis que dans 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLII). 2 



26 EUE LAZERGES 

ce dernier les racines avaienl environ 1 ceniim. de long, 
elles avaient 4 ou 5 centimètres dans le premier ; en outre, 
là où passait le courant, les racines étaient très nettement 
recourbées vers l'anode, tandis que dans le témoin, leur 
direction était quelconque. Mais, une remarque impor- 
tante pouvait encore être faite : tandis que, dans le té- 
moin, chaque graine donnait naissance à un certain nom- 
bre de racines, toutes d'à peu près même longueur, on 
pouvait constater, en ce qui concerne les graines soumi- 
ses à l'influence du courant, que chacune d'elles possédait 
une racine bien développée, très longue et, d'autres, beau- 
coup plus courtes. Il semble, en somme, que cette racine 
qui devient ainsi très longue, vienne remplacer la racine 
principale qui avorte dans le développement normal de 
la plantule des Graminées. Enfin, une différence très mar- 
quée s'observait aussi dans le développement des tiges, 
celles des graines électrisées étant plus longues que celles 
germant d'une façon normale. 

Et lorsque, au bout d'environ 72 heures, l'expérience 
était arrêtée, la différence entre l'aspect présenté par les 
germinations dans les deux cristallisoirs était manifeste. 
D'ailleurs, le résultat des deux germinations était dessé- 
ché dans une étuve réglée à 30°, mais de façon à évaporer 
seulement l'eau entraînée par les jeunes plantes et qui res- 
tait adhérente aux racines, sans cependant enlever l'eau 
des tissus. Nous pesions ensuite exactement ces deux ger- 
minations ; le résultat était le suivant : 

Poids des germinations soumises au courant 4g,906 

— — du témoin 4g, 401 

Différence au profit des germinations électrisées 0g,505 

et cette différence n'était attribuable qu'à l'influence exer- 
cée par le courant électrique. 

Mous avons, d'ailleurs, donné de ces résultats une rc- 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 27 

présentation graphique ; nous avons construit pour cela 
des courbes, dites courbes de fréquence, de façon à tenir 
compte des différences individuelles, et cela de la façon 
suivante : nous mesurions pour chaque graine la longueur 
de la plus longue racine et la longueur de la tige et, dans 



to 


; 








8 






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8 


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• 










6 













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10 


20 


A c 



/ongu eur 
tfea ticpes 



— (i) Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et 
aux graines témoin. Tiges. 



le tableau ainsi dressé, nous cherchions ensuite le nombre 
de graines qui présentaient des racines de même lon- 
gueur ; nous faisions de môme pour les tiges. Et les mê- 
mes courbes étaient tracées à la fois pour le témoin et 
pour les graines soumises au courant. Pour construire 
ces courbes, nous portions en abscisses les longueurs des 



(i) Dans toutes les courbes, le polygone relatif aux graines électrisées 
est en noir. Celui relatif aux graines témoin est en pointillé. 



28 ELIE LAZERGES 

racines ou des tiges, suivant le cas, et en ordonnées le 
nombre de graines présentant une longueur donnée de 
racine ou de tige, 
("est ce qui a été l'ait pour l'expérience précédente et 



to 


1 


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12 




\ 










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6 














4 














3 














2 












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s»" 


10 20 


30 


40 


SO 


t/«S racines 



II. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Racines. 

on peut constater, dans le cas des racines, par exemple, 
que, tandis que parmi les graines du témoin les plus lon- 
gues ont seulement 20 millimètres, il en est, parmi celles 
électrisées, qui atteignent 50 millimètres ; en outre, dans 
le témoin, le plus grand nombre de racines (vingt) attei 
gnent 10 millimètres, alors que là où le courant a passé, le 
plus grand nombre (onze) ont 30 millimètres et 6 graines 
■seulement ont des racines de 10 millimètres. 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 29 

De même, dans le cas des tiges, le plus grand nombre 
(treize) de celles développées dans des conditions norma- 
les mesurent seulement 10 millimètres de long, tandis que 
le plus grand nombre de celles électrisées (seize) attei- 
gnent 20 millimètres et plusieurs même (dix) ont 30 milli- 
mètres. (Courbes I et II.) 

On peut donc, au simple examen de ces courbes, se ren- 
dre un compte exact des différences existant entre les 
germinations dans les deux cuves à la fin de l'expérience ; 
et, dans le cas précédent, on voit que le passage du cou- 
rant électrique a eu sur la germination une influence net- 
tement favorable. 

2° Dans une autre expérience, nous avions, comme pré- 
cédemment, disposé sur chacun des tamis des deux cuves, 
2 grammes d'orge et l'eau de la cuve était traversée par le 
courant fourni par 7 éléments Daniell montés en série. 
Déjà, à la fin du deuxième jour, les graines avaient germé, 
mais des différences notables apparaissaient entre les ger- 
minations dans les deux cristallisoirs. Dans la cuve témoin 
les graines présentaient un aspect normal avec racines 
et tiges développées ; mais les graines soumises au cou- 
rant possédaient des racines très courtes et des tiges aussi 
bien développées que celles des graines témoins. Cette 
différence d'aspect s'accusa encore davantage le troisième 
jour. Tandis que, dans le témoin, les germinations 
s'étaient normalement effectuées et développées, dans la 
cuve où le courant passait, elles paraissaient se trouver 
dans des conditions tout à fait défavorables à leur crois- 
sance ; les racines y étaient toujours presque nulles et les 
tiges restaient courtes ; cependant, les graines qui se trou- 
vaient les plus rapprochées de la cathode, semblaient 
s'être mieux développées que celles situées à l'anode. 

Quand l'expérience fut terminée, les graines furent des- 
séchées, comme dans l'expérience précédente, et pesées. 
Les résultats étaient alors les suivants : 



30 EUE LAZERGES 

Poids des germinations dans le témoin 4b r ,936 

— — soumises au courant 3^,820 

Différence en faveur du témoin 1k,116 



El d'autres expériences effectuées dans les mêmes con- 
ditions donnèrent des résultats analogues ; les nombres 
trouvés variaient évidemment dans chaque cas, mais tou- 
jours une différence très sensible existait entre les poids 
des deux germinations et le sens de cette différence res- 
tait constamment le même. 

Les courbes construites avec les données de l'expé- 
rience qui vient d'être décrite montrent, d'ailleurs, les 
différences de développement des germinations provenant 
des deux cuves. Les racines les plus longues des graines 
élecrisées atteignent 10 millimètres et 6 racines seulement 
présentent cette dimension ; par contre, 26 racines ont une 
longueur de 5 millimètres à peine ; dans le témoin, au con- 
traire, les racines de 10 millimètres sont au nombre de 30 
et quelques-unes ont 20 et 30 millimètres de long. La dif- 
férence est encore plus accusée en ce qui concerne les ti- 
ges ; dans le témoin, il y a des tiges de 60 et 70 millimè- 
tres, alors que là où s'est fait sentir l'influence du cou- 
rant, quelques-unes seulement atteignent 50 millimètres. 
(Courbes III et IV.) 

Ces résultats montraient donc que, cette fois, le passage 
du courant électrique avait gêné, sinon retardé, la germi- 
nation ; en tout cas, son influence. avait été absolument dé- 
favorable à la croissance des graines germées. 

En somme, de cette première série d'expériences, se 
dégageaient des résultats de sens absolument contrains : 
d'une part, certaines d'entre elles révélaient que le pas- 
sage du courant dans l'électrolyte favorisait, accélérai! 
la germination et la croissance ; et, d'autre part, certaines 
autres montraient que, lorsque les graines en germinatioi 
étaient soumises à l'influence du courant, le développe 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 31 

ment était gêné, retardé. Or, toutes ces expériences 
avaient été faites dans des conditions identiques : seule, 
l'intensité du courant avait varié. C'était donc à cette dif- 



longueur 



III. - Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Racines. 



férence d'intensité du courant que devait être attribuée la 
différence des résultats et l'on pouvait déjà dire que, dans 
certains cas, le courant électrique avait sur la germination 
une influence nettement favorable et que, dans d'autres 
cas, son action était tout aussi nettement défavorable. 



32 ELIE LAZERGES 

Mais on pouvait aller plus loin encore : puisque certai- 
nes intensités de courant favorisenl la germination et que 
dos intensités de courant plus considérables la retardent 
ou la gênent, il doit exister une intensité pour laquelle 
l'action favorable du courant est maximum et au-dessus 
de laquelle cette action devient défavorable ou funeste : 
en un mot, il doit exister une intensité « optimum » de 
courant. 





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50 


40 


SO 


60 


70 tiges 



IV. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Tiges. 



Et c'est à la recherche expérimentale de cet optimum 
d'intensité que nous avons consacré les expériences qui 
suivent. 

RECHERCHE DE L'OPTIMUM 

Dans ces expériences, nous avons conservé encore le 
dispositif employé pour celles qui précèdent et les condi- 
tions dans lesquelles elles s'effectuaient étaient aussi les 
mêmes. En particulier, leur durée, toujours la même, 
était égale à 72 heures et la température était maintenue 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 33 

constante à 27° C. L'électrolyte était encore constitué par 
Peau ordinaire. 

1° Dans une première expérience, nous utilisions un 
courant d'une intensité égale à ampère 00023. Au simple 
examen extérieur, on ne distinguait pas entre le témoin et 



Igngueur 



60 </<* racines 



V. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Racines. 



la cuve où passait le courant, de différence notable ; ce- 
pendant, dans cette dernière, les racines paraissaient plus 
longues et cette remarque s'appliquait particulièrement 
aux graines situées dans le voisinage de l'anode. 

L'expérience terminée, les germinations étaient dessé- 
chées et pesées. Les résultats étaient les suivants : 



Poids des germinations soumises au courant 2§",185 

— — du témoin 2g, 135 

Différence en faveur du courant 0g,050 



34 ELIE LAZERGES 

Pour cette intensité de ampère 00023 le courant avait 
donc sur la germination une influence évidemment favo- 
rable, que les courbes de fréquence construites avec les 
matériaux de cette expérience mettent d'ailleurs en lu- 
mière : dans le témoin, en effet, les racines les plus Ion- 



te 


1 




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2 


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longueur 




S"" . 


10 


20 


10 


dos tiges 



VI. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Tiges. 



gues mesurent seulement 30 millimètres et dans la cuve 
soumise au courant certaines atteignent 50 et 60 millimè- 
tres. (Courbes V et VI.) 

Quant aux tiges, il n'y avait, dans les deux cas, aucune 
différence essentielle. 

2° Les mêmes conditions étant réalisées, nous avons 
ensuite mis en œuvre un courant d'intensité égale à am- 
père 0004. Ici, l'influence favorable du courant était beau- 
coup plus manifeste que dans le cas précédent : racines et 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 35 

tiges présentaient un plus grand développement que dans 




50 des raoines 



VII. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Racines. 




/oogueur 



30 des tiges 



VIII. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Tiges. 

le témoin, comme le montrent les courbes relatives à cette 
expérience. (Courbes VII et VIII.) 



36 EUE LAZERGES 

En outre, les racines montraient ici un galvanotropisme 
positif liés net. Et, à la fin de l'expérience, les résultats 
étaient les suivants : 

Poids des germinations soumises au courant 4k, 400 

— — du témoin 4g,100 

Différence en faveur du courant 0s,300 



s 

8 

6 
S 

4 

2 
1 




0\ TmiT 



ongtevr 



GO des racines 



IX. — Polygones de fréquence relatifs aux graines clectrisées et aux 
graines témoin. Racines. 



Ici encore, et d'une façon plus frappante, le courant 
électrique a eu sur la germination une influence très favo- 
rable. 

3° Et avec une intensité de ampère 0005, cette in- 
fluence accélératrice s'accentue encore : l'aspect présenté 
par la cuve où passe le courant est très différent de celui 
de la cuve témoin ; les graines, dans la première, sont 
dans un état de germination beaucoup plus avancée que 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 37 

dans la seconde. En effet, dans ce cas, on a, à la fin de 
l'expérience, les résultats suivants : 

Poids des germinations soumises au courant 4g,9C0 

— — du témoin 4g,400 

Différence en faveur du courant Cte,500 



s 

3 I 

2 




longueur 



t, 3 e S 



X. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Tiges. 



4° Lorsque l'intensité du courant employé atteint am- 
père 0008, les différences que nous avions constatées pré- 
cédemment dans l'aspect des germinations dans les deux 
cuves, s'atténuent considérablement. Les longueurs des 



38 ËLÎË LA2ERGES 

racines el dos liges sont à peu près les mêmes dans les 
deux cas el les courbes tracées pour Les germinations du 
témoin et pour celles soumises au courant, quoique 
n'ayanl pas la même allure, montrent cependant, après 
examen, que les différences sont plus apparentes que 
réelles. (Courbes IX et X.) 

Toutefois, le courant a eu, ici encore, une influence fa- 




/onguevr 



8Q dea racines 



XI. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Racines. 



vorable à la germination, la croissance a été accélérée, 
mais bien plus faiblement que tout à l'heure. En effet, les 
poids des germinations, dans ce cas, accusent un excès 
de poids de gr. 080 en faveur de celles ayant subi l'ac- 
tion du courant. Nous constatons donc déjà une décrois- 
sance dans l'action accélératrice du courant pour la ger- 
mination ; mais cette influence accélératrice existe encore: 
elle est seulement comme atténuée et affaiblie. 

5° Mais un changement complet dans les résultats va 
maintenant se produire. En effet, poursuivant la série de 
ces expériences, nous avons ensuite mis en œuvre un cou- 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 39 

rant d'une intensité égale à ampère 0016 ; et, dans ces 
conditions, on pouvait constater, dès le deuxième jour, 
que les graines disposées dans la cuve témoin étaient 
dans un état de germination beaucoup plus avancée que 
celles soumises à l'action du courant. Plus tard, les raci- 
nes des graines électrisées sont plus courtes que celles du 
témoin ; mais les premières montrent un galvanotropisme 



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30 


40 


50 


60 dastgas 



XII. — Polygones de fréquence relatifs aux graines électrisées et aux 
graines témoin. Tiges. 

positif très net. Toutefois, si on considère les tiges, le dé- 
veloppement des premières l'emporte sur celui des se- 
condes. 

C'est ce que montrent, d'ailleurs, les courbes relatives 
à cette expérience. (Courbes XI et XII.) 

Et lorsqu'on pesait le produit des germinations, les ré- 
sultats étaient les suivants : 

Poids des germinations du témoin 2&505 

— — soumises au courant 2g,175 

Différence en faveur du témoin Og.330 



Donc, pour cette intensité de ampère 0016, le courant 
a, sur le développement des graines, une influence nette- 
ment défavorable. 



40 EUE LÀZERGES 

(>° Cette influence défavorable du courant s'accuse en- 
core Lorsqu'on utilise un courant dont l'intensité est égale 
à ampère 003. Alors, les racines des graines électrisées 
restent très courtes et se recourbent sur elles-mêmes, af- 
fectant assez exactement la forme d'un hameçon ; elles 
paraissent chétives et sont très visiblement gênées dans 
leur croissance. Si l'action du courant se prolonge, ces 
phénomènes s'accentuent encore davantage et la germi- 
nation ne s'effectue qu'avec une extrême lenteur. 

Au bout de 72 heures, l'expérience était arrêtée et les 
graines desséchées puis pesées. Les résultats étaient les 
suivants : 

Poids des germinations du témoin 4g,125 

— — soumises au courant 3s,710 

Différence en faveur du témoin 0s415 



L'action défavorable, retardatrice du courant sur la ger- 
mination était donc, dans ce cas, mise en parfaite évidence 
et la question que nous nous étions posée, de rechercher 
expérimentalement l'optimum d'intensité du courant était 
maintenant résolue. 

On peut dire, en effet, sans formuler aucune hypothèse 
en interprétant seulement les résultats expérimentaux, 
que, dans le mode d'action de l'électricité sur la germina- 
tion, il existe une intensité optimum pour laquelle la ger- 
mination est considérablement activée, favorisée, et au- 
dessus de laquelle elle est, au contraire, retardée et gênée. 

On conçoit, toutefois, la grande difficulté pratique que 
l'on rencontre lorsqu'on veut déterminer d'une façon rigou- 
reusement exacte la valeur de cette intensité optimum. 
Mais, il paraît résulter de nos expériences que cet opti- 
mum se localise aux environs de <» ampère 0005. 

Théoriquement il semble que pour obtenir un nombre 
qui soit exactement celui de l'optimum d'intensité, il suffit 



INFLUENCE f)ËS COURANTS CONTINUS 4l 

de multiplier le nombre des expériences et d'opérer avec 
des intensités sans cesse croissantes, tout en resserrant 
l'intervalle compris entre les valeurs de deux intensités 
successivement employées. En réalité, il est assez diffi- 
cile de régler ces expériences de façon à opérer avec une 
intensité donnée à l'avance, surtout quand il s'agit d'inten- 
sités aussi faibles que celles qui doivent être utilisées ici ; 
car on se heurte aussitôt à la difficulté de maintenir cette 
intensité rigoureusement constante pendant trois jours en- 
tiers ; de plus, il faut aussi tenir compte des erreurs iné- 
vitables qui se produisent toujours dans les expériences 
et de leur complexité. Or, quand il s'agit de déterminer 
expérimentalement un nombre qui, on le voit, est, en 
somme, assez faible, on ne saurait s'attendre à un résultat 
d'une précision mathématique : on conçoit, en effet, que, 
clans ces conditions, la plus légère erreur put entraîner 
dans la détermination de ce nombre une erreur très con- 
sidérable. 

En sorte que la recherche d'une trop grande précision 
peut être souvent la cause de grosses erreurs. Quoiqu'il 
en soit, on voit que l'optimum que nous avions prévu 
existe et nous en avons la valeur numérique avec une ap- 
proximation suffisante. 

Mais, il est nécessaire de remarquer encore que nous 
n'avons déterminé cet optimum que dans un cas particu- 
lier, celui de l'orge, et qu'il est seulement relatif à l'orge. 
Car il est très probable, sinon certain, que s'il existe pour 
I d'autres graines une intensité optimum du courant, la 
valeur de cette intensité doit varier avec la nature de la 
graine ; c'est là, sans doute, une propriété physiologique 
générique, sinon spécifique. 

Si donc l'on s'en tient aux résultats fournis par l'orge 
et si l'on veut représenter par une courbe la marche du 
phénomène (l'influence des courants continus sur la ger- 
mination), on pourra procéder de la façon suivante : on 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLII). 3 



42 EUE LAZEftGËS 

portera en abscisses Les intensités el en ordonnées Les ex- 
cès de poids de la germination la plus développée sur 
l'autre, en convenanl de regarder comme positifs les excès 
de poids en faveur des graines électrisées et comme néga- 
tifs ceux en faveur des graines ayant germé dans la cuve 
témoin. 



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intensités en dut m////e 




1 ik H 


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30 d'ampèrts 


s 








4 


• 









XIII. 

Nous avons obtenu, par nos expériences, les résultats 
suivants : 

Intensités. Exrès de P oids - 

oamp 00023 + <M5o 

- 0004 + 300 

— 0005 + 505 

- 0007 + 080 

- 0016 - 329 

- 0030 •• - 415 

La courbe présente alors l'allure ci-contre. (Courbe XIII.) 
Elle montre, en outre, que l'excès de poids croît très 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 43 

vite avec l'intensité jusqu'à l'optimum, puis décroît aussi 
très rapidement. 

Il convenait, croyons-nous, de mettre en évidence l'exis- 
tence de cet optimum d'intensité signalé seulement par 
Stone sans avoir été cependant déterminé ; car, non seule- 
ment la loi suivant laquelle les courants continus agissent 
sur la germination prend ainsi une forme simple, mais en- 
core cette forme est, si l'on peut dire, familière et connue 
par ailleurs : sa représentation graphique ne diffère pas, 
en effet, de celle que nous avons l'habitude de voir dans 
l'étude des divers phénomènes physiologiques, dans 
l'étude, par exemple, de l'influence de la chaleur et de la 
lumière sur la croissance des plantes. 

RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES EXPÉRIENCES PRÉCÉDENTES 

En résumé, cette première série d'expériences nous a 
amené à constater que, à partir d'une intensité assez fai- 
ble et jusqu'à l'intensité optimum, un courant continu fa- 
vorise la germination et active la croissance : les racines 
et les tiges ont une plus grande longueur que lorsque la 
germination s'effectue normalement et, de plus, il y a tou- 
jours une racine qui prend un très grand développement. 
Enfin, les racines montrent toujours un galvanotropisme 
très net. Puis, lorsque l'intensité dépasse la valeur op- 
tima, un phénomène inverse du précédent se produit : les 
graines électrisées germent moins vite et prennent un dé- 
veloppement moindre que dans le cas d'une germination 
normale. Mais ici encore les phénomènes galvanotropi- 
ques sont très manifestes. Et . si l'intensité du courant 
s'élève encore, le développement des jeunes plantes ne 
s'effectue que très lentement et très difficilement. 



, 



44 ELIE LAZERGES 

CAS OU LA GERMINATION S'EFFECTUE DANS UNE SOLUTION 
NUTRITIVE 

Toutes les expériences qui précèdent ont été faites en 
utilisant comme électrolyle l'eau du robinet. 

Mais nous obtenions des résultats analogues en faisant 
germer les graines dans une solution nutritive. Nous pré- 
parions pour cela une solution ayant la composition sui- 
vante (d'après Detmer) : 



(Az0 3 ) 2 Ca 1 gramme 

KCI 0g > 25 î pour 1 litre d'eau. 

SOWg 0g,25 

PO*HK 2 0g,25 



Dans les cuves servant aux expériences, on introdui- 
sait 250 centimètres cubes de cette liqueur et on ajoutait 
250 centimètres cubes d'eau. Les expériences portèrent 
encore sur de l'orge et étaient toujours disposés dans 
l'étuve d'Arsonval à la température constante de 27° C. 

Dans ces conditions, avec une intensité de am- 
père 0003, on constatait que la germination était nettement 
accélérée par le courant : une douzaine de graines étaient 
déjà munies de racines d'environ 5 millimètres de long, 
qu'aucune trace de germination n'était encore apparue 
dans le témoin. 

Au bout de 72 heures, l'expérience était arrêtée et les 
poids des germinations, desséchées comme dans les au- 
tres expériences, étaient les suivants : 



Poids des graines soumises au courant 5d80 

— du témoin 4g,5G0 

Différence en faveur du courant. 0&620 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 45 

En outre, les graines électrisées montraient un galva- 
notropisme négatif très net. 

D'autres expériences, faites clans les mêmes conditions, 
l'intensité du courant variant seule, donnaient clés résul- 
tats absolument comparables à ceux trouvés dans le cas 
où la germination s'accomplissait dans l'eau pure. 

ÉTUDE DE LA GERMINATION AU VOISINAGE DES ÉLECTRODES 

Dans le cours de nos expériences, nous avions été ame- 
nés maintes fois à constater des différences assez nettes 
dans l'état de développement des graines situées, d'une 
part, au voisinage de l'anode et, d'autre part, au voisinage 
de la cathode. Aussi, résolûmes-nous d'examiner de plus 
près ce phénomène pour voir s'il était purement acciden- 
tel ou bien s'il était constant et influencé par des intensités 
diverses de courant. 

Dans ce but, et tout en conservant le dispositif expéri- 
mental employé jusqu'ici, nous disposions un poids égal 
de graines d'orge autour de chaque électrode. 

Nous avons utilisé tout d'abord des courants très faibles 
et, comme la liqueur employée était rendue très conduc- 
trice par le mélange en parties égales de la solution nutri- 
tive précédente et d'eau, nous interposions dans le circuit 
une résistance constituée par un tube en U contenant de 
l'eau où plongeaient deux baguettes de charbon destinées 
à amener le courant. Cette résistance très considérable 
était tantôt amoindrie en acidulant l'eau, tantôt augmen- 
tée en ajoutant à l'eau ordinaire de l'eau distillée. 

1° Les choses étant ainsi, lorsqu'on utilisait un courant 
de ampère 00022, on «voyait les graines situées autour de 
Pélectrode positive germer plus vite que celles situées au- 
,! tour de l'électrode négative ; dans le témoin, au contraire, 
la germination s'effectuait d'une façon uniforme en tous 
les points du tamis. Cette différence précoce entre les 



4G ELIE LAZERGES 

graines disposées autour des deux pôles se maintenait et 
s'accentuail même dans le cours de L'expérience. Et, après 
que le couranl avait agi durant 72 heures, les graines si- 
tuées à l'anode avaient des tiges et des racines très lon- 
gues, tandis que celles groupées autour de la cathode pré- 
sentaient peu ou pas de tiges et des racines très courtes. 
D'ailleurs, une fois desséchées, les germinations accu- 
saient les poids suivants : 

Poids des germinations elfectuées près de l'anode 2^,530 

— — de la cathode 2s,030 

Différence en faveur de l'anode 0s,500 

2°Avec un courant d'intensité égale à ampère 0006, 
les différences entre les germinations développées autour 

des deux électrodes s'atténuaient : toutefois, les graines 
situées près de l'électrode positive germaient avant celles 
situées près de l'électrode négative ; et, pendant toute la 
durée de l'expérience, les premières étaient dans un état 
de développement un peu plus avancé que les secondes. 
Et, à la fin du troisième jour, les poids des germinal ions 
se répartissaient comme suit : 



Poids des germinations effectuées près de l'anode ls,370 

— — de la cathode lg,260 

Différence en faveur de l'anode 06.110 



Donc, ici encore, la germination axait été ncttemerij 
plus active à l'anode qu'à la cathode. 

3° Le courant employé dans une nouvelle expérience 
avait une intensité de ampère 0009. Et ici ou pouvait 
voir, dès le deuxième jour, qu'un phénomène inverse de 
«(•lui constaté dans les expériences précédentes s'était pro- 
duit. Dans ce cas, en effet, c'était au pôle négatif que l< i s 
graines germaient le plus vite cl c'était encore là que, 
dans la suite de l'expérience, les graines présentaient le 



INFLUENCE DES GOURANTS CONTINUS 47 

plus grand développement : tandis qu'au voisinage de 
l'anode les racines les plus longues avaient seulement 
1 centimètre, celles situées près de la cathode atteignaient 
3 et 4 centimètres ; de même, les tiges sont beaucoup plus 
longues près de l'électrode positive. 

Lue fois desséchées, les poids étaient les suivants : 

Poids des germinations effectuées près de la cathode 2& 

— — de l'anode lg,910 

Différence en faveur de la cathode 0?,090 

4° Et lorsque le courant atteignait une intensité de am- 
père 0016, cette influence favorable exercée par l'électrode 
négative sur les graines placées à son voisinage deve- 
nait encore plus évidente : ici encore ce sont les graines 
disposées autour de la cathode qui germent les premiè- 
res. Mais c'est surtout dans le développement des racines 
que les différences entre les deux groupes de graines sont 
sensibles : les racines situées autour de la cathode sont 
environ trois fois plus longues que celles avoisinant 
l'anode. 

A la fin du troisième jour, les germinations desséchées 
donnaient les poids suivants : 

Poids des germinations effectuées à la cathode 1g,440 

— — l'anode lg,260 

Différence en faveur de la cathode 0g,180 

Et, dans cette expérience, les alcalis libérés par l'élec- 
trolyse s'étaient déposés en abondance autour de la ca- 
thode. 

De cette dernière série d'expériences, il ressort donc, 
I d'une part, que l'action exercée par le courant sur la ger- 
mination n'est pas identique en tous les points du milieu 
nutritif qu'il traverse et, d'autre part, que cette action ne 






48 ELIE LAZERGES 

se traduil pas toujours par des effets de même sens ; c'est 
tantôt, en effet, au pôle positif que la germination esl ac- 
tivée el tantôt au pôle nouai if. 

Mais les résultats précédents montrent, en outre, qui. 
''électrode au voisinage de laquelle les graines se dévelo"« 
peht le mieux es(, pour ainsi dire, déterminée par la va- 



16 . intensités 



\!V. 



leur de l'intensité du courant employé : tant que l'inten- 
sité ne dépasse pas G ou 7 dix-millièmes d'ampère, c'esl à 
l'anode que la germination est activée; et, au-dessus de 
cette intensité, c'est à la cathode, au contraire, qu'elle est 
favorisée. 

De sorte que si l'on veut obtenir une représentation gra- 
phique de la variation des excès de poids avec l'intensité, 
( >" pourra procéder de la façon suivante : on portera en 
abscisses les intensités en dix- millièmes d'ampère el en or- 
données les excès de poids en décigrammes, par exemple, 
«'il convenant de regarder ces excès de [«nids comme po- 
sitifs quand ils son! relatifs aux graines situées pics de 
I anode, «•! comme négatifs quand ils se rapportent a celles 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 49 

recueillies au voisinage de la cathode. On obtient alors la 
courbe ci-contre : cette courbe présente un point d'in- 
flexion et coupe l'axe des intensités en un point A, et, en 
ce point qui correspond sensiblement à l'intensité de 7 dix- 
millièmes d'ampère, l'excès cle poids est nul, c'est-à-dire 
que, pour cette intensité, la germination s'effectue avec la 
même activité aux deux pôles. (Courbe XIV.) 

INTERPRÉTATION DES EXPÉRIENCES 

Ces divers résultats atteints, il conviendrait maintenant 
de proposer ou d'esquisser, tout au moins, une explica- 
tion des phénomènes que nous nous sommes seulement 
contentés d'enregistrer jusqu'ici. 

En analysant, au début de ce travail, les recherches déjà 
entreprises sur le même sujet, nous avons eu l'occasion de 
constater la diversité des hypothèses émises : Stone attri- 
bue les effets qu'il a observés à la seule influence des char- 
ges électriques. Il faudrait, selon lui, envisager l'existence 
d'un stimulus électrique, assez semblable au stimulus hé- 
fiotropique et géotropique. 

L'explication proposée par Plowman n'est pas essen- 
tiellement différente de celle-ci : pour lui aussi, les char- 
ges électriques sont seules à agir ; mais il distingue entre 
les charges négatives et les charges positives. Les pre- 
mières stimulent, les secondes paralysent. 

Et cette explication, tout au moins celle de Plowman, 
] tarait satisfaisante si l'on considère seulement le cas où 
l'on emploie des courants très faibles. En effet, quand 
l'intensité du courant est très faible, ou, ce qui revient au 
même au point de vue de la dissociation électrolytique, 
quand le milieu est très pauvre en sels, c'est l'action du 
courant qui intervient presque seule ; ce sont les charges 
électriques qui agissent à peu près exclusivement et alors, 
c'est au pôle positif que la germination est activée. Dans 



50 ELIE LAZERGES 

ces conditions, les graines situées au voisinage de l'anode 
recevraient donc une excitation favorable à leur dévelop- 
pement. 

Mais, lorsque l'intensité du courant devient relativement 
forte, ou que le milieu est riche en sels, la dissociation 
éledmly tique devient très active et alors les choses se 
compliquent certainement. C'est ainsi que Loeb soutient 
que les ions métal libérés dans le milieu nutritif pénètrent 
dans les I issus et agissent sur les lécithines et les choles- 
térines, que des travaux récents ont montré exister en 
abondance dans les cellules végétales. Et, grâce à la pré- 
sence de ces corps gras, il y aurait formation de savons 
qui modifieraient complètement les équilibres capillaires, 
la tension superficielle et amèneraient des changements 
morphologiques. 

De même, M. Stéphane Leduc a mis en évidence ce rôle 
des ions dans les milieux vivants, par ses expériences sur 
la cataphorèse, c'est-à-dire sur le transport et la pénétra- 
tion des ions clans les tissus par le courant électrique : 
C'est ainsi que, lorsque dans un milieu contenant du sul- 
fate de strychnine, un lapin joue le rôle d'électrode néga- 
tive, il meurt ; si, au contraire, il joue le rôle d'électrode 
positive, le lapin ne subit aucune atteinte. 

Enfin, les diverses expériences de M. Maillard ont 
montré, en général, le rôle important des ions dans la bio- 
logie. 

De sorte que, dans ce cas, c'est l'action des ions qui de- 
vient prépondérante et masque, pour ainsi dire, l'action 
propre du courant. Et alors c'est au pôle négatif que la 
germination s'accomplit le mieux : les ions positifs attirés 
par la cathode créeraient donc autour de celle-ci des con- 
ditions particulièrement favorables au développement des 
graines. 

Il semble donc difficile de séparer ces deux actions, ac- 
tion propre du courant électrique et actions des ions libé- 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 51 

rés par ce dernier, si l'on ne veut pas entrer dans le do- 
maine de l'hypothèse pure. 

Cependant, il est intéressant de rappeler à ce sujet que, 
d'après Gafsner, un courant intense qui détermine une 
courbure galvanotropique positive, provoque aussi un 
trouble chimique important caractérisé par l'apparition, 
dans la racine, d'anthocyanine. 

Et Wiessner a d'ailleurs admis récemment que tous les 
agents physiques : lumière, chaleur, pesanteur, etc., agis- 
saient simplement en modifiant les équilibres chimiques 
dans la cellule vivante. 

Il est, en effet, incontestable que la cellule vivante réa- 
lise un système absolument hétérogène et complexe où se 
rencontrent des colloïdes, de l'eau, des sels et diverses 
substances dissoutes. Et l'on peut prévoir, d'après les ré- 
cents travaux effectués sur les colloïdes, que la loi des 
phases serait applicable à un tel système, l'apparition de 
ces diverses phases étant sous la dépendance étroite des 
variations du milieu extérieur. 

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Pflanzen (0{versigt a[ k. Svenska Vetensk. Acad. 

Handl., Nr. 6, 1899). 
Gafsner. — Der Galvanotropismus der Wurzeln (Bot. 

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Lgeb. — Zur Théorie der Galvanotropismus (Pfluyers 

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II. Micheels et P. de Heen. — (Bulletin de l'Académie 

royale de Belgique, Sciences, 1905). 
Muller-Hettlingèn. — Ueber galvanische Erscheinun- 

gen an keimenden Samen (Pflùger's Archiv. fur Phy- 
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Plowman (Amon B.). — American Journal o| Science, 

1902, t. 14, p. 129. 
Polaçci G. — Elcttricita c vegetazionc. Influenza dell' 

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d. R. lit. Lomb. d. Se. e Lett., série II, vol. 38, 1905). 
Bon u.nr. — Zur Streitfrage iiber die Fonction der Wur- 

zelspitze (Flora, 1894). 
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tropismus (Bot. Centralblatt, Bd. 23, 1885). 
Soi. \ w. — Du rôle de l'électricité dans les phénomènes 

de la vie, I89i. 
Spalding. — Armais of Botany (december.1894). 
Stone (G. È.). -- The influeRce of electricity upon planta 

(Botanical Gazette, t. 27, 1899, p. 123). 
S< m i lenberg. - Untersuchunujcn ùber den Einfluss der 



INFLUENCE DES COURANTS CONTINUS 53 

Salze auf die Wachtumsrichiung dèr Wurzeln, zu- 
nàchst an der Erbsenwurzel (Flora, Bd. 96, 1906) 

Wolny. - Forschung a. d. Gebiete der Agriculturphysio- 
logie, 1888, Bd. XI, p. 88. - 1893, Bd. XVI, p 243 

Boian. Jahresb., 1893, p. 36; 1894, p. 232 



.VI M. IHIT.U'T 



DESCRIPTION DE QUELQUES DIFFORMITES 

OBSERVÉES 

CHEZ DES ARTICULÉS 
Par M. Marius Duffauï 



Les Articulés peuvent subir, durant les cycles de leur 
évolution, diverses influences qui, sans porter grand pré- 
judice à l'individu, le laissent souvent clans un état d'infé- 
riorité. C'est pendant leurs premiers âges qu'ils y sont le 
plus exposés. Ils dépendent du milieu où ils sont nés : 
ne pouvant pas en changer, ils le supportent et s'y adap- 
tent selon leur résistance, si l'époque où ils paraissent ne 
loup est pas favorable. L'adresse à se cramponner et à se 
mouvoir est aussi assez importante : les larves et les nym- 
phes n'ayant qu'une peau molle et élastique pour obvier 
aux chocs. Si les contusions ne comptent pas, il est loin 
d'en être de môme des blessures même légères, c'est-à-dire 
de celles qui ne concernent que la surface extérieure ou le 
tégument. La qualité de la nourriture influe beaucoup sur 
la physionomie de l'individu : sèche, elle produit le mémo 
effel qu'un jeûne prolongé ; trop aqueuse, elle ramollit 
les tissus et prépare, de la sorte, un lieu d'élection aux 
maladies ; abondante, elle donne le maximum de dévelop- 
pement aux organes el les métamorphoses se font dans le 
moins de temps ; trop mesurée, elle produit un être chétif 
qui, bien souvcnl. hâte sa nymphose, étal de jeûne el de 
repos pour le grand nombre, et pour tous, meilleur étal 
afin de résister aux exigences de la vie. 

Ce n'est pas des Articulés ayant subi des chocs, Fin- 



DESCRIPTION DE QUELQUES DIFFORMITES 55 

flucnce de l'humidité, de la chaleur, du jeûne ou du chan- 
gement de nourriture, etc., dont je veux m'occuper, mais 
des Articulés nés difformes, ce qui, d'ailleurs, ne les a pas 
empêchés cle subir toutes leurs transformations. 
J'ai capturé à Miremont (Haute-Garonne) : 

I. — A l'état parfait : 

a) Un myriapode, Chœtechelyne vesuviana, qui pos- 
sède, à la partie antérieure et basilaire d'une patte droite, 
une bifurcation constituant une autre patte à peine moins 
longue ; cet appendice surajouté est dirigé obliquement 
en avant lorsque la patte qui le supporte se trouve à peu 
près perpendiculaire au corps. 

b) Une Chrysomela menthastri qui a sept pattes, la pre- 
mière patte gauche étant bifurquée. La conformation de 
cette patte est fort singulière. 

La hanche ne présente rien de particulier ; le trochanter 
s'allonge un peu et se rétrécit vers le bout, il se soude 
sans solution de continuité avec la cuisse qui, elle, émet 
presque à la base et en dessous, un lobe ayant la forme 
de son extrémité. La naissance du lobe est marquée par un 
commencement cle sillon, du côté intérieur, bientôt suivi 
par une carène bien visible qui contourne la soudure et 
ne tarde pas à s'effacer du côté extérieur. A l'extrémité du 
lobe s'articule un tibia assez irrégulier sur la tranche : on 
y voit des impressions irrégulières qui rendent mécon- 
naissables les creux destinés aux deux premiers articles 
du tarse. L'extrémité de la cuisse, peu déjetée en arrière, 
s'articule aussi avec un tibia terminé par un tarse ordi- 
nsire ; ce tibia est d'abord dirigé vers le milieu du lobe 
anormal, puis il fait un coude d'environ 190° et va s'ap- 
puyer parallèlement au tibia du lobe ; son extrémité s'est 
élargie et forme une sorte de cône, environ deux fois plus 
large qu'une patte ordinaire ; le tarse a le quatrième arti- 
cle deux fois plus long qu'il ne devrait être. 



âC> M. IHÏFFAIÎT 

11. — A l'état de nymphe : 

lu Pogonocherus Caroli Muls. et Hey, pourvu d'un ar- 
ticle antennaire anormal. Cet article, le troisième de l'an- 



tenne gauche, est courbé en arc à concavité interne. 



o 



III. — A L'état de larve : 

Deux Bacillus g allie a s ayant des pattes très dissembla- 
bles. L'un a l'une des pattes de la première paire presque 
rudimentaire, il est mort pendant une mue ; l'autre, je l'ai 
élevé (en lui donnant des feuilles de ronces) pour me ren- 
dre compte des modifications que ses pattes rudimen- 
taires, deuxième et troisième gauches, subissaient durant 
la croissance. 

On pourrait supposer que certaines de ces difformités 
sont postérieures à la naissance et, par conséquent, pro- 
voquées. A cela je réponds : que la nymphe de Pogono- 
chère possédait l'article mal formé depuis le moment où 
eut lieu sa transformation en nymphe et qu'en outre, le 
développement d'une larve de Bacillus gallicus m'a mon- 
tré non un slalu quo dans les organes infirmes, mais une 
correction, un effort clc l'organisme en vue d'apporter de 
l'amélioration dans l'économie. 

Les pattes inégalement développées d'abord, cinq fois 
(2 e p. g.) et six fois (3 e p. g.) plus courtes que leurs cor- 
respondantes normales, acquièrent, avec l'âge, de la soli- 
dité, de la force et de l'augmentation comme dimensions. 
La taille de la deuxième patte gauche adulte atteint les 
deux tiers, et la taille de la troisième patte gauche adulte 
dépasse les deux tiers d'une patte correspondante normale 
adulte. Ces pattes ont, elles-mêmes, leurs diverses parties 
bien formées et proportionnées. 

Ces faits indiquent que les animaux cités étaient diffor- 
mes dès leur sortie de l'œuf. 







SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

KT DES SCIKNCESIBIOI.OGIQI'KS ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Bémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 ,m ' mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Elic Lazerges. — Influence des courants continus sur la 
germination (fin) 25 

Marius Duefaut. — Description de quelques difformités 
observées chez des articules 54 







SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE UN. — 1908 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 3 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK UOMIGUIÈRES 2. 

1908 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




BUrall du règleraénl de la Société d'Histoire \ainreiie de Toulon^ 

Art. I er . I.a Société a pour but «le former «les réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occUpe «le tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie'. Le» sciences physiques ei his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et «le faire connaître la consli- 
ntion géologique, la llore, et la faune «le la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections r. Musé» d'His- 
toire Naturelle «le Toulouse. 

Art. 5. I.a Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondant s* 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est volée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant «lu droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le litre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2" Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lien au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux années», les autres 
me m ores pour une année L°s Vice-présidenis, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Cmseil et du Comité peuvent seuls être 
rédus immé lialement dans les mômes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvre nt le premiei mercredi après le 15 novembre, et ont lieu tous les 1 er et 3* 
mercredi de chaque moi» jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

^♦t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membre» 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te litre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et ladite «le sa publication. 

Art. il. La >ociélé laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
d^ leurs opinio «s seientiU {ues. Tout Mimoire imprimé levra donc porter la 
signature de l'auteur. 

A r t 12 Celui-ci conserve tmjourj la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s tirage» à part, d j .s réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. i-H. Les membres «le la Saciéié sont tous invités à lui adresser m* 
,'rhaniillons qu'ils pourront réunir. 

A:l. 52. Kn cm de dissolution, i es diverses propriété* da la 'fél\ '■*?.»« 
{ -*ol d.»i droil à a ▼>!!« de Tu«i'o*u. 



LA HAUTE VALLEE DE LA NESTE 

(myriapodes) 
Par H. W. Brôlemann. 



Nous avons été amenés à visiter cette année les environs de 
Fabian, commune d'Aragnouet (Hautes-Pyrénées). Le but que 
nous nous proposions était de reconnaître, si possible, la com- 
position de la faune myriapodologique de la haute vallée de la 
Neste et déterminer ses relations d'une part avec celle de la 
haute vallée de la Garonne, si consciencieusement étudiée par 
notre savant collègue et ami, le professeur H. Ribautet, d'autre 
part, avec celle des Basses- Pyrénées qui nous est déjà en partie 
connue. 

En 1897-1898 nous avons publié (1) le résultat de nos 
chasses dans le pays Basque ainsi que les descriptions des 



(1) « Matériaux pour servir aune faune des Myriapodes de France » 
et «■ Ahusquy (Basses-Pyrénées^ Myriapodes». — Feuille des Jeunes 
Naturalistes, 27 me année, n°* 317 et 318 et 28 me année, n os 330, 334 et 
33ô. — Depuis lors nous avons relevé des erreurs dans nos détermi- 
nations ; il convient de les redresser Par Geopliilus proximus nous 
avons désigné une espèce non décrite encore et qui va recevoir de 
notre collègue Chalande le nom de Geophilus pyrenaicus. Les jeunes 
exemplaires rapportés, avec doute, au Stigynatog aster gracilis sont, 
comme nous avons eu à le signaler (Bull. Soc. Entom. France, 1907, 
n° 14', des Haplopliilus souletinus. — La détermination de Scolo- 
pendrella nothacanta serait à vérifier d'après les beaux travaux de 
1903 de Hansen sur les Symphiles. — L'espèce de Glomeris dénom- 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLl). 4 



58 BRÔLEMANN 

espèces reconnues nouvelles. Depuis lors, nous avons retrouvé 
cette même faune dans la vallée d'Ossau et ses ramifications. 
Dans l'intervalle, notre collègue Ribaut a publié dans ce même 
bulletin plusieurs espèces de Diplopodes qui donnent à la faune 
de la Haute-Garonne un cachet tout particulier. Il était tentant 
de chercher dans le massif montagneux qui sépare nos vallées 
où et dans quelles limites s'enchevêtrent les deux faunes. 

Notre séjour à Fabian s'est prolongé du 28 juillet au 5 août. 
Nous laisserons à de plus autorisés que nous le soin de dire le 
pittoresque delà vallée de la Neste, dont les sites méritent bien 
autant de réputation que les travaux d'art effectués dans les 
hauteurs pour utiliser ses ressources en houille blanche. Par 
discrétion, nous ne nous arrêterons pas davantage à vanter 
l'accueil si empressé et si cordial que nous avons trouvé chez 
M. Fouga, ancien instituteur, maire d'Aragnouet, dont le 
souvenir, aujourd'hui, se marie agréablement à celui des petits 
pois au lard et autres friandises dont M me Fouga s'entend si 
bien à agrémenter le séjour de ses pensionnaires. Nous nous 
bornerons à leur adresser un sincère merci ! 

Les localités visitées autour de Fabian peuvent être groupées 
sous trois dénominations : 

1° Fabian : répondant à une altitude de 1100 mètres environ, 
comprenant la forêt de sapins et les bouquets de hêtres situés 
vis-à-vis du village, sur la rive droite de la Neste ; 

2° La partie boisée de la gorge, qui donne accès aux fermes 
du Moudanj/ et qui est désignée sur la carte de l'état-major au 
80/000 par le nom de Bois de Pio ; l'altitude en est d'environ 
1300 mètres ; 



mée pyren&icsL par nous a été reconnue différente par notre ami 
Verhœff et baptisée rugifera. — Au lieu de Blaniulus guttulatus 
troglodiles Latzel, lire Typhloblaniulus troglobius Latzel. — A 
propos du Pla.tyzonium Getschmanni, il y a lieu de signaler que ce 
genre et cette espèce ont été si superficiellement décrits par Karsch, 
que notre collègue Ribaut n'a pas cru possible do conserver cette 
dénomination pour nos formes pyrénéennes et décrira à nouveau ce 
myriapode sous le nom de lleterozoniurn latum, que nous adoptons 
ici. 



LA HAUTE VALLEE DE LA NESTE 



59 



3° Enfin, les pelouses et la sapinière de Couplan, dans la 
vallée de la Neste, dont la route du lac d'Oredon traverse la 
base à la hauteur de la cascade de Loule, à une altitude d'en- 
viron 1600 mètres. 



Les espèces recueillies sont les suivantes 

Heterozonium latum Ribaut. 
Schizophyllum sabulosum Lin. 
Micropodoiulus spathifer Brôl. 
Tachypodoiulus albipes G. Koch. 
Cylindroiulus londinensis finitimus Ribaut 

— sagittarius Brôl. 

Iulus (Leucoiulus) spinosus Ribaut. 
Iulus (Leptoiulus) juvenilis Ribaut. 
Typhloblaniulus Dollfusi Brôl. 
Marquetia pyrenaica Ribaut (?) 
Craspedosomides jeunes paraissant différents 
Ghordeumides jeunes. 
Polydesmus complanatus Lin. 
Polydesmide immature. 
Glomeris intermedia Latz. (var : trisulcata 

Verh ). 
Glomeris pyrenaica Latz. 
Glomeridella Kervillei Latz. 
Scutigerella immaculata Newpt. 
Haplophilus subterraneus Leach (forma ty- 

pica). 
Haplophilus subterraneus Leach {forma 

elongata). 
Schendyla nemorensis G. Koch. 
Geophilus pyrenaicus Chalande. 

— insculptus Attems. 

— longicornis Leach. 

— truncorum Ribauti n ssp. (voir 
ci-dessous). 

Chaetechelyne vesuviana Newpt. 

Scolioplanes crassipes G. Koch 

Cryptops hortensis Leach (var : pauciporus 

= voir ci-dessous). 
Lithobius Duboscqui Brôl. 

— crassipes L. Koch. 

— audax Meinert. 

— lapidicola Meinert. 

— sp. 



Fabian (mousses). 
Fabian-Moudang. 
Partout. 

Gouplan (pelouse). 
Partout. 

Bois de Pio-Gouplan. 
Partout. 

Bois de Pio-Couplan. 
Fabian-Gouplan. 
I abian-Gouplan. 
du précédent. 
Fabian. 

Bois de Pio-Gouplan. 
Bois de Pio. 

Couplan. 
Fabian-Gouplan. 
Bois de Pio-Gouplan. 
Partout. 

Partout. 

Partout. 

Fabian (2 Q). 

Partout. 

Bois de Pio (1 Ç). 

Bois de Pio (5). 

Partout. 

Fabian-Bois de Pio. 
Fabian-Gouplan. 

Partout. 

Fabian (mousses). 

Gouplan (1 exfe). 

Couplan. 

Partout. 

Fabian. 



60 BROLËMANN 

Lithobius pilicornis Newpt. Partout. 

— piceus L. Koch. (var : gracilitar- 

sis Brôl). Partout. 

Lithobius tricuspis Meinert. Partout. 

— — var : minor (voir ci des- 
sous). Partout. 

Lithobius troglodytes Latz. Gouplan. 

— melanops Newpt. (?) Fabian. 

— aulacopus Latz. Fabian. 

La détermination de ces formes a donné lieu à différentes 
observations : 



MATURITE ET FREQUENCE. 

En ce qui concerne la maturité de nos récoltes, nous consta- 
tons que la saison était défavorable. Glom. pyrenaica était 
rare ; elle était cantonnée dans un îlot très restreint, dans la 
sapinière de Gouplan. La sapinière de Fabian n'en a fourni 
qu'un exemplaire. Une partie des échantillons était immature ; 
parmi les adultes, les mâles prédominaient (proandrie). Les 
échantillons adultes sont tous plus ou moins mélanisants. 

Du SchizopJiyllum sabulosum, espèce primavérile, les 
mâles ont disparu. De même pour Tachypodoiulus aibipes et 
Cylindroiulus londinensis finitimus. 

Micropodoiulus spathifer était de beaucoup le diplopode le 
plus abondant; il est représenté dans nos matériaux par un 
assez bon nombre de mâles et de rares femelles adultes 
(proandrie) ; la très grande majorité est immature. Il doit être 
commun partout à l'époque voulue, c'est-à-dire en septembre. 

Iulus spinosus était rare et les échantillons recueillis, à 
l'exception d'un mâle normal, sortent de mue. Même observa- 
tion pour Leptoiulus jtivenilis. 

Cylindroiulus sagillarius est plus avancé que les précédents. 

Les Polydesmiens sont très rares. Seul P. complanatus a 
été trouvé adulte. 

Les Chordeumides et Craspédosomides, à l'exception dt 



LA HAUTE VALLÉE DE LA NESTE 61 

quatre femelles adultes attribuées avec doute au Marquetia 
pyrenaica, sont immatures et indéterminables. 

De Y Heterozonium latum nous n'avons qu'un seul échan- 
tillon trouvé dans les mousses de Fabian. 

Les Géophilides paraissent tous assez bien développés, mais 
il n'en est pas de même des Lithobies dont la grande majorité 
est immature. Il résulte de cet état de croissance de grandes 
difficultés pour la détermination de certaines espèces et il est 
probable que, parmi les individus immatures que nous avons 
dû renoncer à classer, il se trouve des représentants d'espèces 
non citées plus haut. 

RÉPARTITION ET MORPHOLOGIE 

Les Diplopodes, étant pour la plupart spéciaux à nos régions, 
ont été décrits sur des types très voisins, sinon semblables à 
ceux de Fabian; il n'y a*donc pas lieu d'être surpris si nous 
n'avons aucune particularité à signaler à leur sujet. Il en va 
autrement des Ghilopodes. 

Haplophilus subterraneus se présente sous deux formes, 
rencontrées dans toutes les localités aux alentours de Fabian : 

A. Forma typica Leach comportant : cf. 75-77 paires de pattes ; Ç 77-79 pp. 

B. Forma elongata Chai, et Rib. — çf, 93-95 — — ; ç 97-101 pp. 

La position des impressions latérales des sternites varie pro- 
portionnellement au nombre des segments ; ces impressions se 
rencontrent sur les segments 24 à 42 chez forma typica, et sur 
les segments 34 à 53 chez forma elongata. 

Elles se répartissent comme suit : 

Forma typica 

1 cf à 77 pp. 



liois de Pio .... 1 cf à 75 pp. . 
Fabian I *cTà75pp.. 



Gouplan j 1 cf à 75 PP 



1 9 à 77 pp. 
3 cf à 77 pp. 



5 9 à 79 pp.. 



62 



BROLEMANN 



Forma clongata 



Bo\> de Pio.. 
Fabian 



Couplan . 



1 CT à 93 pp. 



2 cf à 95 pp. 
1 cf à 95 pp. 



1 ç à 97 pp. 
4 ç à 97 pp*. 
i'ç'à 9Tpp'. 



1 ç à 101 pp. 



Geophilus pyrenaicus se répartit dans les localités citées 
de la façon suivante : 



Bois de Pio.. j 2cf . â45 . PP ; 

Fabian 

Couplan 



5 cf à 47 pp. 

1 Q à 47 pp. 

2 cf à 47 pp. 



2 9 à49pp. 
4 cf à 49 pp. 
2 Q à49pp 



1 Ç) à 51 pp. 



Il parait affectionner les bois de hêtres; la majorité des exem- 
plaires nous viennent du Bois de Pio, où cette essence prédo- 
mine ; à Coupla», où les hêtres sont isolés, noyés dans les 
sapins, nous n'en avons recueilli que 2. — Il ne paraît atteindre 
son complet développement qu'en septembre. 

Geophilus truncorum Ribauti, n. ssp. Nous dédions à 
notre collègue le Prof. Piibaut, sous cette dénomination, un 
Géophile que nous avons jusqu'ici confondu avec le Geopliilus 
truncorum typique, dont il a presque tous. les caractères. Il 
s'en distingue toutefois par la dentelure du labre armé de dents 
moins nombreuses (2 ou 3 au lieu de 5j comme le montrent 
les figures 1 et 2 ci-annexées et par le nombre des pores coxaux 
des hanches anales (fig. 3 et 4) au nombre de 4 disposés en 
zigzag, au lieu de 2. 

Les caractères du G. truncorum sont connus. Toutefois, pour 
fixer quelques points demeurés dans l'ombre, nous reproduisons 
également trois dessins (N os 5, 6 et 7) empruntés à la race 
Ribauti, mais qui peuvent aussi bien s'appliquer au type. Ce 
sont les dessins des mâchoires, des sternites antérieurs (le 9 e 
et le 10 e ) et des scutelles pleurales d'un segment pris entre le 
20 e et le 25 e . 

A l'égard des sternites antérieurs nous signalerons que, du 
4 e au 12 e segment environ, les sterniles présentent la structure 






FlG. 
FlG. 
FlG. 
FlG. 
FlG 
FlG. 
FlG. 



EXPLICATION DES FIGURES 

1 . — Labre d • truncorum Ribauti. 

2. — Labre de truncorum typique 

3. — Extrémité postérieure (face ventrale) de truncorum Ribauti Ç. 

4. — Extrémité postérieure (face ventrale) de truncorum typique Ç. 

5. — Mâchoires (face dorsale) de truncorum Ribauti. 

6. — Sternites des segments 9* et 10* du même. 

1. — Scutelles pleurales (étalées) d'un segment (entre le 20 6 et le 25*), du 






04 



BROLEMANN 



carpophagienne très accentuée (fîg. 6) ; en outre, ces mêmes 
sternites sont labourés de trois sillons longitudinaux larges et 
profonds. — Dans la figure 7, nous avons réprésenté par des 
hachures croisées les parties réticulées du sternite; cette réti- 
culation parait être assez constante ; elle est la même sur le 
type et sur la race. 

Cette forme, au moment où on la recueille, est d'une couleur 
orangée qui attire l'attention. Elle se pelotonne volontiers sur 
elle-même. Sa répartition est la suivante : 



Bois de Pio . . 

Fabian.. 

Couplan. ... 



1 cf à 33 pp 




Ribauti paraît avoir des aflinités inverses de pt/renaicus; il 
est commun à Fabian et à Couplan dans les sapinières et rare 
au contraire au Bois de Pio. 

Chaetechelyne vesuviana. Sur deux exemplaires recueillis 
à Fabian, nous avons observé que les poches de l'angle antéro- 
externe des hanches anales, dans lesquelles s'ouvrent les pores, 
ne sont pas invaginées, comme d'habitu.le, et forment simple- 
ment une surface plane, non chitinisée, montrant à découvert 
les pores dont elles sont percées. — Tous les individus appar- 
tiennent à la forme typique et comptent : les cf , 75-77 et les 
Q 79 paires de pattes. 

Scolioplanes crassipes est médiocrement commun. Nous 
possédons de : 



Fabian .... 
Couplan. . . 



Cf à 45 pp. 
Ç à 45 pp. 



2 ç à 47 pp. 



2 Ç à 47 pp. 



2 cf à 41» pp. 
1 9 à 4!i pp 



1 9 à 51 pp. 



3 ç à 53 pp. 



Cryptops hortensis. Tous les exemplaires sont de petite 
taille — environ 20 mill. — et présentent les deux particula- 
rités suivantes : alors que, chez Vhortensis typique, les pores 



LA HAUTE VALLÉE DE LA NESTE 65 

de la 21 e paire de hanches sont petits et nombreux, dépassant 
sensiblement le niveau du bord postérieur du dernier sternite, 
et envahissant presque toute la surface de la hanche, dont il ne 
reste qu'une petite marge intacte, chez les exemplaires pyré- 
néens, les pores sont peu nombreux (généralement 30 à 35) de 
dimensions irrégulières, ne dépassant que peu le dernier ster- 
nite et laissant libre le quart distal de la surface de l'organe. En 
second lieu, le bord postérieur du dernier tergite est moins 
prolongé et forme un angle beaucoup plus ouvert que chez le 
type. Pour distinguer cette variété, que nous ne connaissons que 
des Pyrénées, nous proposons le nom de : var. pauciporus. 

Lithobius Duboscqui est abondant dans les mousses. 

Lithobius crassipes est représenté par un seul individu de 
Couplan. 

Lithobius audax n'a été trouvé qu'à Couplan. 

Lithobius lapidicola : assez commun à Fabian et à Couplan ; 
les mâles dominent. 

Ici se place une espèce qui diffère du lapidicola, par un 
plus grand développement des angles du 9 e sternite, par la pré- 
sence d'une épine latérale aux hanches de la 15 e paire, et par 
l'absence de l'épine supplémentaire de la patelle des pattes ana- 
les. Nous ne possédons qu'un exemplaire adulte, de Fabian. 

Lithobius tricuspis est abondant à Fabian et à Couplan. 
Les exemplaires sont de taille plutôt petite, mais à caractères 
normaux. Mélangée à la forme typique, et aussi commune 
qu'elle, se trouve une variété chez laquelle manque l'épine 
latérale de la hanche de la 15 e paire. Nous la désignons sous le 
nom de : var. minor par analogie avec la var. minor du gra- 
cilitarsis qui présente la même particularité de structure. 

Lithobius troglodytes n'a été rencontré qu'à Couplan. Le 
nombre des articles des antennes varie de 53 à 60. 

Lithobius melanops. Ce n'est qu'avec doute que nous ins- 
crivons cette espèce au nombre des hôtes de Fabian ; tous les 
individus sont jeunes. 






66 BRÔLEMANN 

ZOOGÉOGRAPHIE 

Au point de vue spécial visé au début de cette note, nos 
chasses nous ont permis de relever une première indication qui 
a son importance. Nous ne parlerons pas des Chilopodes qui 
ne fournissent à ce sujet aucun enseignement, comme on devait 
s'y attendre; c'est parmi les Diplopodes que nous constatons le 
premier mélange des deux faunes. 

Pour apprécier ce mélange, nous établissons trois groupes : 
le groupe de la faune de la Haute-Garonne, le groupe de la 
faune des Basses-Pyrénées, et le groupe des formes banales, 
communes à l'une et à l'autre faune. 

Dans le premier groupe sont à inscrire : Iulus spinosus, 
I,eptoiulus juvenilis et Glomeris pyrenaica, caractéristiques 
de la Haute-Garonne ; 

Dans le second : Micropodoiulus spathifer et Cylindroiulus 
sagittarius spéciaux aux Basses-Pyrénées ; 

Dans le 3 e groupe, rentrent toutes les espèces autres que les 
cinq citées^ci-dessus. 

La balance penche, comme on le voit, en faveur de la faune 
de la Haute-Garonne, dont trois espèces spéciales sont repré- 
sentées, contre deux espèces des Basses-Pyrénées ; et cette pré- 
dominance est plus caractérisée encore par la présence, au 
nombre des trois espèces, de Glomeris pyrenaica. Nous atta- 
chons, en effet, une importance spéciale à cette forme. Depuis 
que le professeur Ribaut et moi chassons dans nos régions res- 
pectives, nous n'avons pas encore trouvé mélangées les deux 
espèces (ou races) de Glomeris spéciales aux Pyrénées, c'est-à- 
dire pyrenaica et rugifera. Chacune d'elles paraît caractériser 
une faune; et lorsque nous serons en mesure de tracer les 
limites de leurs domaines respectifs, nous nous imaginons volon- 
tiers que nous aurons établi la limite imaginaire des faunesque 
nous étudions. Nous disons imaginaire car il va sans dire que 
cette limite ne doit avoir rien d'absolu. C'est plutôt d'enche- 



LA HAUTE VALLÉE DE LA NESTE 67 

vêtrement de faunes que nous devrions parler ; mais quelles 
que soient les infiltrations que nous sommes appelés à constater 
(comme celles que nous voyons se produire à Fabian pour 2 for- 
mes), il n'en reste pas moins probable qu'elles ne s'écarteront 
guère de la ligne de démarcation que nous fourniront les Glo- 
meris. 

Pau, 6 septembre 1908. 



68 



DUFFAUT 



LE LORIOT 



Par M. Dufaut. 



Il vous est si familier que je ne m'attarderai pas à le décrire. 
Sa taille moyenne, son plumage jonquille agrémenté de noir, 
ses yeux rouge vif, son bec grenat et ses pattes gris de plomb 
ou rarement de la couleur du bec le font estimer comme objet 
d'ornement. On le « naturalise » souvent et les citadins le 
connaissent surtout pour l'avoir admiré étalé sur les chapeaux 
féminins ou sur les chambranles... Pour connaître tout le 
charme que présente l'observation du loriot, il faut habiter la 
campagne, en particulier les départements du Sud-Ouest. Ici, 
cet oiseau nous arrive vers Pâques venant de villégiaturer dans 
quelque climat moins rigoureux. Il est alors par troupes de 
trente, cinquante, cent individus environ. Je ne sais, dans nos 
régions, rien de comparable à l'effet produit par ces vols d'oi- 
seaux passant avec rapidité en plein soleil et sur un ciel l'azur ; 
et aussi quand, fatigués par un long voyage, ils se reposent sur 
quelque arbre encore dépourvu de ses feuilles : on croirait que 
le végétal est couvert de citrons. Les vols s'éloignent si les 
lieux ne sont pas boisés et pourvus d'une abondante nourri- 
ture; mais s'ils trouvent tout à leur convenance, c'est dès lors, 
un vacarme dans les branches, des poursuites dans les airs, 
des sifflements et des cris qui animent le paysages : maîtres 
loriots régnent et n'ont peur de rien; ils bravent l'épervier, le 
poursuivent, le harcellent, le chassent ; ils tracassent même la 
pie et l'obligent, malgré sa méchanceté et sa hardiesse, à 
devenir circonspecte et à leur céder sa prépondérance. 



LE LORIOT 69 

En avril, le loriot songe à la nidification et choisit l'enfour- 
chure extrême de quelque rameau élevé pour y édifier le 
berceau de sa future couvée. Les matériaux employés se com- 
posent de pailles soigneusement disposées en nacelle et main- 
tenues par un enroulement aux branches, de crins, de laine, 
de vieux chiffons, de papiers parfois assez grands — j'ai en 
collection un nid dont le fond est formé de la couverture d'un 
paquet de tabac — et de petits chaumes assez grossiers et 
bien tassés. 

La ponte est de quatre à six œufs ovales blanc nacré, légè- 
rement nuancé de rose, à taches noires irrégulières. La teinte 
légèrement rose disparaît quand on a vidé les œufs. 

La nichée venue, les parents redoublent de vigilance et ne 
tolèrent pas rapproche des autres oiseaux. Les jeunes demeu- 
rent trois années avant d'avoir la livrée de l'adulte; ils sont 
faciles à confondre -avec la femelle, même vieille. Ils diffèrent 
de celle ci par la couleur moins fonoée du dessus, les teintes 
jaunes moins envahissantes du dessous, par la consistance 
plus faible du bec et des grandes plumes des ailes, ils ont sou- 
vent plus de plume sous le corps et la plupart du temps sont 
très gras. Les jeunes n'ont qu'une sorte de cri et ce n'est que 
la seconde année qu ils savent siffler Si le plumage met du 
temps à changer, il n'en est pas ainsi du corps de l'oiseau qui, 
vers le quinze septembre, a atteint toute sa grosseur et s'est 
alourdi de graisse au point que la chair semble avoir disparu : 
à ce moment c'est un excellent manger. 

Je suis surpris que des mesures internationales prohibent 
la chas>e au loriot. A quel mobile a-t-on obéi? Est-ce parce 
que cet oiseau ne se nourrit que de peu d'insectes? Est-ce 
parce qu'il aime trop nos cerises et nos meilleurs fruits? Je 
n'irai pas jusqu'à supposer qu'on a voulu le protéger parce 
qu'il est l'emblème du jaune... A ce dernier point de vue je 
dirai que les infortunes du loriot sont touchantes : il sert au- 
tant à la propagation de son espèce qu'à celle du coucou dont 
l'utilité est surtout imaginaire. 



70 DUFFAUT 

Il y a quelques années, je trouvai, non loin de Toulouse, 
un nid de loriot qui contenait un œuf de loriot et un petit 
loriot à demi-enfouis sous un jeune coucou six fois plus gros. 

Le jeune coucou supporte d'abord le voisinage d'un ou deux 
petits loriots, mais comme il est très goulu, il grossit vite et 
devient encombrant ; il occupe tant de place qu'il étouffe ou 
rejette bors du nid, devenu trop étroit, ses frères de nourrice. 

Là où le coucou abonde le loriot ne réussit guère sa couvée 
et en certaines localités des Pyrénées françaises la. croyance 
populaire admet que le loriot n'a qu'un rejeton. Par exemple 
si vous avez la curiosité de regarder dans les nids de loriots 
des environs d'Encausse (Haute-Garonne) et d'Audinat(Ariège), 
vous ne serez pas peu surpris de n'y trouver presque toujours 
qu'un seul petit, un petit coucou ! 

Enfin, pour terminer, je rappellerai l'élégance avec laquelle 
boit le loriot. En liberté, il ne se pose pas pour se désaltérer, 
je ne l'ai du moins jamais remarqué. Comme le font parfois les 
hirondelles, il vole très près de la surface de l'étang où il veut 
boire ne laissant effleurer le liquide que par la mâchoire in- 
férieure bien ouverte. 



LES GISEMENTS DE TALC 71 



LES GISEMENTS DE TALC 

DU MASSIF DU SAINT-BARTHÉLEMY (Ariège) 

Par M. Mengaud. 



Pendant le mois de septembre 1908, j'ai fait quelques cour- 
ses dans le massif du Saint-Barthélémy pour le service de la 
Carte géologique de France (feuille de Foix). Mon itinéraire 
m'a amené à passer par le col de Trimouns où se trouvent les 
importantes carrières appartenant à la Société des Talcs de 
Luzenac. Le mauvais temps persistant, m'ayant forcée prolon- 
ger mon séjour dans les baraquements du col plus que je ne le 
pensais tout d'abord, j'ai eu le loisir d'examiner avec un peu 
de soin les tranchées dVxtraction et les zones voisines. 

J'adresse ici mes plus vifs remerciements à M. Goubeau, qui 
dirige l'exploitation, pour sa très aimable hospitalité. Je ne 
veux pas oublier davantage M. l'ingénieur Zwiling et M. Mail- 
let. Ce dernier, chargé de la surveillance des chantiers et qui 
vit à Trimouns pendant la durée des travaux, a été pour moi 
un hôte charmant. En plus, il m'a servi de guide dans la visite 
détaillée de l'exploitation, m'a fourni quantité d'explications 
techniques et m'a montré les recherches faites en vue de suivre 
les prolongements des bancs de talc. 

J'ajoute que ces Messieurs ont bien voulu me donner, verba- 
lement ou par écrit, de très précieux renseignements sur une 
foule de choses que l'expérience de longues années de travail 
sur le terrain leur a fait connaître. 

11 m'a semblé nécessaire de placer ce préambule en têle de 



72 MËNGAUD 

ma note, afin d'expliquer comment j'ai été porté à m'intéres- 
ser à des gisements déjà connus, et exprimer en même temps 
toute ma reconnaissance à ceux qui ont bien voulu me prêter 
leur concours et faciliter l'exécution de ce petit travail. Il n'est 
d'ailleurs qu'un résumé historique et un essai de mise au point 
de la question. 



Renseignements sommaires sur le Massii 
du Saint-Barthélémy. 

Le massif du Saint-Barthélémy (1) se dresse au sud de la 
dépression que suit la route de Foix à Lavelanet par Saint- 
Paul-de-Jarrat, Celles et Nalzen. Ses deux cimes principales 
jumelles : Pic de Saint- Barthélémy (2.349 m ) et pic de Sou- 
larac (2.343 m ) dominent la plaine par dessus le chaînon du 
Plantaurel, dont les points culminants ne dépassent guère 
1 000 mètres d'altitude. 

Le massif entier se détache en avant de la zone centrale des 
Pyrénées ariégecises; il en est séparé par le profond sillon 
tracé par l'Ariège entre Luzenac et Tarascon, sillon que le som- 
met du Saint-Barthélémy domine de plus de 1,800 mètres. 
Pour compléter ces renseignements géographiques, j'ajouterai 
que les deux pics dont je viens de parler sont entre 0"33' et 
0°34* de longitude Ouest, et entre 42"49' et 42°50' de latitude 
Nord. 

Au point de vue géologique ce massif présente sur ses flancs 
ouest et sud des schistes cristallins (plongeant fortement vers le 
Nord), des gneiss surtout, traversés de filons de quartz et de 
granulite. A 1 Est et au Nord on trouve sur les gneiss des 
schistes assez fortement métamorphisés puis des couches paléo- 
zpîques schisteuses et calcaires. 

Le bord sud se délimite nettement, par une ligne de con- 

(1) Appelé également Massif de Ta.be ou Montagne de Ta.be. 



LES GISEMENTS DE TALC 73 

tact anormal, des couches secondaires formant la bande cal- 
caire qui s'étend de Gaussou à Tarascon (pic de Calmont, roc 
de Quié, bois de Lujat) et qui domine quelquefois l'Ariège de 
superbes escarpements Ce contact anormal suit à peu près 
constamment une dépression dont l'altitude moyenne (entre 
900 et 1,000 mètres) est bien plus élevée que celle du lit actuel 
de l'Ariège (entre 500 et 600 mètres). Cette dépression repré- 
sente une importante vallée glaciaire dont le fond est rempli 
de dépôts morainiques couverts de cultures, sur lesquels se 
sont établis les villages d'Axiat, Appi, Caichax, Senconac et 
Gazenave. Mai-;, sans doute par suite de phénomènes de cap- 
ture au bénéfice de cours d'eau se rendant à l'Ariège par la 
voie la plus courte, les torrents franchissent maintenant la 
barrière calcaire, coupant à peu près à angle droit la direction 
de la vallée glaciaiie. 
Sont dans ce cas : 

L'Arnet au-dessous d'Axiat, allant se jeter à Urs; le ruis- 
seau de l'étang d' Appi, passant entre Gaichax et Senconac et 
qui rejoint l'Ariège à Albiès; enfin, le torrent de Verdun. 

Seuls, le ruisseau d'Ar-naue, qui descend des pentes sud du 
mont Fourcat, et YArnel, déjà cité, suivent pendant une par- 
tie de leur cours la vallée glaciaire primitive, le premier de 
Gazenave à son embouchure; le second (sous le nom de ruis- 
seau des Canets sur la carte d'état- major), en amont et à l'est 
d'Axiat. 

Présentant des bassins de réception à pentes rapides et déboi- 
sées, ces ruisseaux n'ont que peu d'eau en été, mais après de 
grandes pluies ils peuvent devenir des torrents redoutables : le 
village de Verdun en a fait la cruelle expérience en juin 1875. 
Vers l'Est, les roches anciennes sont en contact avec les cal- 
caires secondaires du signal de Caussou et du signal de la 
brau\ au Nord, elles paraissent recouvrir les grès du crétacé 
supérieur {grès de Celles). 

L'allure générale de ce massif, formé de roches cristallines, 
métamorphiques ou primaires, se présentant comme un îlo^ 

Sog. d'hist. naturelle de Toulouse. 5 



74 MENGAUD 

irrégulier au milieu de formations beaucoup plus récentes, Ta 
fait considérer par M. Léon Bertrand (1) comme un massif 
charrié (nappe C) sur les calcaires de Gaussou (nappe B). 

Les rapports des couches constituant le Saint-Barthélémy 
avec les zones avoisinantes plaide beaucoup en faveur de cette 
interprétation. 

La fig. 1 est un croquis du profil des pics de Soularac et de 
Saint-Barthélémy vus du Sud Est sur la route d'Ax à Prades 
entre le col de Chioula et le col de Marmare, peu après avoir 
passé la fontaine connue sous le nom de Fontaine des ivrognes. 
Elle permet de se faire une idée des rapports du massif avec 
les parties avoisinantes au Sud et à l'Est et de la position de 
Trimouns dont les carrières de talc sont les plus importantes 
de la région. 

Historique. 

D'après les documents que j'ai pu avoir en main et consul- 
ter, j'ai trouvé la première citation imprimée se rapportant aux 
talcs du Massif de Tabeou Saint-Barthélémy, dans un mémoire 
de l'ingénieur François connu pour s'être beaucoup occupé 
des eaux thermales d'Ax. 

Ce mémoire a paru dans les Annales agricoles littéraires et 
industrielles de l'Ai iège; il a pour titre : Aperçu géologique de 
VAriège, compte vingt-six pages et porte l'indication : Ussat, 
li avril 1844. A la page 9 on peut lire ceci : 

« Les terrains de transition offrent aussi une espèce miné- 
« raie qui depuis quelques temps paraît présenter quelque 
« importance, la stéatite savonneuse. Cette roche, liée au soli- 
de lèvement des amphibolites que l'on rencontre au- voisinage 
« du granit, forme des amas sur le versant oriental de Tabès, 
« près le col de Fontalbe et sur la montagne de Gaussou On 



(1) imll. des serv. de la Carte géol. de Fr., n<> 118, t. XVII, décem- 
bre 1907. 



LES GISEMENTS DE TALC 



75 







/6 MENGAUD 

« cite également des gisements aux étants d'Artonan, près 
« Mijanès, aux montagnes de Cazenave, de Saurat, de Suc, et 
« aux environs de Portet. » 

Ce devait être alors le début de l'exploitation et dans tous 
les cas elle ne paraît pas avoir été très importante avant 1860. 

De 1857 à 1859 Leymerie publie son Cours de Minéralogie 
et au tome II, page 230. il signale simplement le talc dans les 
« Pyrénées de l'Ariège » sans plus. 

De 1864 à 1870, l'ingénieur des mines Mussy parcourt avec 
soin le département de l'Ariège, dont il publie la carte géolo- 
gique en 1870 en collaboration avec François. Mussy est un 
excellent observateur qui fouille le terrain dans tous les sens et 
laisse échapper peu de choses à la sagacité de son œil exercé. 
Il a publié plusieurs mémoires; je cite entre autres comme se 
rapportant surtout à la question qui nous occupe : 

Roches ophitiques de l'Ariège. B. S. G. F. 2 e série, t. 26, 
p. 28-91, 1868, et : 

Ressources Minérales de l'Ariège. Ann. des Mines, 6 e série, 
t. 16 et 17, 1869 et 1870. 

Mais la Bibliothèque universitaire de Toulouse possède ses 
manuscrits formant sept gros volumes reliés parmi lesquels se 
trouve son journal de courses / catalogué sous le n° 190,001. Ce 
derniei» porte le titre : Carte géologique de l'Ariège, et renferme 
une foule d'observations précises et de coupes intéressantes. Je 
retranscris ici la teneur des folios 146 et 147 de ce journal et y 
joins les coupes qui accompagnent les comptes rendus des 
courses. 

23 juin 1866. — Course de Prades, Géralde, Fonlalbe, 
Monlségur, Monlferrier. 

« La carrière de talc de Lordat est située exactement au pied 
a du massif granitique du Saint-Barthélémy et à cheval sur 
« les deux versants d'Axiat et du Basquy (sic) à une demi heure 
« environ au-dessus de Fontalbe. 



LES GISEMENTS DE TALC 77 

« Au voisinage de la carrière, le granité de Tabès est criblé 
(( de filons de pegmatite comme aux étangs de l'Albelle près 
« Vicdessos, et au nord de la carrière est un assez épais massif 
(.( de calcaire saccharoïde à belles cristallisations blanches ren- 
(( fermant de l'amphibole en cristaux qui peut être considéré 
ce comme un îlot détaché de la formation jurassique de Gaussou, 
« ou peut être comme un témoin de calcaires anciens des envi- 
« rons de Montségur et Montferrier ; ce calcaire est complète- 
nt ment enclavé dans les schistes siluriens plus ou moins 



Ouest 

S'-Barthâlcmy. Soatarac 



Est 




FiG. 2. — Coupe Est-Ouest par la carrière de talc (Mussy). 

« talqueux et ardoisiers ; entre ces calcaires et le granité de 
« Tabès est la bande de talcschistes riche en belles assises de 
« talc pur presque complètement blanc ; l'ensemble des couches 
(( plonge à l'Est, est dirigé Nord-Sud et repose sur le granité 
«de Tabès. 

« La couche de talc principale peut avoir 3 mètres d'épais- 
« seur presque pure, divisée en deux bancs égaux par un lit de 
« talcschistes de m ,30, le pendage est Est de 60° et la direction 
(( Nord- Sud, la direction exacte est Ouest — 70° Sud avec 
« plongement Est de 55 à 60°, suivant l'allongement et à partir 
« du versant du Basquy presque jusque vers la crête, sur une 
« hauteur de 30 mètres, on a fait une tranchée d'allongement 
« Nord- Sud de 50 à 60 mètres et 6 à 10 mètres de large. Au 
(( Nord de cette couche est une seconde assise de talc de qualité 
« analogue, ayant 2 mètres d'épaisseur, mais plus pauvre et 



78 MENGAUD 

« plus irrégulière qui peut être séparée de la couche principale 
a par 5 à 6 mètres de talcschistes, les travaux sont peu 
ce étendus sur cette deuxième couche. » 

54 juin 1866. — Course de Montfèrrier, Manzone, Montségur, 

la Ffau. 

« Les calcschistes siluriens sont puissants dans le vallon de 
« Montferrier et persistent avec un plongement Sud régulier 
« depuis le village même jusqu'au hameau de Lapeyregude (1); 
(( sur la rive droite de la vallée ils passent directement au grâ- 
ce nite ; sur la rive gauche ils sont remplacés par des schistes 
« siliceux et pyriteux, par les micaschistes du mont Fourcat et 
« le granité est refoulé jusqu'à la frontière de la vallée sur les 
« hauteurs du col de Gadènes. 

« Au fond du vallon de Manzone (2) qui est compris entre 
(( les deux vallées de Montferritr et de Montségur on peut voir 
« le passage direct des calcschistes siluriens qui forment des 
« crêtes calcaires escarpées au granité de Tahes ; à ce contact 
« sont seulement au col de la Canalette, quelques petits amas 
oc de schistes luisants contenant par places de petites couches 
a de 1 mètre à t m 50 de talc blanc exploitable ayant fréquem- 
« ment une teinte verdàtre qui lui ôte une partie de sa valeur. 

(( Ce massif de schistes talqueux, qui sépare le granité des 
(( calcaires anciens, a au plus 50 mètres d'épaisseur, il disparait 
(( fréquemment et se divise en petits amas circonscrits; dans ce 
« voisinage le granité contient de fréquentes assises de 
(( pegmatite avec belle tourmaline. En descendant du col vers 
« Reboule, situé au fond de la vallée de Montségur et passant 
« par Lartigue et la Canalette on trouve à 200 mètres en 
« dessous du col et à moitié chemin du bas vallon à la crête le 
« long du contact du granité et des calcschistes anciens, une 



(1) Lapeyregade, sur la carte d'état-major révisée en 1890. 

(2) Moulzoune, de la carte d'état-major? 



LES GISEMENTS DE TALC 79 

« série de petits amas en couche presque continue de schistes 
« talqueux contenant du talc verdâtre exploitable ; les affleure- 
« ments ont été labourés par des tranchées sur 50 mètres de 
« long et 2 à 3 mètres de profondeur ; le tout est éboulé, l'amas 
« de talc peut avoir de m 80 à 1 mètre d'épaisseur. 

« A 100 mètres plus bas on trouve encore d'autres tranchées 
« plus profondes ; le talc y est bien visible, les couches 
« plongent au Nord de 45 à 50°. 

« Le toit immédiat est calcaire, très saccharoïde ; au mur est 

Sud Nord 



Lartiguc 




Calcaire cristallin 



Fie 3. — Coupe Nord-Sud par Lartigue (Mussy). 

« une certaine épaisseur de schistes talqueux et verdâtres qui 
(( est séparée des granités purs du fond du vallon par des peg- 
« matites à belle tourmaline. La direction générale de la série 
« des amas de talc est Est-Ouest exactement. 

« La Canalette est située sur des schistes noirs bitumineux 
« et pyriteux ordinaires, plongeant au Nord et reposant sur le 
« massif granitique de Tabès ». 

Dans le manuscrit catalogué sous le n° 199.005 et portant le 
titre : Déparlement de l'Ariège. Ressources minérales, mines, 
minières, carrières, tourbières, eaux minérales et revêtu du 
visa de Mussy (Vicdessos, 1 er janvier 1868), il est de nouveau 
question des talcs. 

Au folio 450 : 



80 MKNGAUD 



TALCS 



« D'assez beaux gisements de talc, blanc ou verdâtre se ren- 
(( contrent dans la formation des gneiss et micaschistes : 

ce 1° Montagne de Fonlalbe, Lordat ; 

« 2° Rabat, quartier de Blancou. 

« On en trouve également dans les schistes anciens du ter- 
« rain silurien inférieur aux points suivants : 

« 1° Artounan de Quérigut ; 

« 2° Quartier de Pailhères, font des hares, canton d'Ax; 

« 3° Col d'Axiat à Sabcnac ; 

« 4° Reboule de Montségur ; 

« 5° Là Canaletle de Montségur ; 

« 6° Col de Manzone de Montferrier. » 

Le folio 452 est consacrée la description de la carrière de talc 
de Lordat. 

Cette carrière est assez importante et «ouverte depuis quelques 
années ». 

Le gisement « est compris dans des schistes anciens très 
« métamorphiques qui reposent sur le granité de Tabès et sup- 
« portent les couches cristallines du calcaire liasique dont sont 
« constituées les hautes montagnes de la Frau et du haut 
ce plateau du pays de Sault ». 

Vient ensuite la description du gisement qui répète, sans 
modification importante, ce qu'on trouve dans le journal de 
courses cité ci-dessus. 

Mussy ajoute que « la carrière est située à près de 2.000 mètres 
« au-dessus de la mer, le transport du talc au moulin qui est 
« situé à Luzenac, sur le bord de l'Ariège, se fait à dos de 
« mulets et est très onéreux. L'exploitation se ralentit depuis 
<( quelque temps ; dans les bonnes années elle a pu atteindre 
« 8 à 10.000 quintaux métriques. 

« Le talc de l'Ariège est vendu dans les fabriques de papiers 
€ et sert au mélange de diverses poudres blanches ». 



LES GISEMENTS DE TALC 81 

Le folio 454 est consacré au talc de Montferrier et de Mont- 
ségur. 

« Au fond de la vallée de Manzone et de Montségur est une 
« bande étroite de schistes talqueux et métamorphiques qui 
« s'étend régulièrement de l'Est à l'Ouest sur 600 à 700 mètres 
« à partir du col de Manzone, en descendant vers la métairie 
« de la Ganalette, sur le versant de Montségur ; l'épaisseur de 
«. ces schistes peut être de 50 mètres, ils reposent sur le gra- 
€ nite de Tabès et supportent les assises inférieures cristal- 
ce lisées du calcaire Murchisonien (1). 

« .... Dans ces derniers temps on a expédié 200 à 300 quintaux 
« vendus à Toulouse au prix de 6 fr. 50 les ICO kilogrammes. 

(( Les travaux de recherches exécutés sur ce gisement sont 
« les suivants : 

« 1° Au col de Manzone, bur le versant de Montferrier, une 
« tranchée Est-Ouest de 20 mètres de long sur 3 à 4 mètres de 
« large et 5 mètres de profondeur; 

a 2° A 200 mètres plus bas, sur le versant de Montségur, un 
(( labourage superficiel sur 50 mètres de long et 2 à 3 mètres 
« de profondeur ; 

« 3° A 100 mètres plus bas, en descendant vers la Canalette, 
(( une tranchée de 10 mètres de long sur 6 mètres de profon- 
cc deur ». 

A propos des autres gisements de talc, Mussy fait remar- 
quer que « ce talc est toujours compris dans des schistes 
« verdâtres, très métamorphiques et attenant à des roches 
« primitives. 

« Enfin, il signale des indices plus pauvres de talc : à 
« Reboule, vallon de Montségur, dans le prolongement du 
« gisement de Manzone, sur le petit pic qui domine le col con- 
« duisant du fond du vallon d'Axiat à celui de Sabénac, vallée 
a de Caussou ». 

A la suite de cette série de courses et d'observations, Mussy 

(1) Calcaire du silurien supérieur. 



82 MENGAUD 

publie ses recherches sur les Hoches ophiliques de ÏÀriège, 

dans le Bulletin de la Société géologique de France, 1868 et en 
1869 et 1870 un Mémoire en trois parties dans les Annales des 
Mines. On y trouve un résumé et une synthèse de ce que l'on 
peut lire dans les manuscrits cités. Je dirai seulement en pas- 
sant que le premier travail renferme, à côté d'opinions discuta- 
bles sur le classement des ophites et leur rôle dans la géologie 
àriégeoise, d'excellentes observations et en particulier une 
description fidèle des phénomènes de métamorphisme dans les 
calcaires (que Mussy attribue au silurien supérieur) constituant 
le toit des couches de talc du Saint-Barthélémy (V. p. 42 du 
Mémoire sur les Roches ophitiques de l'Ariège). 

A partir de cette époque les gisements de talc qui nous occu- 
pent sont bien connus et on les trouve cités dans la plupart des 
travaux de géologie et minéralogie ariégeoises (Leymerie : 
Cours de Minéralogie, 2 e édit., t. II, 1868, p. 248. Seignette : 
Essai d'études sur le Massif pyrénéen de la Haute- Ariège. 
Castres, 1880, etc.). 

En 1891, M. Lacroix publie une note assez importante sous 
le titre suivant : « Sur l'es déformations subies par les cristaux 
de quartz des filons de Pilourlcs-en-Lordal (Ariège) et sur les 
minéraux formes par l'action de ces filons sur les calcaires 
paléozo'Ujues. » [Bull, de la Soc. fr. de Miner., t. XIV, 1891, 
p. 307). 

Elle débute par une très bonne description du gisement de 
talc de Trimouns, des roches et des minéraux qui l'accompa- 
gnent. J'en ai tiié les plus utiles renseignements et je ne puis 
mieux faire que d'en conseiller la lecture intégrale à ceux qui 
s'intéressent à cette question, ne pouvant donner ici qu'un 
résumé et de brèves citations. 

M. Lacroix signale des micaschistes très granulitisés renfer- 
mant localement de la cordiérite et de la tourmaline qui for- 
ment les flancs Est du Soularac. Sur ces micaschistes se trouve 



LES GISEMENTS DE TALC 83 

un banc de talc au milieu duquel se trouvent des intercalations 
de granulite à tourmaline. 

« Les couches talqueuses sont surmontées de calcaires blancs 
ce .dolomitiques par place, alternant à leur base avec de minces 
(( lits de talc blanc ou grisâtre, à leur sommet avec des schistes 
« noirs, ardoisiers, formant seuls les crêtes qui sont au sud du 
« point 1878 ». 

L'auteur signale ensuite trois chantiers : le premier sur le 
versant est de la montagne regardant Montségur (1) ; le 
deuxième, sur le col, appelé dans le pays Trimounts ; le 
troisième enfin, abandonné, en un point nommé Pitourles ; ces 
deux désignations de lieux n'étant point indiquées sur les cartes 
d'état- major. 

« Le talc exploité est schisteux à fins éléments. A Trimounts, 
(( dans la roche normale, on trouve de petits cubes de pyrite en 
(( général très frais. A Pitourles , la pyrite forme parfois 
(( des filonnets dans le talc et est accompagnée d'érubescite (2). 

« Dans les lits minces de talc intercalés dans les calcaires de 
« Trimounts, la pyrite est très abondante, mais presque tou- 
« jours transformée en oxyde hydraté. » 

A Pitourles, dans un calcaire dolomitique blanc, on trouve 
des filons de quartz à cristaux déformés qui font spécialement 
l'objet de la note. 

Les salbandes de ces filons de quartz sont constitués par de 
la trémoliie (3) en fibres atteignant parfois 10 centimètres et 
dont les propriétés sont celles de latrémolite du Saint-Gothard. 
Cette trémolite est transformée en talc, en beaucoup de points, 
et « on peut trouver tous les passages possibles entre la trémo- 
« lite intacte et les pseudomorphoses complètes. » 

Le calcaire, à une petite distance des pseudomorphoses, ren- 



(1) Appelé actuellement : Chantier du Dasqui. 

(2i Sulfure double de fer et de cuivre, irisé en surface (Lacroix, 
Miner, de la Fr.. t. II, p. 673). 

(3) Amphibole voisine de l'actinote, mais très pauvre en fer sinon 
complètement dépourvue, 



84 MENGAUD 

ternie souvent des poches remplies de lames de talc ayant envi- 
ron 1 centimètre de diamètre. Ce talc est transparent, incolore 
et entre ses lamelles il renferme souvent de petits prismes grisâ- 
tres de trémolite un peu ferrifère. 

a Le gisement de Pitourlesest intéressant à étudier, à cause 
« de la netteté avec laquelle on voit la trémolite se développer 
« dans un calcaire magnésien par voie hydrothermale. La liai— 
« son de cause à effet existant entre les filons de quartz et de 
(( trémolite est évidente. » 

Dans sa Minéralogie de la France, t. I, 1893-95, M. Lacroix 
a donné d'intéressants détails sur les gisements de talc des 
Pyrénées ariégeoises (p. 450) On trouve aussi des renseigne- 
ments concernant les minéraux qui l'accompagnent à la page 650 
(article Trémolite- Actinole) et dans le tome II, à la page 618 
(article Pyrite — photographies de Pyrite de Pilourless). 

En 1893, M. Mettrier, ingénieur des Mines, publie dans le 
Bulletin de la Société de Géographie de Toulouse, un Mémoire 
d'une certaine étendue (112 pages en 5 articles) portant le titre : 
« Description des giles m incraux du haut bassin de la Garonne ». 
A propos des carrières de l'Ariège, il consacre au talc les lignes 
suivantes (pp. 418-419). 

Terrain primitif. ((On exploite activement, depuis cinq ans, 
(( dans la commune de Vernaux, sur le penchant est des Monts 
« Saint-Barthélémy, dans la haute vallée du ruisseau d'Axiat, 
« une couche Nord Sud très puissante de talcschistes interstra- 
(( tifiéeentre les micaschisteset les schistes quartzeux cambriens. 

« L'abatage a eu lieu aux deux carrières à ciel ouvert d'Our- 
« lés (1550 111 ) et surtout de Trimounts (1850 m ) au sud du col 
(( de la Peyre. Les talcschistes sont mêlés par places de cal- 
« caires rugueux ; au col de Trimounts, ils sont moulés autour 
« de blocs de pegmatile qui paraissent s'être détachés des som- 
a mets voisins et être tombés dans la couche talqueuse en voie 
a de formation, il en est résulté une action métamorphique du 



LES GISEMENTS DE TALC 85 

(( talc sur la roche éruptive dont les fragments sont partielle- 
ce ment transformés en protogine La couche calcarotalqueuse 
« mesure une épaisseur d'environ 70 mètres à chacune des 
« carrières qui sont distantes horizontalement de 1550 mètres, 
« vers le milieu de cet intervalle elle atteint même une puis- 
« sance de 300 mètres. Elle se prolonge au Nord en s'incurvant 
« vers l'Ouest, de manière à traverser les hautes vallées de 
ce Montségur et de Montferrier, et décrivant ainsi un arc de 
« cercle qui limite le micaschiste du Saint-Barthélémy; vers le 
« Sud-Est elle disparait au nord de Caussou. 

ce Aux carrières citées plus haut, létale e>t tantôt blanc, tan- 
ce tôt noirâtre ou verdàtre, d'apparence pierreuse ou d'apparence 
ce marneuse; l'extraction se fait par gradins en déversant les 
« terres du côté du ruisseau. Létale est transporté par ehar- 
(( rettesaux moulins de Luzenac où il est très finement hroyé ; 
« son prix moyen sur wagon est de 40 à 45 francs la tonne, et 
« il est très employée Manchester pour la préparation des cotons. 

« D'autres gisements inexploités existent à Mijanès, dans les 
(( montagnes d'Artounan, aux environs de Monferrier, à Rabat 
ce au quartier de Blancou et à Ustou, dans les montagnes d' An- 
ce cize et de Cournajou. 

ce Gomme celui de Vernaux, ils paraissent formés de talcs- 
ce chistes associés à des cipolins grumeleux et constituant le 
« faciès le plus récent du terrain primitif. » 

En 1901, J. de l'Estoile (Assoc. franc, pour l'avanc. des Se, 
31 e session, 2 e partie, p. 1132J, à propos de la description de 
quelque mines de l'Ariège, consacre quelques lignes au talc du 
Saint-Barthélémy. 

Enfin, en 1906, Garez (Géologie des Pyrénées françaises, 
fasc. IV, feuilles de l'Hospilalet, Foix et Pamiers) donne de très 
bons renseignements bibliographiques et résume les travaux 
antérieurs principalement dans le paragraphe consacré aux 
« Roches diverses et minéraux » (p. 2450) et dans le Chapitre IX 
ce Matériaux utiles et divers » (p. 2471). 








Légende. 










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Soinl-Barthélemy. 

géologique au-gj^jr 
de fnîte: — • — • — « 



lii'siuir 



1. Granité OU irranulile. 
-J. Gneiss, schistes cristallins injectt 

de quartz <'t de granulite. 
3. Talc. 



4. Calcaires dolomitiques au contact 

du talc. 
r>. Schistes siluriens. 



LES GISEMENTS DE TALC 87 

En terminant cet aperçu historique, je crois utile d'ajouter 
quelques mots à propos des divers noms de lieux déjà cités ou 
que j'aurai l'occasion d'employer. Ils figurent à peu près tous 
sur le croquis géologique ci-contre (fig. 4) exécuté d'après 
l'agrandissement au tï7o~ôz de ^ a carte d'état-major. 

M. Lacroix fait justement remarquer dans sa note(V. ci-des- 
sus) que les désignations Pitourleset Trimounls ne figurent pas 
sur la carte d'état-major. On ne les trouve pas, en effet, sur les 
anciens tirages, mais les éditions récentes, postérieures à la revi- 
sion de 1890, portent Carrière de Talc de Trimounls et Carrière 
de Pic d'Ourlés. 

MM. Maillet et Zwiling ont bien voulu, sur ma demande, 
consulter le cadastre de la commune de Vernaux (car les exploi- 
tations sont sur le territoire de Vernaux et non sur celui de 
Lordatï, et me communiquer obligeamment les renseignements 
suivants. 

Ce cadastre, dressé en 1829, porte l'indication Tremouns 
(trois monts) d'où Trimouns et Trimounls comme variantes. 

Il porte également le nom Pilourrés d'où sont venus Pitour- 
lés, Pilourlcss (Lacroix), pic d'Ourlés. 

Le col sans nom à l'est de Trimouns doit s'appeler col de 
Fonlalbe (col du Dasquy dans Mussy, cité plus haut). Situé 
environ 100 mètres plus bas que le col de Trimouns, les 
voyageurs venant de Lordat ou de Bestiac et se rendant au 
Basqui ou à Montségur le franchissaient de préférence, et l'on 
y trouve encore un bon sentier qui passe à Fontalbe, traverse 
les pâturages voisins et gagne le col de la Peyre. 

Le col de Manzone (Mussy) ne figure pas sur la carte d'état 
major, mais le bois qui s'étend au Nord sur les pentes voisines 
est désigné sous le nom de Bois de Moulzonne. Actuellement, 
les gens du pays désignent les exploitations de talc qui existent 
en ce point sous le nom de Carrières de Monlferrier. 

Le col de la Canalelle n'existe pas davantage, mais on a 
marqué Canalelle, Larligue et Reboule qui sont trois métairies 



. 



88 MKXGAUD 

à l'Est des carrières de Monferrier en descendant vers le vallon 
du Lasset, en amont de Montségur. 



Etat actuel des exploitations. 

TRIMOUNS 

Les gisements de talc de Trimouns donnent lieu à une 
exploitation active. Celle-ci, vu l'altitude des carrières (entre 
1500 à 1850'" environ), n'est possible que durant l'été, c'est-à- 
dire de mai à octobre en général. Rarement on peut commen- 
cer plus tôt les travaux et les interrompre plus tard. 

Le transport à dos de mulets ou par chars à bœufs le long 
des interminables lacets du chemin de Besiiac était lent et oné- 
reux. On lui a substitué avantageusement le transport par câble, 
qui fonctionne depuis 1900 d'une façon normale. Le câble, 
construit en fil d'acier et soutenu par de nombreux pylônes, 
part de la carrière n° 1 (1800 ,n d'altitude environ) et aboutit 
d'abord au relai des « Prats de Rebeu » (1500 m environ) sur la 
rive droite du ruisseau qui descend de Trimouns et un peu en 
aval de son confluent avec le ruisseau qui vient du ravin situé 
plus à l'Est et descend du col de Fontalbe. Il franchit ensuite 
le grand vallon de formation glaciaire, qui se dirige vers Axiat 
et que suit le ruisseau de Trimouns, après avoir tourné à 
l'Ouest, passe la crête calcaire du pic Galmont (1300 m ), où se 
trouve un poste de surveillance, et d'une seule traite aboutit à 
l'usine de Luzenac (600 m ), après avoir traversé l'Ariège. Les 
frais de premier établissement ont été élevés, mais désormais 
les bennes de talc pendues au câble l'entraînent automatique- 
ment et franchissent les 7 kil. 5 qui séparent Trimouns de 
Luzenac en 1 h. 1/4 ou 1 h. 1/2. 

L'extraction a pris une extension considérable; les chantiers 
du Basqui (versant nord de Trimouns), les carrières 1, c 2, 3, 
du pic d'Ourlés (Pitourrés ou Pitourlés) occupent plusieurs 
centaines d'ouvriers (leur nombre a parfois dépassé 700) pen- 



LES GISEMENTS DE TALC 



89 



Chantier du Basqui. 
a- 1.878™ 
" lorrcics saccharoides 




du/Pic d'Ouj-lùs (Pitourlès?). 



Croquis géologique 



Fig. 5. — Gisement de talc de Trimouns. 



SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLII). 



90 MENGAUD 

dant la belle saison. Les travailleurs sont logés dans de grands 
baraquements bien aménagés, deux cantines sont chargées du 
soin de préparer les repas : ceux-ci sont distribués avec un 
ordre et une régularité militaires. Les vivres sont transportés 
le plus souvent de Luzenac par le câble, les bennes de talc 
faisant remonter les petits tonneaux de vin. les chargements 
de pain, de viande ou de légumes. 

Le croquis ci-contre (fig. 5), dessiné d'après les notes prises 
sur le terrain et d'après la carte d'état- major, permet de se 
rendre compte de la disposition et de l'allure des bandes tal- 
queuses et de leurs rapports avec les terrains avoisinants. 

Les deux bandes de talc sont séparées par un noyau stérile. 
Les carrières sont ouvertes sur la bande orientale. La bande 
occidentale, moins importante et marquée seulement par des 
affleurements ou des fouilles peu profondes, suit presque le 
thalweg du ruisseau de Trimouns. Elle paraît se réunir à la 
précédente à la hauteur du pic d'Ourlés. Une tranchée creusée 
récemment (septembre 1908) a permis de retrouver des bancs 
de talc assez riches au-dessus du chemin de chars dans le bois 
de Bestiac. Ce talc se trouve placé entre des schistes stériles 
froissés, à patine ferrugineuse et des calcaires dolomitiques. 

Je pense que c'est à ce prolongement méridional de la bande 
de Trimouns que Mussy fait allusion quand il parle « d'in- 
» dices de talc sur le petit pic qui domine le col conduisant du 
» fond du vallon d'Axiat à celui de Sabénac, vallée de Caus- 
» sou » (V. ci-dessus). 

MONTFERR1ER 

Aux carrières de Montferrier, il y a un regain d'activité 
depuis quelque temps : une centaine d'ouvriers m'ont paru 
employés aux travaux. Les bancs dirigés à peu près Nord- 
Sud sont exploités sur le col (1.600 mètres d'altitude envi- 
ron) désigné par Mussy sous les noms de Col de Manzone ou 
de la Canalcllc. D'autres tranchées s'ouvrent plus bas dans le 



LES GISEMENTS DE TALC 91 

vallon qui descend au Nord, entre Montségur et Montferrier. 
L'usine de séchage et broyage du talc est dans ce dernier 
village et elle est reliée par un câble métallique aux divers 
chantiers. 

L'extraction présente plus de difficultés qu'à Trimouns, le 
banc de talc pur étant beaucoup plus étroit et resserré entre 
des couches stériles puissantes qui exigent un déblai considé- 
rable. Un excavateur à vapeur, installé depuis quelque temps, 
facilite beaucoup le travail de décapage. 

Les petits affleurements de talc du vallon de Ganalette ne 
sont l'objet d'aucune exploitation. Ne les ayant pas visités, je 
ne fais que les citer d'après Mussy et des renseignements 
oraux que l'on m'a donnés. 

Aucun travail n'est fait également sur le banc voisin du col 
de La Peyre que j'ai marqué sur ma carte (fig. 4). Ce dernier 
est placé entre un pointement granulitique important et les 
schistes noirs du silurien supérieur. 

Conditions géologiques des gisements. 

Le talc est un silicate de magnésie hydraté qui correspond à 
peu près à la formule H 2 Mg 3 Si 4 12 . On trouvera l'ensemble de 
ses propriétés dans les traités de minéralogie, en particulier 
dans la Minéralogie de la France (t. I, p. 448) de M. Lacroix. 

Il se présente à Trimouns soit en masses compactes assez 
dures pour qu'on puisse les scier en plaquettes ou en ba- 
guettes (crayons de stéatite pour les usines métallurgiques), 
soit en feuillets schisteux tanlôt d'un blanc pur ou faiblement 
rosé, tantôt verdâtres ou noirâtres. Sous cette dernière forme, 
arraché facilement à la pioche ou à la houe, il est séché, broyé 
et vendu en poudre. On trouve fréquemment des cristaux de 
pyrite dans la masse. Je possède deux cubes de près d'un cen- 
timètre d'arête provenant de Trimouns ; un octaèdre un peu 
déformé ayant près de 3 centimètres d'axe : il m'a été donné 
par un contremaître des carrières de Monferrier, et enfin j'ai 



«J'2 MENGAUD 

recueilli moi-même des fragments de dodécaèdres pentagonaux 
à la surface des bancs de talc voisins du col de La Peyre. 
M. Lacroix en a décrit et reproduit de superbes échantillons 
proyenant de la carrière du pic d'Ourlés (1). 

La coupe ci-dessous (fig. 6) montre les rapports des bancs 
de talc avec les roches voisines. 



OutsL 



1.878" 



Baraquements 




m 



Vl 



^ 



FiG. 6. — Coupe de l'ouest à l'est par le col de Trimouns. 

1 . Pointements de granulite ; 

2. Gneiss des flancs du Soularac, lardés de filons de quartz et de granulite ; 

3. Schistes métamorphiques ayant par places l'aspect de gneiss ou de micaschistes 

4. Talc; 

5. Calcaire saccharoïde dolomitique ; 
(i. Schistes siluriens. 



Les bancs de talc, souvent froissés, se trouvent placés sur 
la bordure ouest d'un synclinal orienté Nord-Sud et où l'on 
peut très bien reconnaître les schistes noirs du silurien supé- 
rieur (entre Trimouns et le col de Fontalbe) et plus loin, vers 
l'Est, les calcaires dévoniens. Ils sont englobés dans la bande 
métamorphique comprise entre les gneiss granulitisés qui for- 
ment les pentes sud et est du pic de Soularac et les couches 
siluriennes. Cette zone est fort intéressante à étudier dans sa 
complexité. Les bancs ont le sens général de plongement vers 
l'Est indiqué sur les cartes (fig. 4 et 5) et la coupe (fig. 0), 
mais présentent des contournements. Ils esquissent même un 



(l) Miner, </r la France, t. II, p. 618. 



LES GISEMENTS DE TALC « 93 

minuscule anticlinal, visible aux baraquements du col qui, se 
continuant vers le Sud, forme le noyait stérile séparant les 
deux bandes talqueuses. Dans ce noyau stérile on trouve des 
filonnets de quartz et de granulite ; les schistes sont tantôt 
simplement durcis et silicifiés, tantôt transformés en micas- 
chistes ou gneiss : l'action du métamorphisme granulitique 
n'y est pas douteuse. 

Sur les parties avoisinant les bancs de talc les feuillets 
schisteux s'imprègnent de stéatite formant à leur surface un 
enduit satiné, onctueux au toucher. On passe ainsi par cette 
transition d'un micaschiste au talc pur. Ce dernier forme des 
amas irréguliers tantôt très épais, tantôt beaucoup plus min- 
ces. De loin en loin apparaissent des pointements granulitiques 
(chevaux stériles des ouvriers). Je ne crois pas avec M. Met- 
trier que ce soient des « blocs de pegmalite détachés des som- 
mets voisins ». Ils ressemblent trop aux filons granulitiques 
qui lardent en tous sens le_massif du Saint-Barthélémy et ils 
paraissent s'enraciner profondément. On est obligé de les faire 
sauter à la dynamite pour s'en débarrasser. Grâce à ces coups 
de mine, j'ai pu voir l'intérieur de ces roches stériles et le 
schéma suivant (fig. 7) résume ce qu'il m'a été donné d'obser- 
• ver à ce sujet. 

L'extérieur présente un revêtement d'ordinaire verdâtre, 
feuilleté, tendre et onctueux d'abord (peau de talc), puis plus 
dur par augmentation de la teneur en silice. Si l'on observe en 
allant de la périphérie vers le centre, le quartz devient bientôt 
plus abondant et forme des masses cristallines bien visibles. 

A l'intérieur de cette première couche qui peut atteindre 
quelques centimètres d'épaisseur, apparaît la granulite à pâte 
souvent vert pale (chlorite?) extrêmement riche en tourmaline 
noire. Les cristaux de tourmaline sont si gros et si abondants 
que la roche en est comme truffée, si j'ose me permettre cette 
comparaison. 

Enfin, la zone centrale est beaucoup plus claire, parfois uni- 
quement formée de quartz. 



01 MENGAUD 

Les feldspaths et les micas blancs sont en grands cristaux; 
on y voit encore quelques tourmalines*, et plus rarement (mais 
j'en ai vu et recueilli des échantillons) de la pyrite. Tout ceci 
a bien l'allure filonienne et paraît d'origine profonde. L'auréole 



—^miLiniiiiUI|JIIIIIIJj[jr , 7 



* X x 

4.x < y 






FlG. T. — Coupe d'un rocher stéiile pointant au milieu du talc : 

1. Talc. 

2. Zone de revêtement, partie talqueuse, partie quarlzeusc. 

3. Zone des tourmalines noires. 

4. Granulitc (ou pegmatite) de la zone centrale arec quelques cristaux de 
tourmaline noire et parfois de pyrite. 



lourmalinifère et la zone superficielle me paraissent être parti- 
culièrement intéressantes. 

Il m'a été donné, d'ailleurs, d'observer des phénomènes très 
analogues dans les carrières de Montferrier. Là même, au 
milieu des schistes métamorphiques pauvres en talc qui accom- 
pagnent le banc riche, j'ai pu voir dans des tranchées profon- 
des des filons importants de granulite à tourmaline qui ne 
ressemblent en rien à des blocs éboulés. Mussy les avait déjà 
signalés (V. ci-dessus course du 24 juin 1866) et les travaux 
exécutés depuis montrent l'exactitude de son observation. 

Le toit des couches de talc est formé quelquefois par des 
schistes assez durs, d'aspect ardoisier, plus souvent par des 
calcaires dolomitiques jaunâtres et rugueux en surface, se pré- 



LES GISEMENTS DE TALC 95 

sentant non en strates continues, mais plutôt en lentilles irré- 
gulières (V. fig. 4 et 5) dans la bande orientale de Trimouns. 
Tels se présentent les îlots dolomitiques s'alignant en chapelet 
depuis la côte 1878, qui domine à l'Est le col de Trimouns 
jusqu'au pic d'Ourlés. Dans le bois de Bestiac, où l'on a prati- 
qué de nouvelles fouilles, le talc se présente également avec 
un chapeau dolomitique. 

A la carrière de Montferrier il en est de même et la masse de 
dolomie, qui plonge vers le Nord-Est, est fort important (Voir 
la coupe ci-dessous fig. 8). 



S. -IV. 



Col de Manione 
ou Moubonnc 



V.-E. 



î.69f 




Calcaire déponten. 



8- Schistes carbonifères. 



Fig. 8. — Coupe S-W— N-E par la carrière de talc de Montferrier. 
1, 2, 3, 4, 5, 6. Même signification que dans la fig-. 6 ci-dessus. 

7. Calcaires dévoniens. 

8. Schistes carbonifères. 



Les dolomies sont souvent d'un blanc pur et saccharoïdes. 
Très fissurées elles renferment des filonnets de quartz, de tré- 
molite, de talc lamellaire et nacré déjà signalés par. Mussy (1), 
puis décrits avec soin par M. Lacroix au pic d'Ourlés, et que 
l'on peut voir à Trimouns ou à Montferrier au contact des cou- 
ches exploitées. 

Age des gisements. 

En lisant l'historique qui précède, on a pu se rendre compte 
des avis divers émis à cet ésrard. 



(1) B. S. G. F. série 2«, t. 26, 1868, p. 42. 



9f> MENGAUD 

François (1341) rapporte les schistes talqueux aux terrains 
de transition. 

Mussy (1866, Journal de courses manuscrit) se contente 
d'indiquer irès fidèlement ce qu'il a vu sur le terrain : les gise- 
ments de talc sont entre le granité (gneiss) du Sainl-Barlhé- 
lemy et les calcaires et schistes siluriens. 

En 1868 (Ressources minérales, mines, minières, carrières, 
tourbières, eavx minérales du département de l' Ariège . Manus- 
crit), il les range dans la formation des gneiss et des micas- 
chistes (Fontalbe, Lordat) ou des schistes anciens très méta- 
morphiques du Silurien inférieur (Montferrier. Reboule, 
Canalette, col d'Axiat à Sabénac) attribuant les dolomies de 
Montferrier aux assises intérieures cristallisées du calcaire 
murchisonien (1). Il exprime la même opinion dans son 
Mémoire sur les Roches ophitiques de l'Ariège (B. S. G. F., 
1868, p. 42) 

En 1869-70, dans les Annales des mines (Ressources miné- 
rales de l\\ricg<), il place le talc de Lordat (Trimouns) dans 
les micaschistes et celui de Montferrier et Montségur dans les 
Schistes siluriens. 

M. Lacroix (1891, loc. cit.) dit que les couches talqueuses 
lui semblent correspondre à la partie supérieure des schistes 
cristallins, les calcaires constituant la base du paléozoïque. 

M. Mettrier (1893, loc. cit.) considère les talcschisies du 
Saint-Barthélémy comme interstratifiés entre les micaschistes 
et les schistes quartzeux cambriens; ce serait donc du Précam- 
brien. 

M. Roussel (Elud- stratigraphique des Pyrénées. Bull.serv. 
de la Carte géol. de Fr., t. V. 18913-94) à propos de la descrip- 
tion du Primaire, place les schistes talqueux dans le silurien 
inférieur. 

M. Léon Bertrand (communication orale), qui fait depuis 
longtemps des courses pour le service de la Carte géologique 

(i) Silurien supérieur. 



LES GISEMENTS DE TALC 97 

dans la partie orientale des Pyrénées, rattache l'ensemble des 
couches à talc au silurien supérieur. Ce que j'ai observé sur le 
terrain, me paraît conforme à cette opinion. 

On vient de le voir, Mussy admettait ce dernier âge pour les 
dolomies des carrières de Montferrier et il n'est pas douteux 
pour les schistes qui les recouvrent immédiatement et sur les- 
quels sont établis les baraquements. Il cite aussi (dans son 
manuscrit) à Ganalette les schistes noirs, bitumineux et pyri- 
teux (faciès le plus constant et le plus typique du silurien supé- 
rieur dans les Pyrénées), « reposant sur le granité de Tabès. » 

Or, en remontant vers le col où sont les carrières, à Larti- 
gue, près de Canalette, ce sont les schistes talqueux qui pren- 
nent la place des schistes bitumeux et s'intercalent entre le gra- 
nité et les calcaires cristallins du silurien supérieur (V. plus 
haut la coupe fîg. 3). 

Au col de la Peyre, le talc est placé entre la granulite et des 
schistes noirs plongeant vers l'Est et dont les bancs se prolon- 
gent vers le Sud, c'est-à-dire vers Fontalbe et Trimouns. 

Autour de Fontalbe on voit apparaître les lentilles dolomiti- 
ques et au col même de Fontalbe le faciès noir et bitumineux 
des schistes les fait attribuer sans hésitation au silurien supé- 
rieur . 

Si l'on remonte alors vers Trimouns, on voit les schistes 
devenir graduellement plus durs et prendre l'aspect d'ardoises 
grossières en conservant toujours leur couleur très foncée. 
C'est ainsi qu'ils se présentent au contact des dolomies et du 
talc sans discontinuité dans la stratification et le plongement. 

Conclusions. 

D'après ce qui précède et étant donné : 

L'homogénéité dans l'allure générale des couches simplement 
froissées ou contournées mécaniquement; 

Leur continuité avec des sédiments d'âge connu ; 
La patine ferrugineuse des schistes stériles; 



98 MENGAUD 

La présence de cristaux de pyrite dans le talc comme dans 
les schistes bitumineux de la partie supérieure du silurien ; 
je crois que l'on peut formuler les conclusions suivantes : 

Les gisements de talc du massif du Saint-Barthélémy appar- 
tiennent à une série schislo-calcaire du silurien supérieur. 

Ils sont situés dans une zone métamorphique formant au- 
réole autour des schistes cristallins. 

Dans cette zone s'est faite plus particulièrement la localisa- 
tion et la concentration de la magnésie qui devait accompagner 
les venues granuliliques. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 99 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 

Par H. Ribaut. 



IV 
Heterozonium pyrenaeum n. sp. 

Corps allongé, cinq à six fois plus long que large, peu aplati 
(comme 'Polyz. germanicum). Jaune, marbré de brun. 

Trois ocelles de chaque côté de la tête, en ligne droite, la 
médiane plus rapprochée de l'antérieure que de la postérieure. 
Deux poils entre les deux ocelles antérieures. 

Face supérieure des segments à bords latéraux presque droits, 
assez convergents en avant, couverte de longues strioles longi- 
tudinales. Au niveau du pore un sillon transversal vague, 
interrompu sur le tiers médian. Angles postérieurs arrondis, 
ceux des cinq ou six segments qui précèdent le préanal un peu 
prolongés en arrière. Bords latéraux et postérieur des segments 
munis de poils espacés et très courts. 

Pores répugnatoires situés à une faible distance du bord 
externe des segments, sur la partie externe déclive d'une petite 
élévation de la surface. Sur le tiers antérieur, ils sont à peine 
plus rapprochés du bord postérieur du segment que de la suture 
transverse; dans la partie moyenne et postérieure, ils sont à 
peu près deux fois plus rapprochés du bord postérieur que de 
la suture. Le premier pore, celui du cinquième segment, est 
situé en avant de la suture. 

Premier segment ne recouvrant que faiblement la tête (jus- 
qu'au niveau de l'ocelle intermédiaire). Sa largeur égale seule- 
ment le double de la longueur de la tête. 




Fie. 1. 



Ilelerozonium pyrenaeum. Pcnis. 



100 RIBAUT 

Serment anal extrêmement réduit, entièrement caché en 

dessus par le seg- 
ment préanal , 
en dessous par 
les valves anales 
dans sa partie 
médiane posté- 
rieure. Il porte 
4 + 4 poils dont 
les postérieurs 
sont plus développés. Le seg- 
ment préanal est bien développé 
et tronqué à sa partie posté- 
rieure. La partie qui n'est pas 
duplicaturée en dessous est un 
peu affaissée par rapport au reste 
de la surface supérieure du seg- 
ment. 

Parties inférieures des pleu- 
rotergites de la largeur de l'es- 
pace qui sépare leurs bords 
internes. 

Sternites tronqués réa- 
lignement à l'avant. Les han- 
ches sont séparées entre elles 
par un espace qui égale à 
peu près la longueur de leur 
bord internec.ompt.ee de l'in- 
sertion à l'ouverture du sac 
coxal. 

Trois segments apodes à 

F.o. 3. - Heterozonium pyrenaeum Gonopode la P 3rtie postérieure du corps. 

" I """ 1 "'' fecfl "«rteo». Nombres maxima obser- 

vés : segments, ç? 33, Ç 36 ; paires de pattes, tf 53, 9 62; 
longueur, 10 mm ; largeur, l mm ,6. 




Heterozonium pyrenaeum. Patte 
de la 2 mo paire. 





Ueterownium pyrenaeum. Gonopode antérieur, 
face postérieure. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 101 

Chez le çf , l'ongle des trois premières paires de pattes est 
fortement aplati, foliacé, finement strié sur toute sa longueur. 

Pénis situés dans les 
hanches de la deuxiè- 
me paire. 

Gonopodes anté- 
rieurs formés de six 
articles : une hanche 
et un préfémur séparés 
seulement sur la par- 
tie externe de leur face 
antérieure, un fémur., 
un postfémur, un tibia 
et un tarse. L'ensem- FlG 4 
ble de la patte est re- 
courbé en 
crochet vers 
l'intérieur. 
La partie in- 
terne com- 
mune à la 
hanche et au 
préfémur est 
prolongée du 
côté du ster- 
nite en une 
lamelle mu- 
nie de quel- FlG 5 - — Heterozonium pyrenaeum. Gonopode postérieur. 

ques poils courts à son extrémité interne. Le tarse est terminé par 
une pointe assez longue, légèrement recourbée en bec d'oiseau ; 
Au pied de la pointe, sur le bord externe se trouve une petite 
dent aiguë. La face antérieure du tarse est convexe et garnie 
d'une rangée de poils s,ur le bord externe et d'un groupe de 
quatre poils courts au milieu vers la base de la pointe. La face 
postérieure est concave et garnie de poils espacés sur toute sa 




102 HIBAUT 

surface, sauf sur la pointe. Le bord interne est lamellaire et lar- 
gement réfléchi vers l'arrière. 

Les gonopodes postérieurs ont l'aspect général habituel. Le 
tiers distal est muni en dedans de huit crêtes transversales peu 
élevées. 

Les gonopodes existent chez les mâles de 20*segments. 

Saint-Béat, Luchon (Haute-Garonne); dans les forêts de sapins. 
J'ai trouvé les deux sexes accouplés le 10 octobre. 

Heterozonium latum n. sp. 

Corps remarquablement élargi, seulement deux fois et demie 
plus long que large, très aplati. Jaune marbré de brun, de colo- 
ration générale plus foncée que l'espèce précédente. 

Trois ocelles de chaque côté de la tête, également espacées, 
aussi serrées les unes contre 1« s autres que chez Polyz. germa- 
nicum. 

Face supérieure des segments à bords latéraux presque droits, 
à peine convergents en avant, sauf sur la partie antérieure du 
corps. Sur toute la largeur des métazonites existent deux sillons 
transversaux vagues se rejoignant au niveau des pores. Angles 
postérieurs arrondis, un peu prolongés en arrière dans la partie 
postérieure du corps. Pubescence des bords latéraux et posté- 
rieur plus accentuée que chez l'espèce précédente. Surface lisse 
mais inégale. 

Pores répugnatoires disposés comme chez //. pyrcnaeum. 

Premier segment recouvrant largement la tête, son bord 
antérieur s'avance de manière à couvrir presque complètement 
l'insertion des antennes. Sa largeur est égale au quadruple de la 
longueur de la tête. 

Segments anal et préanal comme chez //. pyrenaeum. 

Parties inférieures des pleurotergites deux fois plus larges 
que l'espace qui sépare leurs bords internes. 

Sternites tronqués rectilignement à l'avant. Les hanches sont 
séparées entre elles par un espace qui est deux fois plus grand 
que la longueur de leur bord interne. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUËS 103 

Deux segments apodes, à la partie postérieure du corps. 
Nombres maxima observés : segments, 25 ; paires de pat- 
tes, 34; longueur, 5 mm ; largeur, 2 mm . 





Fig. 7. — Heterozonium 
Fig. 6. — Heterozonium latum. Pénis. latum. Tarse et ongle de 

la 2 me paire. 

Chez le mâle, 'l'ongle des trois premières paires de pattes est 
foliacé et striolé. 

Pénis situés dans les hanches de la deuxième paire. 

Gonopodes 
antérieurs for- ; \ j ps tf 

mes de six arti- 
cles dont la sé- 
paration n'est 
visible pour cer- 
tains d'entre eux 
que sur la face 
antérieure : une 
hanche et un 
préfémur sépa- 
rés seulement 

Fig. 8. — Heterozonium latum. Gonopode antérieur, face antérieure. 

sur la partie ex- t 

terne de leur face antérieure, un fémur, un postfémur, un tibia 
et un tarse. Sur la face postérieure, la hanche et le préfémur, 
d'une part, le fémur, le postfémur et le tibia, d'autre part, 
sont confondus. Le prolongement pr de la partie interne com- 
mune à la hanche et au préfémur est de même forme et de 
même importance que chez H. pyrenaeum, mais elle ne porte 
pas de poils à son extrémité interne. Le tarse se termine par 





postérieure. 



104 RIBAUT 

une courte pointe tantôt tronquée, tantôt aiguë. Sa face posté- 
rieure est concave, surtout à la base, qui forme godet. Sur les 

deux tiers distals on 
remarque un fort bour- 
relet interne qui se 
prolongedansla pointe, 
puis, en allant vers le 
bord externe, une rai- 
nure profonde se rétré 
cissant vers l'extré- 

Fig. '.).— Heterozonium latum. Gonopode antérieur, face TO^e, enfin une partie 

saillante occupant la 
moitié externe de la face, également 
creusée d'une rainure, celle ci peu 
profonde, débouchant sur le bord 
externe à une faible distance de la 
pointe ; les bords de cette rainure 
sont garnis de poils assez déve- 
loppés. 

Tarse des gonopodes postérieurs 
garni sur les deux cinquièmes dis- 
tals de sa concavité de sept à 
huit dents longues et aiguës (elles 
représentent peut-être des crêtes 
vues de profil). 

Les gonopodes existent chez les 
mâles de 19 segments. 




Fig. 40.— Heterozonium latum. Gono- 
pode postérieur. 



Saint-Béat (Haute Garonne) ; dans les forêts de' sapins et dans le 
fond, de la vallée. 

C'est un jeune de cette espèce que M. Brolemann a récolté à 
Ustarrila (Basses-Pyrénées) et qu'il a rattaché à Platyzonium 
Getschmanni Karsch (3). Le dessin de cet individu, publié en 
même temps que l'indication du lieu de sa capture, présente 
une légère inexactitude provenant, sans doute, de ce qu'il a été 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Bémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m<> mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

H. W.Brôlemann. — 1 a haute vallée de la Neste (Myria- 
podes) 57 

M. Dufaut. — Le Loriot. 68 

M. Mengaud. — Les gisements du talc du massif du Saint- 
Barthélémy (Ariège) 71 

H. Uibaut. — Notes Myriopodologiques 99 








SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE UN. — 1908 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 4 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR R0MIGU1ÈRES 2. 

1908 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 





i: v irai! du règleiùwil (le la Sonéié d'Ilisloire \althei.e de Toulousi. 

Art. 1 er . La Société a pour luit de former <los réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique el Zoologie, Les sciences physiques el his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son hul plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
n lion géologique, la flore, el la faune île la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. i. La Société s'efforcera d'augmenter les collection*, t. Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : île Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

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dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général -, Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre Le Président «t nommé pour deux années, les autres 
memnre9 pour une année. L°s Vice-présidents, Ie6 Secrétaires, le Trésorier 
Ips Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
rédo3 im né tiatem<mt dans les mêmes fonctions, 

Art. 33. La Société lient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrent le prémiei mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les i» el 3* 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi «îe juillet inclusivement. 

A»t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 

de la Société el par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Vrt. il. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
d.i leurs opinio is scientifiques. Tout Mémoire imprimé tevra donc porter la 
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Au 12 Celui-ci conserve t>ujour« la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s iir;>g«s à part, dis réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. i8. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser !*• 
fbanltl lotis qu'ils pourront réunir. 

A.H. 52. En en de dissolution, i en divers?» propriété* d» la r\*K*. »er»r» 
**>«! d* droit à » y Ile de Tu«iO%»4. 



NOTES MYRIOPODOLOGIGUES 105 

fait par transparence. Les deux derniers segments représentés 
dans la figure ne correspondent en réalité qu'à un seul et la 
ligne qui les sépare représente le bord postérieur de la partie 
inférieure duplicaturée vu à travers la partie dorsale du seg- 
ment ; elle aurait dû être dessinée en pointillé. 

Il est possible que notre espèce soit identique à celle prove- 
nant des montagnes de l'Asturie et nommée par Karsch Cryp- 
todesmus Get$chmanni(l), puis Plalyzonium Getschmanni par 
Gook qui en a donné un supplément de description (2). Mais 
j'estime que ces dénominations doivent tomber dans les nomma 
nuda par suite de l'insuffisance complète des descriptions de 
Karsch et de Gook. 

H. pyrenaeum et H. lalum vivent côte à côte aux environs 
de Saint-Béat. C'est un cas de vie en commun qui paraît assez 
rare pour deux espèces d'un même genre de Polyzonide puisque 
le D r Verhoeff l'a observé seulement pour Polyz. yermanicum 
et Polyz. ebuvneum (6). 

H. Pyrenaeum semble être une espèce particulière à la région 
orientale des Pyrénées, car M. Brôlemann ne l'a jamais rencon- 
tré dans les nombreusse chasses qu'il a faites dans la région 
occidentale de la chaîne ou il a fréquemment trouvé H. lalum. 



Si l'on compare les descriptions de ces deux espèces avec la 
diagnose donnée par le D r Verhoeff de la tribu des Helero- 
zoniini (5), on sera certainement frappé par leur défaut de con- 
cordance. 

Voici, du reste, la traduction de cette diagnose opposée à celle 
des Polyzoniini : 

Segment anal petit, sa face dorsale moins longue que celle du 
segment précédent. — Ocelles rapprochées les unes des autres. — 
Pores répugnatoires situés près de la suture transverse. — Canaux 
déférents, ainsi que les pénis, situés derrière les hanches de la 
deuxième paire. — Chez le a*, des ongles simples aux pattes 1 à 3 
ou 4 Polyzoniini 

SOC. D'HIST. NATUrtELLE DE TOULOUSE (T. XLl). 7 



106 RIBAUT 

Segment anal grand, sa face dorsale deux fois plus longue que 
celle du segment précédent - Ocelles nettement séparées les unes 
des autres. — Pores répugnatoires situés loin de la suture. — Les 
canaux déférents traversent les hanches de la deuxième paire et, 
par suite, les pénis sont situés dans les hanches — Chez le <y, des 
ongles aplatis et élargis aux pattes 1 à 3 ou 4 Heterozaniini. 

Chez les Hettrozohiini, le premier caractère, relatif aux ser- 
ments anal et préanal, est juste l'inverse de celui qui se ren- 
contre chez mes deux espèces de Helerozonium. Quoique je 
n'aie pas eu l'occasion d'examiner Hctcr. enrnioliense Verh. ou 
hirsutum Verh., je suis absolument convaincu que leD r Verboeff 
a été, par extraordinaire, induit en erreur et qu'il a pris pour 
le segment anal la partie non duplicaturée du segment préanal. 
La figure qu'il donne de la partie postérieure de Hcter. carnio- 
tense (4) s'applique si bien à mes espèces que je n'hésite pas un 
instant à admettre cette erreur d'interprétation. J'ajoute qu'elle 
est d'autant plus facile que (au moins chez //. pyrenaeiim et 
//. latum) la partie non duplicaturée du segment est légèrement 
affaissée par rapport à l'autre et qu'un examen à la lumière 
réfléchie peut faire prendre cette partie affaissée pour le seg- 
ment anal soudé au segment préanal. Cette confusion ne peut 
se produire si on établit la comparaison avec Polyzonium ger- 
manicum, car on peut constater que ce qui est indubitablement 
chez celui-ci le segment anal est caractérisé par la présence de 
6 à 8 poils formant une couronne autour des valves anales. Ces 
poils, nous les retrouvons chez //. pyrenaeum et //. latum sur 
l'anneau qui entoure les valves anales et qui est entièrement 
caché sous la partie non duplicaturée du dernier segment visi- 
ble en dessus. Cet anneau est sans contredit l'homologue di 
dernier segment visible en dessus chez Rolyzon. germanicum 
et représente, par conséquent, le segment anal (comparer les 
fig. 11 et 12). 

Je ferai remarquer, en outre, que l'espacement des ocelles 
n'est pas plus grand chez //. latum que chez P. germanicum. 
Ce caractère de tribu doit donc tomber. Il en est de même de 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 107 

celui qui résulte de la forme des ongles des trois ou quatre pre- 
mières pattes chez le mâle, Polyzonium eburneum Verh. for- 
mant, à ce point de vue, un passage entre les deux types. Les 
caractères qui restent sont, d'ailleurs, suffisamment importants 
pour justifier jusqu'ici la coupe faite par le D r Verhoeff. 




Fie 11. — Heterozonium pyrenaeum. Extrémité pos'érieure vue en dessus et en 
dessous. — VA, valves anales ; A, segment anal ; PA, segment préanal ; p, pores 
répugnatoires. 




Fig. 12. — Polyzonium germanicum. Extrémité postérieure vue en dessus et en dessous. 

La diagnose des deux tribus doit donc être modifiée de la 
manière suivante : 

Segment anal bien développé, largement visible en dessus. — 
Pores répugnatoires situés près de la suture transverse. — Canaux 
déférents et pénis situés en arrière des hanches de la deuxième 
paire Polyzoniini. 

Segmtnt anal très réduit, complètement caché en dessus par le 
segment préanal. — Tores répugnatoires situés loin de la suture 
transverse. — Canaux déférents traversant les hanches de la 
deuxième paire, pénis situés dans ces hanches . . . Heterozoniini. 

H. pyrenaeum et H. latum ont 3+3 ocelles, tandis que les 
espèces décrites par Verhoeff n'en ont que 2 -+• 2. Je n'attache 



108 



RI B A UT 



pas à ce caractère une importance suffisante pour faire un sous- 
genre spécial aux deux espèces pyrénéennes, d'autant plus que 
je possède un exemplaire de Polyz. grrmanicum qui porte 
4 -h 3 ocelles et qui montre ainsi la facilité avec laquelle le 
nombre des ocelles peut varier. 

BIBLIOGRAPHIE 

1 Karsch. — - Ueber einen neuen europâischen Myriopoden 

(Sitz.-ber Ges. Naturf. Freunde Berlin, 1880, p. 58-59). 

2 Cook. — On Cryplodesmus Getschmanni Karsch. (Zool. Anz. 

1895, XVIII, p. 426). 

3 Brôlemann. — Matériaux pour servir à une faune de France. 

— Ahusquy (Basses-Pyrénées). — Myriapodes (Feuille des 
jeunes naturalistes, 1898, n° 335.) 

4 Verhoeff. — Beitrâgezur Kenntnis palâarktischer Myriopo- 

den. IX Aufsatz. (Arch. f. Naturg. 1899, LXV, p. 221 et 
pi. XIX, fig. t.) 

5 Verhoeff. — Beitrâge zur Kenntnis palâarktischer Myriopo- 

den. XX Aufsatz. (Arch. f Naturg. 1901, LXVII, p 253.) 

6 Verhoeff. — Ueber Diplopoden. 6 (26) Aufsatz (Mit. aus d. 

zoolog. Mus. Berliu, 1907, III, p. 321). 

Signification des lettres employées dans les figures. 



pe 


pénis 


V 


sternite 


st 


stigmate 


h 


hanche 


prf 


préfémur 


f 


fémur 


pstf 


postfémur 


ti 


tibia 


ta 


tarse 




1 MAK 


2'^ ) 



COMPTES RENDUS DES SEANCES 



Séance du 16 janvier 1908. 

Présidence de MM. Chalande et Jammes. 



M. Chalande, président sortant, prononce l'allocution sui- 
vante : 

Messieurs, 

« Soyez sans crainte, — je n'ai pas l'intention de prononcer 
un discours. 

(( Si j'ai encore ce soir l'honneur de prendre place à ce fauteuil, 
c'est parce que ma dernière mission est d'installer le nouveau 
Bureau, le Bureau de l'avenir, car je- ne suis plus aujourd'hui 
que le représentant du passé. 

« De ce passé qui fuit et dont chaque jour une épave lointaine 
meurt dans notre mémoire, j'ai cependant conservé le souvenir 
presque intact de la vie des premières années de notre Société. 

« J'étais bien jeune alors, lorsque j'ai suivi ses premiers 
efforts. Je l'ai vue naître et se développer, mais aussi j'ai vu 
disparaître peu à peu, fauchés par les années, presque tous 
ceux qui en furent les créateurs ou les premiers soutiens. 

« Dès ses premiers jours (en 1866), à côté des études scienti- 
fiques, la Société poursuivit un double but : celui de créer des 



II COMPTES RENDUS DES SEANCES 

naturalistes et d'enrichir les collections du Muséum, qui ve- 
nait d'ouvrir ses portes depuis moins d'une année. 

« Cette tâche, qu'elle s'était tracée, fut poursuivie avec ar- 
deur et avec succès, et si j'ai aujourd'hui le plaisir de me trou- 
ver parmi vous, c'est à elle que je le dois. Elle fit naître et 
grandir chez le jeune admirateur de la nature cet amour des 
sciences naturelles qui, à cette époque, étaient très délaissées, 
et déjà, la deuxième ann^e de sa fondation, le Président de 
votre Bureau d'hier, qui n'était encore qu'un lycéen, stimulé 
par les excursions que faisait la Société, découvrait aux portes 
de Toulouse, à Saint-Michel-du-Touch, une mâchoire de rhino- 
céros, qui vint s'ajouter aux collections du Muséum avec 
bien d'autres pièces. 

« Il ne fut pas le seul à suivre les leçons de ses maîtres, et 
les jeunes naturalistes qui se révélèrent sous l'impulsion don- 
née par leurs aînés, furent légions à ce moment. 

« Mais, de ces travailleurs de la première heure, combien 
nous en reste-t il? Combien ont disparu? 

« Des membres des dix premières années de notre compa- 
gnie, je ne trouve plus à nos côtés, que MM. Cartaillac, Ga- 
rigou et de Montlezun, et je tiens, aujourd hui, à rendre ici 
un hommage mérité à leur persévérance, à leur zèle infatiga- 
ble, pour l'œuvre qu'ils ont créée, qui subsiste depuis quarante- 
deux ans, et qui subsistera, je l'espère, encore longtemps. 

« Je laisse, Messieurs, à notre nouveau Président, à M. Jammes, 
ce zoologiste et vrai naturaliste qui ne démentira pas 1« nom 
de notre Société, le soin de poursuivre l'œuvre entreprise, 
et le prie de vouloir bien venir prendre place à ce fauteuil, où 
l'amitié et l'estime de ses confrères l'ont appelé ». 

M. Jammes, après avoir remercié la Société de l'honneur 
qu'elle lui avait fait en l'appelant à- présider ses séances, ré- 
pond en quelques mots à la délicate improvisation de M. Cha- 
lande, président sortant. Il importe de toujours se rappeler que 
la Société, par sa destination première, a eu pour principal 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

objet la centralisation des documents ayant trait à l'histoire na- 
turelle locale. La valeur de son recueil tient précisément à ce 
que l'on y trouve, sur ce point particulier, des renseignements 
étendus que Ion chercherait vainement ailleurs. Son rôle doit 
être de continuer cette tradition fondamentale sans se désinté- 
resser, d'ailleurs, des questions d'ordre plus général. Elle doit 
chercher aussi à développer parmi les jeunes le goût des 
choses de la nature; l'accueil cordial qui leur est fait, les en- 
couragera à lui venir en nombre de plus en plus grand. Il 
suffit, pour que tout cela arrive, de marcher sur les traces des 
anciens présidents qui ont engagé la Société dans la voie heu- 
reuse qu'elle poursuit à cette heure. 



Séance du 5 février 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

Les recherches que poursuit en ce moment M. Jammes lui 
ont permis, en dehors de son principal objet d'études, de faire 
quelques remarques intéressantes sur divers helminthes. 

1° L'appareil sexuel des Ascaris est susceptible de prendre 
parfois une extension inaccoutumée. C'est ainsi qu'un Ascaris 
vitulorum Gœze, a présenté un utérus trifide sur lequel il 
était difficile, au point de vue des dimensions, de distinguer la 
branche supplémentaire ; 

1° Par contre, chez des Ascaris megalocephala Cloq., les 
utérus ont offert des diminutions de volume considérables, 
accompagnées d'étranglements irréguliers. Les œufs sont alors 
assez peu nombreux ; la coque est mince ou absente. Il semble 
qu'il y ait là un phénomène de castration partielle dont le 
mécanisme serait intéressant à débrouiller ; 

3° L'auteur ajoute enfin, à la liste qu'il a donnée antérieu- 
rement, un nouveau cas de Gordius développé dans le corps 



IV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

d'un insecte. Le volume de ce ver était excessif par rapport à 
celui de l'hôte. Ce dernier était déchiré et disloqué sous la 
poussée interne occasionnée par l'accroissement du ver. Ces 
cas, assez fréquents, de désharmonie entre le parasite et son 
hôle doivent être notés parce qu'ilsjettent un jour spécial sur 
la signification des migrations parasitaires. 

M. Levrat fait la communication suivante sur les dépôts 
aquitaniens en Entre- deux-Mers : 

L'Entre-deux-Mers présente, du bec d'Ambès à sa base, une 
série de puissantes assises tongriennes que dominent cependant 
en certains sommets, compris entre 95 et 135 mètres, les cou- 
ches de l'Aquitanien. Elles apparaissent immédiatement au- 
dessus (¥ argiles à nodules calcaires qui, placées à la partie 
supérieure du calcaire à Astéries ou de son équivalent latéral 
la mollasse de VAgenais, ne sont pas encore définitivement 
classés dans l'un ou l'autre étage. 

Les deux gisements des Queyrons (Cantois) à 99 mètres et 
de Gonin (Gornac) à 110 mètres, au sud-ouest de Sauveterre 
de Guyenne, synthétisent assez bien la stratigraphie et la faune 
assez particulière de cet étage aquitanien en Entre-deux Mers 
pour attirer un moment notre attention . 

Dans le premier nous trouvons : 1° L 'aquitanien inférieur, 
lacustre, calcaire blanc de Vagenais dont la partie supérieure 
ou calcaire gris à planorbes renferme Planorbis cornu 
Brong. Limnœa sp. ? au-dessus; 2° V aquitanien moyen divisé 
en deux couches marines : 

a) Couche à Ostrea aginensis, la plus fossilifère, elle renferme : 

Ostrea aginenis Tourn. proche parente de 0. longirostris 
Lh. du Tongrien, 0. producta R. et D. voisine de 0. cyathula 
Lh. delà base du calcaire à Astéries. Nous trouvons en outre : 
Area cardiiformis Bast., Mytilus aquitanicus, de très rares 
exemplaires de Corbula carinata et des débris indétermina- 
bles de Venus-Pectunculus. Les gastéropodes sont représentés 



COMPTES RENDUS DES SEANCES V 

par Cerithium plicatum Brug. Turritella DesmaresLi Bast. 
et T. Vasatensis. Les Echinides font défaut. 

b) Les assises supérieures de la butte sont constituées par des 
plaques de grès molasse ou grès de Bazas renfermant de nom- 
breux moules internes, de bivalves nommés « noyaux d'abri- 
cots » dans les environs. 

Le deuxième gisement, celui de Gonin est intéressant en ce 
que la majeure partie de la butte est constituée par l'équiva- 
lent des faluns de Bazas, la molasse marine de Caslelvieil, 
couronnement en Entre-deux-Mers de la formation exclusi- 
vement marine qu'est l'Aquitanien moyen. Cette molasse com- 
pacte, jaunâtre, inégalement dure sert à l'empierrage des routes. 
Elle renferme exclusivement deux Echinides de la famille des 
Scutellides : Amphiope ovalifora Des. M. et Scutella Bonali 
Tourn, le type et la variété gornacensis E Full. 

Le terme final de l'Aquitanien, c'est-à-dire le calcaire gris 
lacustre de l'agenais, fait défaut dans toute cette région, on 
le retrouve simplement aux environs de La Réole et à Sainte- 
Croix-du-Mont. 

Remarquons que contrairement au Tongrien si richeen echi- 
nides, les couches aquitaniennes de l'Entre-deux-Mers renfer- 
ment seulement deux espèces de cet ordre intéressant. 



Séance du 18 mars 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. R. Je.annel, présenté par MM. Jammes et Ribaut, est 
admis comme membre titulaire. 

M. Jammes fait au nom de MM. Jeannel et Regnault et 
au sien la communication suivante sur de Nouvelles pein- 
tures paléolithiques dans la grotte du Portel : 



VI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Le 16 mars dernier, l'un de nous (1) annonçait la découverte 
de peintures paléolithiques représentant l'homme et des ani- 
maux dans la grotte du Portel, située sur la commune de Lou- 
bens, canton de Varilhes (Ariège). D.ins cette grotte, longue de 
deux cents mètres environ, nous avions relevé quarante pein- 
tures à fresque, disséminées sur presque toute son étendue. 
Nos découvertes complémentaires ont porté aujourd'hui à 
soixante le nombre de ces peintures. Enfin, au cours d'une 
visite qu'il a bien voulu faire, avec nous, le 14 mars dernier, 
M. E. Cartailhac nous a fait voir sur les roches tendres de 
belles empreintes de griffes de VUrsus spelxus. 

Le grand intérêt des peintures du Portel réside en ce que 
certaines d'entre elles représentent des profils d'hommes en 
pied. L'un est peint en rouge, mais la partie inférieure de son 
corps est malheureusement assez effacée. Toutefois, un examen 
attentif nous a convaincu que le corps est représenté de face 
tandis que la tête est de profil à droite. Le crâne est très doli- 
chocéphale, à front bas ; la face, prognathe, montre un véri- 
table museau de singe. Une forte saillie naturelle de la roche, 
cernée de couleur rouge, figure le phallus dressé, et il est bien 
probable que la forme spéciale de cette saillie rocheuse a 
dû éveiller chez l'artiste préhistorique l'idée de placer tout 
au tour ce portrait réaliste. Le deuxième profil humain, 
signalé dans notre première note, nous paraît aujourd'hui fort 
douteux ; mais nous en avons relevé récemment un troisième 
fort beau tout au fond de la caverne. Celui-ci est peint en noir 
sur une stalactite qui l'a, d'ailleurs, entièrement recouvert ; 
son profil, également prognathe, est, de même, fort remar- 
quable. 

Les nombreux animaux figurés sont des bisons, des chevaux 
et des rennes avec une très forte proportions de chevaux. Le 



(1) R. Jeannkl. Sur la découverte, dans la grotte du Portel, de 
peintures paléolithiques représentant l'homme et des animaux 
(C. R. Académie <ics Sciences, 16 mars 1908). 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES VII 

Portel est la grotte des chevaux comme Niaux est celle des 
bisons. Toutes ces bêtes sont peintes au trait noir ou rouge ou 
en teintes plates. Une seule est polychrome. Deux ou trois enfin 
sont renforcées par des traits de gravure. Aucun dessin n'est 
véritablement superposé. La qualité artistique de ces peintures 
est souvent très inférieure : les pattes et en particulier les 
sabots sont très mal dessinés et les différentes parties du corps 
sont quelquefois d'une grande disproportion. Nous avions 
signalé, dans notre première communication, quelques animaux 
remarquables : 1° un grand cheval au trait noir avec un très 
beau mouvement des pattes antérieures ; 2° un grand bison au 
trait noir ; 3° un grand cheval polychrome, rouge cerné de 
noir ; 4° un bison au trait rouge figuré la tête en bas ; 5o un 
petit cheval monochrome rouge, long de 0,15 centimètres, très 
finement peint en teinte plate et rehaussé parla gravure. Depuis 
lors, nous avons relevé un petit bison noir pointant ses cornes 
en avant, à contours très finement gravés et surtout deux figu- 
rations du renne. L'un de ces deux rennes, au trait noir, dans 
le fond de la grotte, est assez indistinct, mais le deuxième est 
fort beau. Caché derrière un rideau de stalactites, il avait 
échappé jusqu'alors à notre attention. La ligne du dos et les 
deux ramures sont peintes au trait rouge avec une grande 
netteté. L'intérêt de cette découverte n'échappera à personne ; 
c'est, en effet, la première fois que nous trouvons le renne 
animal de la faune disparue, peint dans une grotte pyrénéenne. 

Les signes sont fort peu nombreux dans la grotte du Portel. 
Nous n'avons trouvé que quelques traits rouges fins juxtaposés, 
de grosses taches rouges disséminées çà et là, des points rouges 
disposés en damier et de taille bien supérieure à celle de ceux 
déjà connus, un grand signe rouge en forme de pique de carte 
à jouer, et des mains figurées en rouge. L'une de celles-ci assez 
petite est peu nette, mais l'autre est remarquable par sa grande 
taille, elle atteint 45 centimètres de hauteur. 

Un mémoire détaillé, accompagné des reproductions néces- 
saires, sera prochainement publié. 



VIII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

M. de Salignac-Fénelon fait don à la Société de deux 
opuscules dont il est Fauteur : 1° Questions de 'physique géné- 
rale et astronomie; 2° La création. — Les migrations aux 
temps géologiques. — Les premières dates de Vhistoire et 
les premières races humaines selon la Bible. 

L'opuscule intitulé La Création décrit les phases de la 
genèse biblique relatives à la création, par époques succes- 
sives : les radiations de la lumière, la formation des éléments 
atmosphériques, la séparation des eaux et continents, les pre- 
mières plantes depuis le carbonifère avec les conditions ac- 
tuelles de chaleur solaire, les animaux aquatiques et amphibies, 
les êtres vivants terrestres et l'homme, apparu depuis l'âge 
glaciaire, ainsi que les circonstances du Déluge historique. 

Dans une deuxième partie, depuis l'origine des premiers 
types végétaux et animaux avec des types intermédiaires ou 
disparus sont décrites les migrations des flores et des faunes 
pendant les périodes géologiques. 

L'auteur a suivi principalement les descriptions de Wallace 
d'Engler sur les flores tertiaires, de Scharff sur les faunes 
européennes. 

Enfin, une troisième partie donne les listes des généalogies 
bibliques dont la chronologie se raccorde exactement avec les 
dynasties assyrienne et même égyptiennes ; non seulement les 
sémites et, en particulier, les abrahamides, mais les chamites 
et les japhétites, dans leur division et habitat contemporain, 
remontent aux premières migrations des fils de Noé à travers 
l'histoire. 

Dans la deuxième brochure présentée à la Société, l'auteur 
s'est appliqué à démontrer l'existence d'une loi d'espacement 
constante dans les forêts naturelles; loi qui relie, comme celle 
de la gravitation des corps élémentaires et solaires, les facteurs 
de la croissance en hauteur et en diamètre, de la période dexis- 
tence, de l'espacement et du volume des arbres; il apporte des 
faits qui sont explicables par cette relation et en donne les 
formules. Une loi aussi générale, celle de l'accroissement 



COMPTES RENDUS DES SEANCES IX 

linéaire dynamique paraît s'étendre aux divers phénomènes 
des forces naturelles et à l'astronomie. 

L'astronomie solaire forme la deuxième partie de ces ques- 
tions. La formation du système solaire, suivant les théories 
récentes, les éléments de l'orbite du soleil et les indices d in- 
fluence systéorique c'est-à-dire conjuguées avec le soleil de 
l'étoile a' a 2 Centaure, eu font l'objet. 

Dans le troisième, les sphères célestes de l'espace galactique 
sont étudiées au point de vue de la distance, des parallaxes, des 
motions propres et du nombre des étoiles qui peuvent être 
calculées avec les données présentes de la science; une classifi- 
cation des types d'étoiles et de nébuleuses la termine. 

La quatrième dimension, ou géométrie à plusieurs dimen- 
sions, forme le sujet de la dernière étude. Cette branche nou- 
velle, relativement, des mathématiques, n'est exposée que 
dans des traités spéciaux et l'auteur en donne un résumé. Elle 
offre d'assez nombreuses applications aux problèmes astrono- 
miques et notamment à la connaissance des forces électriques 
et des mouvements des infiniment petits; en même temps, 
cette notion paraît expliquer des réalités intéressantes de notre 
monde visible et sensible. 



Séance du 1 er avril 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 



M. P. Dop expose l'état actuel de nos connaissances sur 
Yhér édité mendélienne. Il s'élève contre l'enthousiasme exa- 
géré de certains naturalistes qui n'hésitent pas à condamner, 
au nom du mendélisme, tous les travaux de systématique faits 
jusqu'à ce jour dans les sciences naturelles. Il montre, au con- 
traire, que le mendélisme est voué à un échec certain, car, d'une 



X COMPTES RENDUS DES SEANCES 

part, cette doctrine ne porte que sur l'hérédité d'un seul carac- 
tère < t est impuissante quand il s'agit de la corrélation des 
caractères, et que, d'autre part, toutes les expériences d'héré- 
dité mendélienne n'ont porté que sur des caractères variétaux 
et non spécifiques. 

M. P. Dop signale ensuite à la Société des travaux de 
Léon Bertrand sur la tectonique des Pyrénées (Comptes rendus 
de l'Académie des Sciences, 31 déc 1906, 4 tévr. 1907, 
18 nov. 1907). M. Léon Bertrand admet que tous les massifs 
secondaires du Trias à l'Abbien, qui forment la bordure nord 
des Pyrénées (massif d'Ussat, de Saint-Girons, etc.) ont été 
charriés et reposent sur un substratum plus récent de Crétacé 
supérieur et de Nummulitique. 

M. Roques fait, au nom de M. Constantin et au sien, la 
communication suivante sur Y Influence des rayons de Rœntgen 
sur la germination des graines de Vicia Faba : 

L'étude de l'action des rayons X sur les plantes et les ani- 
maux a tenté les observateurs de tout pays dès l'apparition de 
la découverte de Rœntgen. Un nombre considérable de travaux 
existe sur ce sujet ; nous ne les rappellerons pas, nous réser- 
vant d'en faire la bibliographie dans des notes ultérieures. 

Nous venons simplement donner les résultats d'expériences 
personnelles sur ce sujet et qui nous paraissent préciser un 
point de la question. 

De l'ensemble des travaux antérieurs, un fait semble acquis, 
c'est que les rayons X exercent une action retardatrice pouvant 
même devenir fatale sur les graines en uermination. L'influence 
de ces mêmes rayons sur des graines à l'état de vie ralentie 
paraît moins bien connue. Certains auteurs, cependant, admet- 
tent que les rayons X exercent une accélération sur la germi- 
nation future de la graine ; mais la plupart des expériences 
antérieures paraissent manquer de précision. 

Il importe, en effet, dans des observations de ce genre de 
connaître la qualité et la quantité des rayons employés, car les 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XI 

résultats peuvent être très différents suivant le temps d'action 
et le degré de pénétration des rayons. 

Dans nos expériences, différents lots de fèves ont reçu des 
quantités variables de rayons X, allant de 2 H 1/2 à 10 H. 
Les rayons employés étaient des rayons moyens (5 à 6 du 
radiochromomètre de Benoît). Pour apprécier la quantité de ces 
rayons absorbés, nous nous sommes servis, faute de mieux, du 
radiomètre de Saboureau et Noiret, procédé basé sur le virage 
d'une pastille de platino-cyanure de baryum et donnant une 
approximation suffisante. 

Aussitôt après l'irradiation, les grain< s de Vicia Faba étaient 
mises dans de la sciure de bois humide et maintenues à l'étuve 
à '.\0 degrés. 

Voici les résultats obtenus. Au troisième jour, les fèves 
témoins avaient une racine de 3à5 millimètres, tandis que les 
fèves irradiées présentaient à ce point de vue des différences 
très considérables. 

Les échantillons soumis à demi teinte (2 H 1/2) et une teinte 
(5 H) de rayons X présentaient à ce moment une racine trois 
à quatre fois plus longue et allant de 33 à 45 millimètres. 

Les lots de graines qui avaient reçu une teinte et demie 
(7 H 1/2) et 2 teintes (10 H) ne présentaient au troisième jour 
aucune trace de germination apparente. Mais vers le cinquième 
et le sixième jour, la germination s'effectua avec une rapidité 
considérable et la racine de ces fèves dépassa bientôt en lon- 
gueur la racine des fèves témoins de même âge. 

Nous nous proposons de revenir plus tard sur ce sujet ; pour 
l'instant, un point nous paraît acquis : c'est que chez le Vicia 
Faba, tout au moins, à l'état de vie ralentie, l'action des 
rayons X même à des doses considérables (5 à 10 H) est un 
excitant pour la germination. Cette action devient sensible 
à partir de demi-teinte (2 H 1/2). 



XII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Séance du (> mai 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Jammes fait connaître à la Société les résultats d'une 
récente exploration faite dans la grotte du Portei (Ariège). 

Des notes antérieures publiées, l'une par M. René Jeannel à 
l'Académie des Sciences de Paris, l'autre par MM. Jammes, 
Jeannel et Régnault, dans le « Bulletin de la Société d'Histoire 
Naturelle de Toulouse », ont déjà mentionné la découverte de 
soixante peintures dont certaines représentent l'Homme et le 
Renne. 

Le 8 avril dernier, une nouvelle exploration à laquelle pre- 
naient part MM. Fauveau et Jammes, accompagnés par M. l'abbé 
Breuil, invité à venir étudier ces récentes découvertes, a permis 
de constater l'existence d'une troisième galerie ornée. 

Après avoir examiné les parties connues, M. Breuil, ayant 
pris l'initiative de pénétrer dans un boyau tortueux resté encore 
inaperçu, se trouva bientôt, avec ses compagnons, en présence 
d'un long couloir, aussi riche en œuvre d'art, que les galeries 
déjà décrites. Soustrait par sa disposition aux dégradations des 
visiteurs, ce couloir offrait les peintures les mieux conservés de 
la grotte. 

A. — En allant de l'entrée vers le fond, on rencontre succes- 
sivement, à droite : 

1° Des gravures, inobservées encore, ici, représentant un petit 
Bison et un Cheval, très soignés; 

2° Dans une niche étroite, analogue à la cachette précédem- 
ment signalée, contenant la ramure de Renne au trait rouge, 
se trouvent une seconde ramure de Renne au trait noir; un 
petit Bison traité de la môme manière; un Bouquetin modelé 
en noir, les cornes vues de face; un petit Cheval noir, au trait, 
superposé à un dessin linéaire rouge incomplet; d'autres super- 
positions vagues et difficiles à interpréter. La même anfractuo- 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XllI 

site contient, aussi, un dos de Cheval dessiné en pointillé brun- 
rouge, avec une encolure faite d'un double arceau de points et 
une oreille en brun noir. Le procédé au pointillé n'avait pas 
encore été observé dans la grotte ; 

3° Plus loin, se trouve un panneau composé des meilleures 
peintures. Il comprend de droite à gauche : un Bison tourné à 
gauche, en noir, peu modelé, la queue relevée en crosse; un 
second Bison, plus petit, faisant face au précédent, de même 
technique; enfin, un troisième individu, le plus remarquable 
de la caverne. La tête tout entière, y compris le chignon et la 
barbe, le fanon, le poitrail, les pattes, le ventre sont peints en 
noir uni ; les cornes, la ligne dorsale et la queue sont seulement 
au trait noir. Un fin travail de gravure souligne les différentes 
parties de l'animal. L'œil a été dessiné à deux reprises indi- 
quant un repentir de l'artiste; 

4° Au delà, le plafond s'abaisse et la galerie se termine bientôt 
en cul de sac. Ici, encore, la voûte et les parois portent de nom- 
breux dessins ; une fissure assimilable à une échine de Bison a 
incité le peintre à compléter ce sujet par l'ajout de cornes et 
d'un chignon ; deux autres petits Bisons, au trait noir, peu 
modelés, sont peints sur la voûte ainsi qu'un grand mufle très 
soigné. Un peu au delà, se trouve un Renne entier, de petite 
taille, tracé en noir ; la tête, gracieusement relevée, ramène les 
ramures vers le dos, les pattes sont négligées. 

Telle que nous la connaissons, la grotte du Portel paraît être, 
à l'heure actuelle, par le nombre et la qualité de ses peintures, 
l'une des plus intéressantes des Pyrénées. Grâce à l'obligeance 
éclairée de M. de Vézian, son propriétaire, une porte protège, 
dès à présent, ce précieux musée et le met à l'abri des détério- 
rations. 



SOC. D'HISr. NATURFLLE DE TOULOUSE (T. XLIl) 



XIV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Séance du 20 mai 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Elie Lazerges étudie les tubercules radicaux d'Ophiopo- 
gon japonicum. Ces tubercules se présentent sur les racines 
sous forme de renflements fusiformes et on ne constate à leur 
intérieur ni amidon, ni aleurone. Il semble qu'ils jouent le rôle 
de réservoirs aquifères 

En ojtre, la recherche des mycorhyzes a donné des résultais 
négatifs. 

M. de Lastic lit une traduction qu'il a faite d'un travail 
important de M. Arthur Edwards, de New-Jersey : Les Pori- 
fères et leur classification. 

Après vingt ans de travaux de laboratoire consacrés à l'étude 
raisonnée de la biologie chez les organismes inférieurs, 
M. Edwards s'est décidé à ranger les Porifères, jusqu'ici ratta- 
chés aux éponges, parmi les Protistes (sous-règne de la divi- 
sion inférieure du groupe des Zoophytes Cœlentérés). 

Il en distingue quatre groupes : 

1° Squelette à fibres d'apparence cornée, réseau sansspicules 
proprement dits. 

2° Matière cornée , spicules siliceuses (actuels et fossiles). 

3° Pas de matière cornée. Spicules siliceuses. 

4° Spicules formés de carbonate de chaux et de carbonate 
de soude. 



Séance du 3 juin 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

MM. Aloy et Nicolas communiquent un travail sur la Diffé- 
renciation des viandes. 

Des méthodes basées sur l'examen des caractères organolep- 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XV 

tiques ou la détermination des constantes physiques aucune ne 
mérite d'être retenue. L'analyse chimique n'a pas donné les 
résultats pratiques qu'il était permis d'espérer : Le procédé 
classique de Niebel employé pour caractériser la viande de che- 
val par la réaction du glycogèoe se trouve souvent en défaut. 

La seule méthode délicate, mais sûre qui permet de différen- 
cier les viandes est celle des sérums précipitants. Les auteurs 
ne se sont pas servis, dans leurs recherches, de sérum, mais de 
macération de viandes filtrées sur bougie Chamberland sous 
pression. Les animaux (lapins) reçoivent en injections, à inter- 
valles de quatre à cinq jours, 10 centimètres cubes de liquide, 
puis 15, 20 et 25 centimètres cubes. Après un repos de dix à 
quinze jours, on refait encore deux injections et l'on saigne 
l'animal. Le sérum obtenu est très actif. 

On fait une macération de la viande à examiner de façon 
qu'elle renferme 10 p. 1000 de Nacl et on la répartit dans de 
petits tubes à essai. A 2 centimètres cubes, l'on ajoute quelques 
gouttes du sérum spécifique (bœuf, cheval, porc). L'apparition 
d'un précipité dans un espace de temps qui ne doit pas excéder 
cinq à six heures indique la nature de la viande. 

En général, le précipité est abondant, floconneux et se dépose 
rapidement dans les tubes. La réaction est donc nette, indiscu- 
table et ne laisse aucun doute sur la valeur du procédé employé. 



Séance du 18 juin 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Emile Gartailhac résume un très nouveau chapitre de 
l'histoire des premiers hommes. 

En 1880, un Espagnol instruit et avisé, M. de Sautuola, 
révéla qu'un vaste plafond de la caverne d'Altamira, près San- 
tander, était orné de singulières peintures représentant surtout 



XVI COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

de grands Bisons. Il les attribua aux hommes de l'âge de la 
pierre qui avaient stationné dans ce souterrain. Longtemps on 
ne voulut pas croire à cette contemporanéité. 

Mais en 1896 une découverte analogue est signalée en Dor- 
dogne par le D r Emile Rivière, et sa grotte de la Mouthe, aux 
Eyzies, fit réfléchir les sceptiques. Plus tard, eu 1902, la décou- 
verte par Peyrony, Capitan et Breuil, de la grotte de Font- 
de Gaume, encore aux Eyzies, peinte exactement comme celle 
d'Altamira et d'autres observations du même ordre démon- 
trèrent à tous la réalité du fait, l'exactitude des conclusions du 
savant espagnol, la très haute ancienneté de ces monuments si 
remarquables. On connaît aujourd'hui trente grottes ou cavernes 
profondes aux parois ornées de dessins d'animaux quaternaires, 
dans le midi de la France et au nord de l'Espagne. Chacune 
d'elles a ses détails particuliers, ses caractères, mais toutes ont 
de nombreux traits communs. Leurs images appartiennent au 
même art, au même style, à la même époque. On savait 
d'ailleurs, depuis l'origine des recherches de préhistoire, que 
les hommes de l'âge du Mammouth et du Renne avaient orné 
de gravures et de sculptures leurs objets d'os, d'ivoire, de bois 
de renne ou de cerf, et ces croquis de la faune contemporaine 
se lient absolument aux gravures et aux peintures pariétales. 

Enfin sur les rochers il n'y a pas seulement des images 
d'animaux, on y trouve aussi des signes mystérieux, étranges, 
formant quelquefois de véritables inscriptions. 

M. Cartailhac donne des renseignements sur la technique et 
les procédés des artistes qui ont ainsi orné les cavernes. Il 
indique l'ethnographie comparée comme susceptible de nous 
renseigner sur le sens et la signification de ces œuvres de 
longue haleine, compliquées et qui ont été souvent refaites ou 
superposées. 

En effet, certaines races inférieures, les « sauvages » qui, de 
nos jours, encore attardés aux bas niveaux de la civilisation, 
vivent de leur chasse, Australiens et Boschimans, ont gardé 
les habitudes traditionnelles et, comme les Européens quater- 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XVII 

naires, dans les mêmes conditions, couvrent aussi de dessins 
et de signes les surfaces des cavernes et des rochers. Un grave 
motif dirige et soutient leur effort. Leurs images interviennent 
dans des opérations magiques, mystérieuses et sacrées, qui ont 
surtout pour but d'assurer le retour des migrations d'animaux, 
de multiplier le gibier nécessaire, de rendre la chasse plus 
abondante. 

M. Cartailhac passe en revue les grottes ornées des Pyré- 
nées françaises, qui sont à Marsoulas (Haute-Garonne), au 
Mas-d'Azil (Ariège), à Gargas (Hautes-Pyrénées), à Niaux, à 
Bedeillac, au Portel-Loubens (Ariège). Il montre un grand 
nombre de copies relevées avec maîtrise par son collaborateur 
M. H. Breuil, professeur d'anthropologie à la Faculté des sciences 
de Fribourg; d'excellentes photographies prises par M. A. Las- 
salle, photographe des Académies de Toulouse ; et fait passer 
sous les yeux des assistants les bonnes feuilles du premier vo- 
lume dé la luxueuse publication due à la sympathie que S. A. le 
Prince de Monaco veut bien porter à ces études et à ces faits 
nouveaux qui jettent un éclat inattendu sur l'archéologie préhis- 
torique et l'histoire de l'esprit humain. 

Al. Cartailhac fait don à la Société d'un exemplaire d'une 
de ses récentes publications, faite en collaboration avec l'abbé 
Breuil, sur les peintures et les gravures murales de la caverne 
de Niaux. 

M. P. Dop indique quelques procédés pratiques de conser- 
vation des plantes et de fixation des tissus végétaux. Pour la 
conservation il recommande l'emploi des solutions aqueuses de 
formol dans des proportions variant de 1 à 10 p. 1.000. Une 
très petite quantité de formol permet ainsi de préparer un 
très grand volume de liquide conservateur. Il indique, en 
outre, les procédés récents de M. Lutz pour la conservation 
des champignons avec leur couleur. 

La fixation de certaines parties de végétaux réservées pour 
l'étude cytologique s'obtiendra très pratiquement au moyen du 



XVIII COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

formol acétique de Morel et Dalous, ou des réactifs picro- 
acétiques de Bouin et de Rravil. 

M. P. Dop continue l'exposé de ses recherches sur la végé- 
tation du Sud- Ouest. Il signale sur les calcaires nummuliti- 
ques de Moussoulens (Aude), en pleine garrigue caractérisée 
par l'extrême abondance de calcioles-méditerranéennes des 
taches bien délimitées où l'on peut observer les calcifuges sui- 
vantes : Erica arborea, E. cinerea, Calluna vulgaris Ces 
taches correspondent exactement, comme dans le Tarn, à îles 
dépôts d'argiles et de cailloutis siliceux des plateaux. 

MM. L. Jammes et S. Durand font la communication sui- 
vante sur les modifications des cavités séreuses chez quel- 
ques mammifères (Eléphant d Asie et Dauphin commun) : 

Pendant le dernier séjour hibernal du Cirque Pinder, à Lavil- 
ledieu (Tarn-et-Garonne), son directeur s'est vu dans la néces- - 
site de faire abattre un éléphant « Punch » devenu subitement 
fou furieux. 

Le cadavre ayant été mis obligeamment à notre disposition, 
nous avons pu observer divers détails anatomiques mal élucidés. 
On connaît les discussions suscitées par la disposition des caiités 
pleurales; les variations du nombre des ongles constitue, de 
même, une question qui, simple en apparence, reste encore 
incertaine; la structure musculaire de Y appareil trachéen est 
également intéressante à connaître Nous ne donnerons, ici, 
que les détails relatifs aux cavités pleurales. 

Dans une note récente (1), M. le professeur Giard a signalé 
n euf observations (quatre de Schmaltz, deux de Ruge, trois de 
Chapman) qui toutes « s'accordent à décrire comme un proces- 
sus normal l'oblitération des cavités pleurales chez les éléphants 
adultes, soit Asiatiques, soit Africains ». La rareté des autop- 
sies, donnant un intérêt à toutes celles qui peuvent être faites ; 



(1) A. Giard — Nouvelles remarques sur l'oblitération de la cavité 
pleurale des Eléphants. C. R. Ac. Se, 17 juin 1907. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XIX 

nous joignons aux précédents le cas que nous avons personnel- 
lement observé. 

L'examen de l'Eléphant « Punch » n'a révélé aucune tare 
organique appréciable. L'animal, jeune mâle de dix-neuf ans, 
était sain et en pleine croissance. Sa taille, au-dessus de la 
moyenne, atteignait, déjà, aux épaules, deux mètres soixante- 
seize centimètres. Une irascibilité excessive, attribuable à l'éveil 
de l'instinct sexuel, a seule nécessité sa mort A l'ouverture de 
la cage thoracique, les poumons étaient étroitement soudés aux 
parois par un tissu résistant de nature conjonctive. L'un des 
aides a dû procéder à un travail d'arrachement pour arriver à 
les extraire. Nous avons appris, en même temps, qu'un autre 
Eléphant, mort dans des conditions analogues, dont la dépouille 
orne, actuellement, le musée zoologique de Montauban, présen- 
tait les mêmes dispositions. M. Gazottes, vétérinaire du cirque, 
nous a déclaré avoir été fort surpris en trouvant autour de 
poumons d'apparence saine, ces grandes adhérences. Dans l'im- 
possibilité d'élucider une question alors à peu près ignorée, il 
avait émis l'hypothèse d'une maladie, peut-être d'une forme de 
tuberculose... Ce renseignement, en généralisant la question, 
augmentait l'intérêt de notre autopsie. 

La raison de cette particularité si curieuse de l'oblitération 
des cavités pleurales de l'Eléphant serait intéressante à connaî- 
tre ; elle se rattache, sans doute, à une cause générale de 
laquelle doivent dépendre, également, d'autres dispositions 
particulières qu'offrent les séreuses de divers mammifères. 
D'après Mi lne- Edwards, par exemple, on retrouve chez les 
Marsouins des dispositions analogues à celles que présente 
l'Eléphant ; on en apercevrait, de même, des traces très évi- 
dentes, chez le Bison d'Amérique, Y Ours blanc, etc. 

Nous avons pu étudier, tout récemment, grâce aux bons 
offices du laboratoire zoologique de Banyuls, un Dauphin com- 
mun (Delphinus delphis Linné) et faire, à cette occasion, 
quelques observations intéressantes Notre sujet était une jeune 
femelle mesurant un mètre soixante-deux centimètres de Ion- 



XX COMPTES RENDUS DES SEANCES 

gueur. A l'ouverture, les séreuses qui tapissent les grandes 
cavités du corps présentaient les dispositions suivantes : 

Cavité viscérale. — Le feuillet pariétal du péritoine, 
adhérent, chez les autres mammifères, à la paroi du corps, 
conserve ici sur les faces ventrale et latérales une grande 
mobilité. 11 se rattache, seulement, à l'épaisse couche muscu- 
laire qui l'entoure par des brides lâches de nature conjonctive, 
propres à permettre des glissements étendus. Ce n'est que sur 
la ligne médio-dorsale, où la membrane péritonéale s'infléchit 
pour former le mésentère intestinal, que l'accolement est com- 
plet et semblable à celui que l'on observe habituellement. 

Cavités pleurales. — Les poumons, volumineux, non 
lobés, flottent dans un espace libre. La séreuse qui, dans cha- 
cune des deux loges, tapisse la face interne de la paroi thoraci- 
que est séparée de celle-ci par un coussin souple, formé de tissu 
conjonctif lâche. Ce dernier présente, sur les côtés de la colonne 
vertébrale, une épaisseur de deux centimètres environ ; il s'amin- 
cit progressivement, à mesure qu'il s'avance sur les côtés du 
corps. 

Ces dispositions semblent, a priori, être en rapport avec les 
conditions mécaniques que doit remplir le corps du Cétacé. On 
s'explique, en effet, que l'animal ayant besoin, pour progresser, 
de battre l'eau avec la partie postérieure du corps, possède une 
épaisse musculature; par contre, à l'intérieur de la gaine mus- 
culaire, les viscères tendent à conserver une immobilité rela- 
tive; il est permis de supposer que la séparation des muscles 
d'avec le sac péritonéal et son contenu est la conséquence de 
cette dualité. 

Des raisonnements analogues peuvent être faits à propos de 
chaque cas; mais ils restent hypothéiiques et ne sauraient être 
admis sans contrôle. C'est ce contrôle que l'un de nous essaie 
de faire en ce moment. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXI 

Séance du 18 novembre 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Mengaud, professeur au lycée, présenté par MM. Jammes 
et Dop, est élu membre titulaire. 

M. Dufaut fait une communication sur les mœurs du Loriot. 
Il relate des observations personnelles dont quelques-unes sont 
en contradiction avec ce qui a été écrit sur ce sujet. 

M. Gabelle rapporte un cas assez curieux de germination 
dans Vvvaire. 

En recueillant, en octobre, des graines de Balsamina im- 
patiens dans des fruits encore verts, il a remarqué que cer- 
taines de ces graines avaient germé. La radicule, la tigelle et 
les cotylédons étaient parfaitement visibles. La longueur de la 
plantule était de 1 centimètre environ. 

Une seule graine par ovaire s'était ainsi développée sur un 
nombre de cinquante fruits en moyenne. 

Ce fait est à rapprocher de l'exemple connu du Rhizophora 
(Manglier), mais il est rare dans nos pays tempérés. Il faut 
l'attribuer à l'influence de la température automnale excrp- 
tionnellement chaude cette année. Cette température jointe à 
une certaine quantité d'humidité fournie par le fruit encore 
vert sont probablement les deux causes qui ont déterminé cette 
germination anormale. 

M. Mengaud fait une communication sur les gisements de 
talc du massif du Saint- Barthélémy (Ariège). 

Il a eu l'occasion de voir ces gisements avec quelque détail 
au cours d'explorations faites pendant le mois de septembre 
dans les Pyrénées ariégeoises pour le service de la carte géolo- 
gique de France.* 

Sommairement indiqués par François en 1841, décrits avec 
plus de soin par Mussy en 1868 et 1870, les affleurements de 



XXII COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

talc du Saint-Barthélémy ont été encore l'objet de notes de 
Lacroix en 1891, de Mettrier en 1893 et Lacroix dans sa 
Minéralogie de la France, t. I, 1893-95 leur consacre encore 
une page. 

Le talc est en amas irréguliers, tantôt compact (stéatite), 
tantôt très feuilleté à la limite des gneiss du Saint-Barthélémy 
et de schistes du silurien supérieur renfermant des lentilles 
dolomitiques. En général, le mur des bandes talqueuses est 
constitué par des schistes métamorphiques, de vrais micaschis- 
tes parfois, traversés de nombreux filons de quartz et de gra- 
nulite. Ces filons pénètrent même dans la masse de talc et 
forment des pointements irréguliers, stériles, dans la zone 
périphérique desquels abondent les tourmalines noires de 
grande taille, quelquefois accompagnées de cristaux de pyrite. 

Le toit, parfois schisteux, est souvent formé par des dolomies 
saccharoïdes renfermant des minéraux tels que l'amphibole 
verte (Mussy) ou la trémolite (Lacroix) et des filons de quartz 
(Lacroix). Le talc et les dolomies paraissent appartenir à une 
auréole métamorphique d'origine granulitique particulièrement 
riche en magnésie. 

L'exploitation de Trimouns est la plus importante. La bande 
de talc, sur laquelle sont ouvertes les carrières, a été reconnue 
sur une longueur de près de trois kilomètres, avec une direc- 
tion à peu près N.-S. du col de Trimouns au bois de Bestiac. 

Celle de Montferrier (col de Manzone de Mussy) est plus 
restreinte. La couche de talc est moins puissante et les condi- 
tions d'extraction plus difficiles. 

Dans le massif du Saint-Barthélémy on peut voir une 
deuxième bande à l'ouest de la bande exploitée au col de Tri- 
mouns, un affleurement peu étendu de talc avec cristaux de 
pyrite près du col de la Pègre, enfin on a signalé d'autres 
petits affleurements près des métairies de Reboule et la Cana- 
lelte dans le vallon du Lasset au dessous et à l'est de la car- 
rière de Montferrier. En tous ces derniers points, il n'y a eu 
jusqu'à présent aucun essai d'exploitation sérieuse. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XXIII 

Séance du 2 décembre 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

Après vote conforme aux statuts de la Société, le Bureau 
pour 1909 est ainsi constitué : 

Président MM. Jammes (élu en 1908). 

Vice-présidents Laromiguière et Dop. 

Secrétaire général Ribaut. 

Secrétaire adjoint Gabelle. 

Trésorier de Montlezun. 

Bibliothécaire archiviste. de Lastic. 

Conseil d'administration. — MM. Caralp et de Rey- 
Pailhade. 

Comité de publication. — MM. Abelous, Garrigou, Lamic, 
Roule. 

La Commission de revision des comptes de la Société est 
constituée par MM. Laromiguière et de Rey-Pailhade. 

M. Paul Dop lit une Notice nécrologique sur notre regretté 
collègue le D r Eugène-Guillaume Roques : 

Au mois de juillet dernier s'est éteint, à l'âge de 33 ans, 
E.-G. Roques, docteur en médecine, licencié es sciences natu- 
relles, membre de noire Société depuis déjà quelques années. 
Grâce à une forte culture scientifique acquise par la fréquenta- 
tion de nombreux laboratoires des Facultés des sciences et de 
médecine, notre confrère avait pu mener à bonne fin une série 
de recherches personnelles dont le Bulletin de notre Société a 
été souvent Técho. 

Son premier travail est une étude sur la pigmentation du 
péritoine des poissons faite au laboratoire d'Histoire naturelle 
et publiée dans les Comptes Rendus du Congrès des Anato- 
mistes de 1900. Quelques mois plus tard il entreprenait un 



XXIV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

travail sur la coloration dû Micrococcus prodigiosus, au labo- 
ratoire de Zoologie, et en donnait un résumé succinct dans les 
Comptes Rendus de l'Association française pour l'avancement 
des sciences, au Congrès de Montauban (1901). En 1907, il 
couronnait ses études médicales par une thèse estimée, sur les 
« Phlébites syphilitiques ». 

A dater de cette époque, Roques se consacrait exclusivement 
à des travaux de biologie végétale. Les champignons parasites 
attirèrent surtout son attention et notre Bulletin contient de 
lui trois notes de parasitologie alpine qui, jointes à un travail 
succinct publié en 1907 dans le Bulletin de la Société Botanique 
de France, sont pour ainsi dire la préface d'un grand travail 
qu'il avait rêvé d'entreprendre sur la pathologie des végétaux 
alpins. Quelques mois avant sa mort, il avait publié dans notre 
Bulletin, en collaboration avec le D r Constantin, une note sur 
l'action des rayons X, sur la germination de la fève. En même 
temps il avait entrepris, au laboratoire de M. le professeur 
Prunet, une série de recherches sur les Aspergillus qui 
devaient, dans sa pensée, l'amener au grade de docteur 
es sciences. La fatalité ne l'a pas voulu ainsi. 

Au moment où un avenir plein de promesses semblait 
s'ouvrir pour Roques, un mal implacable l'a terrassé. Quand 
les premières atteintes du mal se firent sentir, il n'en ignora 
pas la gravité et ce fut un objet d'admiration et de douleur 
pour ceux qui l'entouraient de le voir garder, devant l'image 
de la mort qu'il savait prochaine, sa puissance de travail et son 
caractère enjoué. 11 est mort sans une minute de défaillance, 
avec un rare stoïcisme, laissante ses camarades le souvenir d'un 
ami sûr, toujours dévoué et toujours disposé à rendre service 

Le Président se fait l'écho des membres de la Société en s'asso- 
ciant à M. Dop pour déplorer la disparition de E. Roques. 






COMPTES RENDUS DES SEANCES XXV 

Séance du 16 décembre 1908. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. le D r Moynet, aide-major, présenté par MM. Dop et 
Lazerges, est élu membre titulaire. 

M. P. Dop lit une notice sur V œuvre scientifique de Domi- 
nique Clos. Après avoir passé en revue les principales étapes 
de la vie scientifique de notre regretté collègue, il examine et 
analyse les nombreux mémoires que ce savant a publiés dans 
les diverses branches de la Botanique. Il montre que l'œuvre de 
Clos occupe une place importante dans l'histoire de la science 
et qu'elle caractérise une période parfaitement déterminée de 
l'évolution de la science des végétaux. 

M. Jammes fait connaître l'existence de « deux nouveaux 
gisements de quartzites dans la région toulousaine. » 

Ces gisements sont situés : l'un sur la terrasse moyenne de 
la Garonne, entre Saint-Glar et Saint-Lys, aux alentours du 
domaine de Castelcailloux ; l'autre sur la terrasse inférieure, 
près de la route de Muret à Saint-Clar, à égale distance de ces 
deux localités, non loin de la ferme du Rouzet. Toutes deux 
offrent les formes classiques : disque et coup-de poing. Quel- 
ques pièces sont en excellent état. 

Dans son étude sur les quartzites des Pyrénées (1), le 
D r Obermaier ne signale, dans la même région, que trois gise- 
ments, situés sur la terrasse moyenne : l*un à Fonsorbes, décou- 
vert par M. Trutat; les deux autres, dans le voisinage de Saint- 
Glar, étudiés par Félix Régnault. Le nouveau gisement de 
Castelcailloux porte à quatre le nombre de stations connues sur 
la terrasse moyenne. Celui du Rouzet est, le premier, à la con- 
naissance de l'auteur, observé sur la terrasse inférieure. Outre 



(1) D r Hugo Obermaier. — Beitrâge zur Kenntnis des quartârs 
in den Pyrenâen, deux brochures, 1906. 



XXVI COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

l'intérêt que lui donne sa situation dans un lieu de formation 
plus récente, ce gisement restera, sans doute, l'un des rares 
observés à cet étage (1). Les soins apportés à la culture, deve- 
nue plus active depuis le creusement du canal de Saint-Mar- 
tory, le désempierrement des champs, l'emploi des cailloux 
pour l'entretien des routes, détruisent, en effet, tous les jours, 
un grand nombre de documents. Seuls, les terrains laissés en 
friche gardent encore quelques objets intéressants. 



(1) Notre regretté collègue, Félix Regnault, avait relevé sur les 
bords de la Garonne, à 3 kilomètres aval de Muret, un gisement 
renfermant, avec quelques quartzites taillés, des pierres à filet. Il 
n'a pas donne suite à cette étude. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégeoise des sciences, des lettres et arts, à Foix. 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Sociétés des sciences et des arts, à Carcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Carcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts v à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille. 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie de La Rochelle. 

Société d'Histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives. 

Académie des sciences et belles-lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc. 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, & Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nîmes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux. 



KXVIII LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Société linnéennc, à Bordeaux. 

Société d'études des sciences naturelles, à Bézicrs 

Soeiélé archéologique, scientifique, à Béziers. 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie, à Montpellier. 

Société de statistique des sciences naturelles, à Grenoble. 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint-Etienne. 

Société académique, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Nantes. 

Société des sciences et lettres, à Blois. 

Société d'agriculture, sciences et belles-lettres, à Orléans. 

Société de' Borda, à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors. 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de 

la Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes. 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Châlons. 
Société des sciences et arts, à Vitry-Le-François. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Ne vers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, à Dunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. 
Revue biologique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beau vais. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Clermont-Ferrand. 
Société des sciences et arts, à Bayonne. 
Société Ramond, à Bagneres-de-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature, à Perpignan, 
Société des sciences, lettres et arts, à Pau. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Lyon. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XXIX 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 

Société botanique, à Lyon. 

Société linnéenne, à Lyon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare. 

Académie de Mâcon. 

Société d'agriculture, sciences et arts, au Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Chambéry. 

Comité omitholo^ique international à Paris. 

Société de spéléologie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

Société philomatique, 'à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de Normandie, au Havre. 

Société géologique des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, à Epônal. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-aris, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. , 

Société belge de microsoopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, à Bruxelles. 

Société de géographie d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 

Societad geografica, à Madrid. 

Institut royal grand-ducal de Luxembourg. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIl). 9 



XXX LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 

Societa dci naturaliste à Modena. 

Societa toscana di scicnzc naturali, à Pise. 

Academia délie scienze dell institutio di Bologne, à Bologne. 

Comitato geologico d'Italia, à Rome. 

Societa veneto-trentina di scienze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze. 

Societa romana per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologia végétale, universita di Camerino. 

Entomologisk tidskriit, à Stoekolm. 

Geological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Commissao dos trabalhos geologicos dej\>rtugal, à Lisbao. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Sallskapets pro flora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Bâle. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg. 

Naturhistorischen Gesellschaft in Colmar, à Colmar. 

Kaiserl. Leop. — Carol. deutscheakademie der naturf. à Halle. 

Bibliotheca zoologica Universitât Halle, à Leipzig. 

New-York state muséum, à New- York. 

New- York academy of sciences, à New-York. 

Geological and natural history survey of minesota, à Minnea- 

poUs-Minesota. 
Academy of natural sciences of Philadelphia, à Philadelphie. 
American monthiy microcopical journal, à Washington. 
Connecticut academy of arts and sciences, à New-Haven, Con- 

necticut. 
Rochester academy of sciences, à Rochester. 
Smithsonian institution, à Washington. 
United States national muséum, à Washington. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XXXI 

United states geological survey, à Washington. 

Second geological survey of Pensylvania, à Harisburg, Pen- 

sylvania. 
American academy of arts sciences, à Boston. 
Boston society of natural history, à Boston. 
Pavenport academy of natural sciences, à Davenport, Iowa. 
Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 
Meriden scientific association, à Meriden Connecticut. 
Missouri botanical garden, à Saint- Louis. 
Wisconsin geological and natural history survey, à Madison. 
Nova scotian institute of science, à Halifax, Nova Scotia. 
Instituto fisico geografico nacional, à San José de Costa Rica. 
Academy nacional de ciencias en Cordoba, à Buenos- Ayres. 
Archivos de museo nacional, à Rio-de-Janeiro. 
Société scientifique du Chili, à Santiago. 
Museo nacional de Montevideo, à Montevideo. 
Madras gouvernement muséum, à Madras. 
Société allemande, Yokohama. 
Societas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLE DES MATIERES 

de l'année 1908. 



Séance du 15 janvier I 

— 5 février : m 

— 18 mars - v 

__ 1er avr jt IX 

— 6 mai xn 

— 20 mai xiv 

— 3 juin xiv 

— 18 juin xv 

18 novembre xxi 

2 décembre xxiii 

— 16 décembre xxv 

Liste des membres au 1 er juillet 1908 7 

Admissions de nouveaux membres v, xxi, xxv 

Composition du Bureau de 1908 5 

Election du Bureau de 1909 xxiii 

Liste des Sociétés correspondantes xxvn 



XXXIV TABLE DES MATIERES 

Travaux scientifiques. 

ZOOLOGIE 

Rrôlemann. — La haute vallée de la Neste (Myriapodes) 57 

Dop. — L'hérédité mendélienne. ix 

DuFFAUT. — Description de quelques diformités obser- 
vées chez des articulés 54 

Duffaut. — Le Loriot .... 68 

Jammes. — Quelques remarques intéressantes sur divers 

helminthes • ni 

Jammes et Durand. — Sur les modifications des cavités 
séreuses chez quelques mammifères (Eléphant 

d'Asie et Dauphin commun) xvm 

Ribaut. — Notes myriopodologiques IV 99 

BOTANIQUE 

Dop. — L'hérédité mendélienne ix 

— Procédés pratiques de conservation des plantes 

et de fixation des tissus végétaux xvn 

— Recherches sur la végétation du Sud-Ouest. . . xvm 

Gabelle. — Un cas de germination dans l'ovaire xxi 

Lazerges. — Influence des courants continus sur la 

germination 13 

— Les tubercules radicaux d'Ophiopogoji 

japonicum xiv 

Roques et Constantin. — Influence des rayons Rœntgen 

sur la germination des graines de Vicia Faba. ... x 

GÉOLOGIE ET PRÉHISTOIRE 

Gartailiiac. — Les grottes ornées xv 

Jammes. — La grotte de Portel (Ariège) xn 



TABLE DES MATIERES XXXV 

Jammes. — Deux nouveauxgisementsdequartzitesdans 

la région toulousaine xxv 

Jammes, Jeannel et Regnault. — Nouvelles peintures 

paléolithiques dans la grotte de Portel v. 

Levrat. — Les dépôts aquitaniens en Entre-deux-Mers iv 

Mengaud. — Les gisements de talc du Massif du Saint - 

Barthélémy (Ariège) 71, xxi 

MiSCELLANÉES 

Aloy et Nicolas — Différenciation des viandes. xiv 

Dop. — Notice nécrologique sur Eugène Roques xxm 



BIBLIOGRAPHIE 

Léon Bertrand. — Ses travaux sur la tectonique des 

Pyrénées x 

Edwards. — Les Porigères et leur classification. ..... xiv 

de Salignac-Fénelon. — Questions de physique gêné 

raie et astronomie vin 

de Salignac-Fénelon. — La Création. — Les Migra- 
tions aux temps géologiques. — Les premières dates 
de l'histoire et les premières races humaines selon 
la Bible vin 



Toulouse. — Imprimerie LAGARDE etSEBILLE, rue Romiguières, 2. 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

HT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusai, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 mr mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

H. Ribaui. — Notes Myriopodologiques (fin) 101 

Comptes rendus des séances 109 

Liste des sociétés correspondantes xxm 

Table des Matières xxxm